Pyrrhotite: le candidat conservateur invité... à rester chez lui

Dominic Therrien, candidat conservateur dans Trois-Rivières.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Dominic Therrien, candidat conservateur dans Trois-Rivières.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite souhaite de tout coeur accueillir au moins 5000 personnes à la marche de solidarité qu'elle organise le 30 mai, à 9 h 30. Mais il y en a une, selon elle, qui ne devrait pas s'y pointer.

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Yvon Boivin, président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

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Sur la page Facebook de la Coalition, le président, Yvon Boivin, estime en effet qu'il «serait préférable» pour Dominic Therrien, le candidat conservateur dans la circonscription fédérale de Trois-Rivières, «de ne pas se présenter» à cette activité de sensibilisation et ce, «par mesure de respect des victimes avec qui le gouvernement fédéral joue aux Harper Games depuis cinq ans», écrit-il.

«Le candidat conservateur a tenté de communiquer avec la Coalition pour prendre connaissance du dossier de la pyrrhotite. Nous lui avons fourni la même réponse que les Conservateurs nous fournissent depuis 5 ans soit: Désolé, M. Therrien, c'est un dossier de compétence provinciale. Vous devez vous adresser à la Société d'habitation du Québec pour en connaître davantage sur ce désastre. Il a tenté une deuxième fois de nous rejoindre et nous lui avons fourni la même réponse», écrit le président de la CAVP dans la page Facebook de la CAVP.

Rejoint à Vancouver où il habite actuellement, Dominic Therrien était déjà au courant de cette affaire.

«Je vous avoue que ça m'étonne beaucoup. Je comprends qu'il y a un historique qui me précède. Cela étant dit, je veux travailler avec tout le monde, mais si les gens de la Coalition ne veulent pas travailler avec moi, je ne peux pas les forcer à le faire», fait valoir le candidat. «Je trouve ça malheureux.»

«Si M. Therrien est choqué, qu'il aille voir les gens. Ils sont un million de fois plus choqués que lui», a plaidé jeudi Yvon Boivin. Ça fait cinq ans, en effet, que les sinistrés de la pyrrhotite demandent en vain l'aide d'Ottawa en se faisant sans cesse répéter qu'il n'y aura pas d'aide financière parce que le problème est de compétence provinciale.

«On a tenté de collaborer avec le ministre (Denis) Lebel et son cabinet et avec le cabinet du ministre (Pierre) Poilievre et ces gens-là ont eu le culot de nous faire perdre notre temps pendant six mois», raconte le président de la CAVP. «Ils se sont amusés avec nous. Ils ont joué avec nos émotions. Ils ont joué avec nos espoirs», déplore-t-il. «Et aujourd'hui, ces gens-là arrivent subitement pour dire: bien là, on va s'occuper de vous autres et on va continuer le dialogue. Je regrette, c'est un dialogue de sourds qu'il y a eu pendant six mois avec le cabinet et pendant cinq ans avec le gouvernement. Je n'ai plus de temps à perdre», fulmine le président de la CAVP.

«Je vois mal ce qu'il a à perdre en me rencontrant», plaide le candidat conservateur. «Je m'engage à revoir ce dossier-là de A à Z pour voir ce qui peut être fait», dit-il.

Pour l'instant, M. Therrien indique qu'il est en mode de cueillette d'information auprès de tous les intervenants. Il souhaite voir «de quelle façon ce dossier-là a été mené à Ottawa, à qui il a parlé, de quelle façon ça s'est fait», dit-il.

«Je regrette, mais il faut vivre avec ce qu'on a fait dans le passé», fait valoir Yvon Boivin en ajoutant que le candidat n'a qu'à lire un peu pour obtenir toutes ces informations-là.

«On s'est fait insulter pendant cinq ans et quelqu'un qui veut se faire élire sous l'étiquette des Conservateurs va venir comme si rien ne s'était passé? Ils vont venir nous promettre des bonbons ou nous promettre mer et monde? Non. Je n'embarque pas dans ça. S'il veut venir (à la marche), il viendra, mais si c'était moi qui étais M. Therrien, je ne me présenterais pas parce que j'aurais honte de mon parti», fait valoir M. Boivin.

«Mon but, c'est de supporter les victimes», explique Dominic Therrien. «En ce moment, c'est le parti conservateur qui est au pouvoir et les chances qu'on reprenne le pouvoir sont quand même assez bonnes», dit-il. «Je pense que je suis un intervenant important là-dedans. Je vois mal ce que les gens gagnent en se coupant des ponts», fait valoir le candidat.

«Moi, je ne recommence pas. Tout a été fait. Tout a été dit», estime Yvon Boivin. «Dites à M. Therrien qu'il se mette dans la peau d'une victime qui est prise avec sa maison où se développe des moisissures, où les enfants vivent des problèmes psychologiques. Il y a des gens qui se sont suicidés, des gens qui vivent de la détresse», rappelle-t-il, visiblement furieux de l'indifférence dont le gouvernement conservateur a fait preuve depuis le début de la crise alors qu'une implications financière équivalente à celle du gouvernement du Québec aurait fait toute la différence pour la Mauricie.

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