Pyrrhotite: Québec renvoie la balle à Ottawa

Des victimes ont dû annuler les réparations, faute... (Stéphane Lessard)

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Des victimes ont dû annuler les réparations, faute d'argent.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Québec ne donnera pas d'autres subventions aux victimes de la pyrrhotite pour l'instant. Le gouvernement de Philippe Couillard veut plutôt travailler en collaboration avec le nouveau gouvernement de Justin Trudeau afin qu'Ottawa fasse enfin sa part financièrement dans cette tragédie, explique le député Marc-H. Plante, président de la Table interministérielle sur la pyrrhotite.

«Il faut rappeler que le gouvernement du Québec a soutenu seul les victimes à la hauteur de 30 millions $», fait valoir le député. Le gouvernement Harper avait toujours refusé d'apporter son aide, et ce, malgré une motion unanime de l'Assemblée nationale du Québec, prétextant que le dossier relevait exclusivement de la province.

«Ce que le gouvernement du Québec dit, c'est que pour le moment, on laisse une chance aux élus fédéraux, au nouveau gouvernement, de prendre un engagement auprès des victimes de la pyrrhotite», résume M. Plante.

Québec entend toutefois «accompagner tant François-Philippe Champagne, le député fédéral de Saint-Maurice / Champlain, que la Coalition», ajoute-t-il.

D'ailleurs, des rencontres sont au menu cette semaine entre la Coalition, M. Champagne et M. Plante afin de faire le tour de la question.

«C'est un dossier qui progresse», assure François-Philippe Champagne. «J'ai fait différentes représentations avec différents intervenants à Ottawa sur cette question-là. On fait beaucoup de travail derrière le rideau. On sera à l'avant du rideau quand ce sera le temps de faire des annonces.

Mais c'est un engagement moral qu'a pris M. Trudeau et on entend respecter nos engagements», assure le député fédéral en ajoutant que ce dossier lui «tient à coeur. Les gens peuvent être assurés que j'y travaille», dit-il.

Le nouveau président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas, estime de son côté qu'il faut absolument établir un portrait clair de la situation de la pyrrhotite pour savoir combien d'argent il manque et espérer un engagement financier d'Ottawa et une reconduction, peut-être, de l'aide du gouvernement du Québec.

Pour y parvenir, la Coalition croit qu'il faudrait un incitatif qui permettrait de persuader les propriétaires des maisons construites entre 1995 et 2008, dans la région, de faire faire le carottage. Pour l'instant, dit-il, la motivation n'est pas là puisqu'il n'y a pas de subventions disponibles pour faire les réparations.

La création d'un tel incitatif ne semble pas faire partie des plans des gouvernements fédéral ou provincial en ce moment.

Les besoins en réparations sont grands et pressants. Si Québec ou Ottawa versaient 15 millions $ aujourd'hui, les sommes seraient déjà toutes engagées, indique M. Gélinas. «Plusieurs propriétaires ont été obligés d'annuler les travaux parce qu'ils n'ont pas d'argent pour les faire», dit-il.

Alain Gélinas indique que la Coalition n'a pas cessé de faire pression sur le gouvernement du Québec afin qu'il continue de soutenir financièrement les victimes. On se souviendra que le 24 octobre 2014, une Table interministérielle sur la pyrrhotite avait été créée. Depuis, une seule rencontre a eu lieu, en décembre 2014, déplore M. Gélinas.

Marc-H. Plante réplique qu'il n'y a peut-être pas eu de rencontre de la grande Table, mais que des rencontres ont eu néanmoins lieu avec certains intervenants de la Table, notamment la Régie du bâtiment et le ministère du Travail.

Le montant de 1 milliard $ a souvent été évoqué pour chiffrer le total des dégâts infligés par la pyrrhotite en Mauricie, «mais ça comprenait le secteur commercial et institutionnel», indique M. Gélinas. La Coalition, elle, veut plutôt s'attarder au secteur résidentiel.

On sait que présentement entre 2200 et 2300 maisons contiennent de la pyrrhotite, mais une évaluation sommaire estime que ce nombre pourrait passer à 3500, voire 4000. «On sait qu'environ 5000 maisons ont été bâties dans la région au cours de cette période-là. Il faut trouver une façon de faire passer les tests pour avoir l'heure juste», réitère M. Gélinas. «Il faudrait un programme», estime-t-il.

La Coalition prévoit qu'une autre bataille devra être livrée aussi, celle du prix de la réparation chargé par les entrepreneurs, en Mauricie, par rapport aux autres régions.

Un travail de remplacement de fondation qui coûte 45 000 $ est facturé à 80 000 $, voire 100 000 $ en Mauricie.

«Quand la SHQ a sorti le fameux programme, ça devait payer jusqu'à 75 % des travaux, soit un maximum de 75 000 $. Ils ne sont pas arrivés à ces chiffres-là au hasard. Ça ne devait pas excéder 100 000 $ pour tout refaire dans le cas de grosses maisons. Pour des maisons normales, ça aurait dû être dans les 45 000 $ pour refaire le sous-sol plus environ 20 000 $ pour finir l'intérieur», raconte M. Gélinas.

«Quand tu fais faire un sous-sol, les entrepreneurs ne débarquent même plus. Ils arrivent en avant de la maison. Un étage, 100 000 $. Deux étages, 200 000 $», se désole le président de la CAVP.

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