Pyrrhotite: l'informatique au secours de la justice

Le juge Michel Richard.... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le juge Michel Richard.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'honorable Michel Richard ne se doutait pas, au début de sa gestion du fameux procès sur la pyrrhotite, qu'il aurait à gérer quelque 600 000 pages de documents... et qu'il devrait aussi en prendre connaissance.

«Le volume impose plus de travail, c'est évident», reconnaît-il. Malgré cela, le juge, aujourd'hui retraité, a maintes fois démontré durant le procès qu'il avait très bien fait ses devoirs.

«Avec l'informatique, c'est d'une facilité déconcertante», explique-t-il en confiant qu'il est amateur d'informatique. «J'ai utilisé des logiciels de traitement de données», illustre-t-il. «Et après 40 ans de lecture de notes sténographiques, on apprend à aller à l'essentiel», fait-il valoir.

Debout à 5 h chaque matin, comme à son habitude, le juge s'était fait des résumés et des tableaux (environ 190) pour classer et comprendre cette mer d'information.

On sent beaucoup d'émotion dans sa voix lorsqu'il affirme que «le secret revient à l'implication qu'on y met. J'étais intéressé par la cause.»

«Dans ma vie de juge et dans ma vie d'avocat, j'ai toujours pensé que s'il y avait des palais de justice, ce n'est pas parce qu'il y avait des juges, des avocats ou du personnel judiciaire, mais parce qu'il y avait des justiciables», fait-il valoir. «Et il y a des drames humains derrière ça», dit-il.

C'est pour cette raison que l'honorable Michel Richard s'est toujours préoccupé de l'importance de faire entendre les causes rapidement et à moindre coût.

«Le portion la plus difficile que j'ai eu à faire, c'est probablement la gestion de l'instance (la préparation du procès de la pyrrhotite) parce que ça a duré deux ans, peut-être, avant la tenue du procès (en 2013)», raconte-t-il. Pendant tout ce temps, «je n'ai fait que ça.»

«C'est plus délicat. Il faut véritablement être à l'écoute des besoins des justiciables. On est là pour apporter l'adhésion», plaide-t-il.

L'honorable Richard rappelle que l'évaluation des dommages «a été payée par les défendeurs. Ça a coûté un million $ et les défendeurs ont accepté de désigner un expert unique», une décision qui a eu l'heur de faciliter les choses.

Devant l'ampleur de la tâche qui s'impose, le juge Richard avait insisté, dès le départ, pour que l'instance soit entièrement numérisée.

«Je me suis ramassé avec 300 CD», raconte-t-il.

«Avant même que le procès commence, je savais qu'on n'était pas capable de gérer ça en formule papier», dit-il.

«Essayez d'imaginer 60 avocats, 22 000 pièces, 600 000 pages», dit-il. Le simple fait de référer tout ce beau monde-là à une pièce, durant l'audition, aurait relevé de l'exploit, fait-il valoir. C'est de là qu'est venue l'idée de tout numériser, de retenir les services d'un informaticien à plein temps et d'utiliser un site Dropbox pour partager les pièces.

Le ministère de la Justice aurait investi 250 000 $ pour accueillir ce procès en bonne et due forme à Trois-Rivières.

Divers problèmes on ne peut plus terre-à-terre ont aussi nécessité des assouplissements inattendus. Lorsqu'une cause est entendue au fond, par exemple, les avocats sont tenus, de porter la toge. Or cette règle a dû être abandonnée, faute de vestiaires, pour accueillir les quelque 60 avocats et avocates qui provenaient, pour la plupart, de l'extérieur de Trois-Rivières.

«Pour les avocats, ce procès-là, ça a été le procès de leur carrière. Ils en parlent encore», raconte l'honorable Richard qui n'avait «jamais présidé un procès de cette ampleur-là.»

«Il y a des procès que j'ai vécus qui étaient plus prenants sur le plan émotif», nuance-t-il, «mais ce fut le plus gros», dit-il.

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