Pyrrhotite: le maire de Trois-Rivières veut que les députés provinciaux signent un chèque

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Le maire Yves Lévesque n'a pas mâché ses mots quand il s'est exprimé au sujet de la pyrrhotite.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À l'instar des députés régionaux et des candidats fédéraux en lice pour les prochaines élections fédérales, le maire de Trois-Rivières a marché samedi par solidarité avec ses concitoyens qui en découlent avec la pyrrhotite.

Yves Lévesque portait cependant un message plus pragmatique que les espoirs et les encouragements de ses collègues des deux paliers de gouvernement supérieurs. En effet, au-delà de l'allégorie de «l'homme qui marche», le premier magistrat espère que les babines des députés suivront, après coup, leurs bottines.

«La marche pour la pyrrhotite, c'est pour dire au gouvernement d'être là, d'être équitable versus ce qui s'est fait ailleurs. Tu as là des députés au pouvoir qui ont le pouvoir de prendre une décision et qui marchent avec nous. C'est quasiment insensé lorsque tu y penses. Tu marches avec nous autres pour dire à ton gouvernement de nous donner de l'argent. Ça veux-tu dire que tu vas nous en donner?», se questionne M. Lévesque.

«Ce qui me choque au niveau de la pyrrhotite, c'est que les députés disposent de l'argumentaire pour faire valoir les besoins des victimes. C'est sûr que Robert Aubin, même s'il amène de bons arguments, est dans l'opposition, donc c'est pas mal plus difficile. Mais pour le Québec, il y a des députés élus par la population, et leur premier rôle c'est de défendre les intérêts des électeurs qui les ont choisis à l'intérieur d'un gouvernement majoritaire et de regarder ce qui s'est fait ailleurs, ce que leur gouvernement a donné dans des dossiers similaires», croit M. Lévesque.

Dans cet ordre d'idées, ce dernier trouve absurde que les deux ordres de gouvernement aient décaissé plus d'un demi-milliard de fonds publics pour «des biens et meubles» après la tragédie de Lac-Mégantic, alors qu'en comparaison l'enveloppe de 30 millions $ pour la pyrrhotite paraît bien mince. «Québec a fait un bout de chemin, y'en a encore à faire.» D'autant plus que, selon l'analyse de M. Lévesque, le gouvernement du Québec encaisse des revenus «sur le dos» des victimes puisqu'il retire des profits sur la vente des matériaux de construction via la TVQ.

Autre hic, le maire ne digère visiblement pas les 100 millions $ alloués par Québec et Ottawa pour repeindre le pont de Québec, une dépense purement «esthétique». «Ça, ce n'est pas défendable», lance le maire. «On est prêt à mettre 100 millions $ sur un pont qui ne nous appartient pas! C'est frustrant parce que chez nous, on demande de l'argent au Parti libéral et on n'a rien.»

Pour l'heure, le gouvernement du Québec a alloué 30 millions $ aux victimes de la pyrrhotite, dont 45 000 $ versés à la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

«C'est une marche de solidarité, oui, mais la vraie raison qui supporte la marche c'est de dire aux gouvernements qu'ils ont l'obligation d'aider les victimes au niveau des subventions», conclut M. Lévesque. «Coudonc, on es-tu des citoyens de 2e classe, nous autres? On n'habite pas dans une assez grande ville? C'est là que je reproche à mes députés de dire des choses et de ne rien faire. Cimonaque, on parle d'un désastre ici à Trois-Rivières, pas d'esthétique!»Plusieurs membres du gouvernement du Québec étaient présents à la marche de samedi, de Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) à Julie Boulet (Laviolette), en passant par Pierre Michel Auger (Champlain), Pierre Giguère (Saint-Maurice) et Marc H. Plante (Maskinongé). Ce dernier est loin de partager l'avis du premier magistrat trifluvien. Au contraire, il estime que les Mauriciens devraient plutôt «dire merci» au gouvernement pour «les efforts» consentis, et ce, en pleine tourmente économique.

«On n'a pas de nouveau montant à confirmer. Ce qu'on dit aujourd'hui [samedi], c'est qu'on poursuit nos efforts. On comprend les acteurs qui nous interpellent, mais ce qu'on veut leur rappeler c'est, premièrement, dites merci pour ce qui a été fait, dites merci pour les efforts qui ont été faits. Dans le contexte budgétaire où on a été laissé [par le gouvernement péquiste], d'avoir engagé 15 millions $ l'an passé, c'est un effort surhumain au niveau budgétaire. On a travaillé très très fort et tous les députés de la Mauricie étaient unanimes. Pour nous, c'est de dire merci, mais qu'ils nous demandent de continuer, ça on le comprend», mentionne M. Plante, qui préside la Table interministérielle sur la pyrrhotite.

«Une chose est certaine, on a été là et on sera encore là», renchérit aussitôt Pierre Michel Auger.

Notons qu'en 2013, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, avait déposé à l'Assemblée nationale une motion, adoptée à l'unanimité, demandant au gouvernement fédéral de participer activement à l'indemnisation des personnes aux prises avec un problème de pyrrhotite. Une motion demeurée lettre morte. Le 27 mai, Marc H. Plante a saisi la balle au bond en déposant une nouvelle motion pressant «le gouvernement fédéral d'emboîter le pas au gouvernement du Québec pour indemniser les victimes de la pyrrhotite dans la région de la Mauricie, comme il l'a fait en 2001 pour indemniser les victimes de la pyrite.»

D'ici deux semaines, une troisième motion devrait être déposée par le NPD, cette fois à la Chambre des communes, exigeant au gouvernement de faire un pas en avant pour aider les 1200 victimes de la pyrrhotite.

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