Solidarité dans le dossier de la pyrrhotite: «C'est une question de choix»

Michel Angers rappelle qu'il ne s'est pas tourné... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Michel Angers rappelle qu'il ne s'est pas tourné vers les autres municipalités de la région quand Shawinigan a été frappée par le fermetures d'usine.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Bien qu'il appuie moralement la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, le maire de Shawinigan, Michel Angers, constate que cette tragédie demeure concentrée à Trois-Rivières pour le moment, de sorte qu'il verrait mal puiser dans les coffres de la Ville pour régler un problème qui concerne très peu ses concitoyens. Surtout qu'en terme de coups durs, il a ramassé la facture plus souvent qu'à son tour au cours des dernières années sans jamais solliciter l'aide financière des municipalités environnantes.

«Je pourrais bien dire que j'ai perdu trois usines dans le temps de le dire et que j'ai perdu entre 1500 et 1800 jobs», rappelle le maire. «J'aurais probablement eu besoin aussi d'une aide exceptionnelle à ce moment. On s'est arrangé avec nos affaires. Je me suis retourné du côté du gouvernement du Québec pour dire que nous avions besoin d'aide. Je n'ai pas interpellé les autres municipalités.»

«La situation de la pyrrhotite est dramatique», convient M. Angers. «Mais 1500 personnes qui perdent leur emploi à 70 000 $ par année, c'est assez dramatique aussi, dans une ville qui essaie de se relever.»

Rappelons que la semaine dernière, Le Nouvelliste dévoilait que la CAVP avait sollicité une demande de soutien auprès de huit municipalités de la région, dont Shawinigan. Le président, Yvon Boivin, souhaitait obtenir un montant de 0,25 $ par citoyen pendant trois ans. À Shawinigan, cela correspondrait à environ 12 500 $ par année. Le conseil municipal a décidé de passer son tour.

«J'ai énormément de respect pour M. Boivin, pour l'organisme qu'il a créé», souligne M. Angers. «Des paliers supérieurs du gouvernement devaient prendre leurs responsabilités et ils ne les prennent pas. De mon côté, j'ai des choix budgétaires à faire.»

À la Ville, on rappelle qu'il n'existe qu'une vingtaine de cas de pyrrhotite déclarés sur le territoire. La CAVP a déjà mentionné qu'il s'agissait d'une bombe à retardement et que tôt ou tard, des propriétaires de maisons construites entre 1996 et 2008 découvriront l'horreur. «L'objectif de la Coalition est d'engager une personne de plus pour aider les gens», rappelleM. Angers. «Nous sommes en appui moral sur ce qui se passe à Trois-Rivières, dans les MRC de Maskinongé et des Chenaux. Mais on me dit que nous ne sommes presque pas touchés, que tout est sous contrôle.»

«Cette nouvelle personne s'occuperait des dossiers de Shawinigan, de Mékinac et de La Tuque», ajoute le maire. «Mais nous n'avons pas beaucoup de cas! Ce n'est pas que nous ne voulons pas être solidaires. C'est une question de choix. Il faut que je justifie ça. Est-ce que je vais donner 12 500 $ pour une cause qui nous touche moins ? C'est le fond de la question.»

M. Angers pointe qu'il s'agissait d'un dossier parfait pour la Conférence régionale des élus, qui vient d'être abolie par le gouvernement libéral. Les coupes annoncées avant le dépôt du dernier budget ont également incité le conseil municipal à surveiller étroitement chaque dollar.

Quant à la marche de solidarité du 30 mai, elle coïncide avec la Randonnée du maire. M. Angers tendra tout de même une perche aux membres du conseil municipal pour voir si la Ville pourra être représentée à cette activité, qui se déroulera évidemment à Trois-Rivières. «Ça fait partie des causes qui méritent d'être appuyées», assure-t-il. «Ce n'est pas parce qu'on ne met pas d'argent qu'on ne comprend pas la cause.»

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

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