Pyrrhotite: la Coalition très inquiète à l'approche des budgets

Le président de la Coalition d'aide aux victimes... (Stéphane Lessard)

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Le président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition des victimes de la pyrrhotite est extrêmement inquiète à la veille du dépôt du budget du Québec, prévu le 17 mars et du budget du Canada, le 22 mars. Tout laisse croire que Québec ne prévoit rien officiellement dans le sien, toutefois, pour aider financièrement les victimes de la pyrrhotite en Mauricie en attendant la fin des procédures légales dans ce dossier.

Québec, rappelons-le, plaide qu'elle a déjà injecté 30 millions $ dans ce dossier et que c'est au tour d'Ottawa d'intervenir maintenant, une affirmation qu'a réitérée au Nouvelliste, vendredi, le député de Maskinongé et président de la Table interministérielle sur la pyrrhotite, Marc H. Plante.

La Coalition craint maintenant qu'Ottawa ne débloque pas de fonds si Québec n'en met pas. «On a peur qu'ils se lancent la balle», résume le président de la CAVP, Alain Gélinas.

Cette inquiétude ne vient pas des nues. Selon M. Gélinas, cette stratégie a été évoquée au cours de discussions tenues dans ce dossier pendant la campagne électorale fédérale.

Bref, la Coalition se ronge les ongles jusqu'à l'os, affolée à l'idée que les deux paliers de gouvernements en viennent à une interminable joute de ping-pong pendant que les victimes du vice de construction, elles, demeurent dans un pétrin financier insoutenable en attendant la fin des procédures légales qui n'en finissent plus en cour d'appel.

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François-Philippe Champagne

François Gervais, Le Nouvelliste

Joint à Vancouver, vendredi, où il a assisté au Sommet du leadership sur la durabilité en affaires Globe 2016, le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, invite tout le monde à «prendre une grande respiration» dans cette affaire.

Il rappelle toutefois que «chaque palier de gouvernement a son rôle à jouer» et qu'il faut voir «comment ils (Québec) veulent aider les victimes de la pyrrhotite», dit-il. «On n'a pas dit que c'est fini», souligne le député Plante. «Pour le moment, on attend que le fédéral s'engage. On a tout de même avancé 30 millions $ et eux zéro», rappelle-t-il en faisant référence aux demandes répétées auprès de l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Si le nouveau gouvernement Trudeau annonce des sous au prochain budget, «on verra», ajoute le député de Maskinongé.

La porte de Québec est-elle fermée à toute aide future pour les victimes? «Pour le moment, elle est fermée tant que le fédéral ne s'engage pas», confirme M. Plante.

«Je pense que chacun des paliers de gouvernements, là-dedans, a un rôle à jouer», estime de son côté le député fédéral Champagne. «Québec a un rôle important à jouer. Ils ont le programme du dossier de la pyrrhotite. J'ai toujours dit qu'on vient en appui à un système qui existe déjà», réitère-t-il. «On ne jouera pas sur les mots. L'engagement du premier ministre du Canada c'est de reconnaître que c'est un drame financier et un drame humain pour les gens et c'est dans ce cadre-là qu'on regarde comment on peut aider les victimes», explique le député fédéral.

Marc H. Plante... (François Gervais) - image 3.0

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Marc H. Plante

François Gervais

Quand on demande à Marc Plante si Québec emboîterait le pas advenant qu'Ottawa annonce de l'aide financière demain matin, le député répond: «Je ne peux dire ni non, ni oui. On ne dit pas qu'on ne remettra pas d'argent dans le programme. Il faut savoir toutefois comment eux (Ottawa) vont l'investir et après, on va voir», répond-il.

Quand on demande à M. Champagne comment Ottawa réagirait si Québec annonçait qu'elle ne veut plus mettre un sou dans ce dossier, le député fédéral assure que «ce n'est pas l'esprit dans lequel nous approchons ce dossier-là». «Je suis parti, en octobre, avec un engagement du premier ministre du Canada. On reconnaissait que c'était un drame humain et financier pour les gens de la région. C'est ma prémisse pour faire avancer ce dossier-là», explique-t-il.

M. Champagne indique que des discussions ont encore eu lieu à Ottawa, cette semaine et qu'il est question tous les jours de la pyrrhotite avec toutes sortes d'intervenants du gouvernement Trudeau.

«J'ai aussi parlé à Yves Lévesque cette semaine», ajoute-t-il, et «on est en discussion avec les autorités à Québec dans ce dossier-là.»

«On fait notre bout de chemin. J'invite les autres paliers de gouvernements à faire leur bout de chemin», dit M. Champagne. «Moi, je fais avancer mes affaires. Je souhaite que tout le monde fasse la même chose de leur bord.»

Le député Champagne ajoute qu'il «ne veut pas créer de fausses attentes, ni d'inquiétudes» aux victimes. Il précise que «ce dossier-là est plus avancé qu'il ne l'a jamais été au niveau fédéral. C'est une très bonne nouvelle. En 10 ans, il ne s'était jamais rien fait», rappelle-t-il. «Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Ça chemine bien», dit-il, en indiquant que tout l'appareil gouvernemental est au courant du dossier, des hauts fonctionnaires en passant pas les ministères concernés, les ministres et le premier ministre.

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