La pyrrhotite s'étend dans le nord de Montréal

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Des résidents de Mont-Laurier sont aux prises avec la pyrrhotite.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite a récemment mis la main sur des rapports d'expertise qui confirment hors de tout doute la présence de pyrrhotite dans la région du nord de Montréal.

Des résidents de Mont-Laurier sont en effet entrés en contact avec la CAVP pour faire part de cette situation qui impose maintenant la reconstruction complète de leurs fondations.

Le président de la CAVP, Yvon Boivin, estime que ce n'est que la pointe de l'iceberg pour les gens des Hautes-Laurentides. D'autres cas vont se dévoiler peu à peu dans cette région, prévoit-il.

La Coalition indique qu'elle a maintenant «la confirmation que la pyrrhotite est un caillou dévastateur dans le béton qui peut se retrouver partout au Québec et au Canada. Un désastre comme celui de la Mauricie pourrait donc se reproduire n'importe où au Canada si la norme fédérale sur le béton n'est pas révisée pour en interdire son utilisation dans le béton», plaide Yvon Boivin.

Quand on demande où doit-on s'attendre à trouver de la pyrrhotite, au Québec, ailleurs que dans le massif de Saint-Boniface et à Mont-Laurier, Luc Bédard, directeur général de l'Association Béton Québec, répond que «sans apeurer personne, quand on regarde la région géologique du Grenville, tout ce qui est au nord du Saint-Laurent pourrait être sensible à ça potentiellement», dit-il.

«Cependant comme on le voit dans le massif de Saint-Boniface, Mont-Laurier ou dans le Plan nord, c'est parce qu'il y a du minerai», dit-il. «Tous les sites qui sont voisins d'une mine doivent être considérés», dit-il.

C'est pour cette raison que la nouvelle Garantie de construction résidentielle (GCR) a dévoilé, hier, à Trois-Rivières, les nouvelles exigences qu'elle impose désormais aux entrepreneurs en matière de fabrication de béton.

Pour les régions de la Mauricie, du Centre-du-Québec et des Hautes Laurentides, ces mesures sont déjà en vigueur. Elles s'étendront à l'ensemble des entrepreneurs du Québec dès le 1er septembre prochain, indique la p.d.g. de GCR, Gina Gaudreault.

Tout d'abord, le mélange ciment-agrégat qui forme le béton doit être commandé d'un producteur qui détient un certificat de conformité du BNQ.

Cette mesure est recommandée aussi aux autoconstructeurs, d'ailleurs, par l'Association béton Québec.

Le remblais sous dalle doit employer une pierre concassée répondant à la norme DB (dalle de béton) pour éviter la présence de pyrite.

Les entrepreneurs doivent conserver les originaux de tous les bons de livraison. L'ajout d'eau dans le ciment ne doit pas dépasser la norme lors de sa mise en place.

La GCR pourrait exiger à tout moment l'avis d'experts, tant pour des essais de chantiers qu'en laboratoire. «Ces tests se feront sur une base aléatoire. Nous allons porter une attention particulière aux régions de la Mauricie, du Centre-du-Québec et des Hautes-Laurentides», même si l'ensemble du Québec est aussi visé, indique Mme Gaudreault.

L'APCHQ a fait parvenir un communiqué, jeudi, indiquant que du temps de la Garantie Abritat, des analyses de carrières étaient faites en amont. «L'APCHQ constate que ces analyses ont été remplacées par des tests aléatoires sur les chantiers», indique le communiqué. L'APCHQ croit que «les deux types d'analyses peuvent toutes les deux avoir leur place».

Or, GCR a été bien claire, hier. «Le granulat doit provenir d'une carrière dont la pierre destinée au béton est reconnue par un géologue et testée en laboratoire.»

Quant aux tests aléatoires, ils pourront toucher jusqu'à 25 % des constructions, précise Mme Gaudreault qui incite les entrepreneurs «à choisir les meilleurs produits sur le marché.»

La CAVP a indiqué qu'elle collaborera avec la GCR pour établir des balises qui permettront d'assurer un meilleur contrôle de la qualité du béton résidentiel.

«Avec ces exigences, on souhaite rassurer tous les acheteurs de résidences au Québec», indique Mme Gaudreault.

La norme fédérale CSA-23,1 sur le béton a été largement resserrée lors de sa dernière édition qui vient tout juste d'être publiée, signale Luc Bédard. «Le protocole de certification BNQ a justement pris des mesures appropriées pour s'assurer qu'une telle situation ne puisse se reproduire», dit-il.

Le président de la CAVP indique pour sa part que c'est sur cette base-là «que le gouvernement fédéral doit assumer sa responsabilité.»

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