Coalition d'aide: «Ça ressemble au début de la fin»

Le coordonnateur de la Coalition d'aide aux victimes... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le coordonnateur de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Steeve Guy, estime que la Coalition pourrait jouer sa dernière carte avec la marche de solidarité qu'elle organise le 30 mai

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Devant le peu d'appuis des municipalités de la région et sa campagne des carrés gris qui ne lève pas, la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) joue sa dernière carte avec la marche de solidarité qu'elle organise le 30 mai. La Coalition analyse sérieusement la possibilité de fermer les livres si la population n'est pas au rendez-vous.

«Ça ressemble au début de la fin», a laissé savoir mercredi le coordonnateur de la Coalition, Steeve Guy, qui prenait la parole en l'absence du président, Yvon Boivin.

Les plus récentes déclarations du maire de Shawinigan, Michel Angers, qui refuse de collaborer financièrement à la campagne de la CAVP parce que la Ville ne compte qu'une vingtaine de cas, représentent bien jusqu'à quel point les élus ne comprennent pas l'ampleur de la menace qui plane au-dessus de leur municipalité et qui planera encore pendant plusieurs années, estime la Coalition.

Steeve Guy était justement en train de visiter un édifice à quatre logements dans le secteur de Shawinigan-Sud, hier, au moment où Le Nouvelliste le contactait.

«Le propriétaire m'a appelé en disant: Il n'y a pas de pyrrhotite à Shawinigan, mais il me semble que j'ai des fissures bizarres et effectivement, ce sont des fissures de pyrrhotite», dit-il.

Le carré gris, symbole de solidarité populaire dans le dossier de la pyrrhotite, ne se vend pas du tout dans la région de Shawinigan, d'ailleurs.

«Le discours du maire encourage ça aussi. Quand le maire dit qu'on n'a presque pas de cas, les gens ne se sentent pas impliqués et s'imaginent que leur bâtiment est en sécurité. À force d'avoir un discours qui rassure et qui dit qu'il n'y a pas de trouble, les gens ont de la pyrrhotite et continuent à se fermer les yeux et sont encouragés à le faire par le plus haut dirigeant de la Ville», fait valoir M. Guy.

«Le jour où le maire va dire: C'est possible qu'on en ait, surveillez vos fondations, faites faire des tests si vous êtes dans la période critique, peut-être qu'on va se rendre à 150, 200 cas à Shawinigan», prévoit le coordonnateur de la CAVP. Sauf qu'à ce moment-là, il risque de ne plus y avoir de Coalition pour aider les gens, fait-il valoir.

«Ce que le maire de Shawinigan oublie de dire, c'est qu'on a donné des services à beaucoup plus que 20 personnes à Shawinigan. Il y a tous les gens qui appellent pour savoir par qui faire faire les tests de pyrrhotite», plaide la Coalition. Il y a aussi beaucoup de gens qui sont en zone grise, c'est-à-dire qu'ils ignorent toujours si le pourcentage de moins de 0,23 % de pyrrhotite qu'ils ont trouvé dans leurs fondations va causer des dommages.

«Ces gens-là ne peuvent pas aller à la Ville pour demander un rabais de taxes. Ils ne peuvent pas aller à la Ville pour demander l'aide gouvernementale. Donc, ces gens-là s'adressent à nous parce qu'ils sont sans issue et que la Ville ne peut rien faire pour eux», plaide la Coalition.

L'organisme estime qu'il y aura éventuellement des conséquences pour les municipalités, comme Shawinigan, à jouer à l'autruche.

«C'est un ultimatum qu'on lance», a fait valoir mercredi la Coalition.

«Si les gens n'embarquent pas, le message est clair. C'est qu'ils ne veulent pas qu'il y ait de pérennité de la Coalition. Si les gens ne veulent pas nous aider, on est incapable de fonctionner. L'aide de la Ville de Trois-Rivières n'est plus suffisante», réitère la Coalition. «Donc si on n'a pas d'aide et qu'on n'a pas d'appui, de solidarité, on aura des décisions à prendre par la suite», prévient la Coalition.

«Sans argent, on ne peut pas continuer et on n'est pas des spécialistes de cueillette de fonds, ni des quêteux. On était là pour aider et si on n'est pas capable de le faire, faute de moyens et d'appuis, on aura des questions à se poser», indique la Coalition.

La Coalition estime qu'une Ville comme Shawinigan devrait donner l'exemple, d'autant plus que la Coalition a un bureau à Shawinigan et une ressource qui y travaille. Tous les appels logés à la Coalition passent par là.

Rappelons que la Coalition demandait 25 sous par citoyen pour assurer la pérennité «sans qu'on soit obligé de quêter à chaque année», indique l'organisme.

La Coalition a récemment relancé les municipalités qui n'avaient pas donné suite à sa demande de soutien financier et n'a reçu aucune réponse jusqu'à présent.

Rappelons que seulement trois des huit principales municipalités victimes du drame ont donné leur appui.

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