Pyrrhotite: le soutien de l'Agence de santé fait défaut

Yvon Boivin, président de la Coalition d'aide aux... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yvon Boivin, président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite demande depuis quatre ans de l'aide psychosociale directement sur le terrain, pour les victimes de la pyrrhotite, à l'Agence de la santé et des services sociaux. Ce que lui offre l'Agence, dit-elle, ne répond pas suffisamment à la réalité qui se vit et aux besoins des victimes.

Le directeur des services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec, André Sauvé, s'est défendu, vendredi dernier, en disant qu'un plan d'action a pourtant été adopté, le 18 juin dernier, par un groupe formé d'intervenants de l'Agence, du CSSS, de la Ville et de la Coalition, plan qui fut d'ailleurs accepté par la Coalition.

Le président de la Coalition, Yvon Boivin, indique que le plan d'action a certes été accepté, «parce que personne ne peut être contre la vertu».

Il ne rejette pas ce qui est offert par l'Agence, bien au contraire. Toutefois, précise-t-il, le plan ne répond en rien aux principales demandes formulées par la Coalition depuis quatre ans, notamment en matière d'aide psycho-sociale directement sur le terrain. C'est pourquoi la Coalition a déposé une fois de plus ses principales demandes, lors de cette rencontre et attend toujours la réponse.

L'Agence se défend en disant que les victimes en crise peuvent appeler au 811 (Info-Santé) ou au 370-2200 poste 42145 si elles ont besoin de soutien. Elle a créé des dépliants d'information et un guichet unique paroù les victimes peuvent aussi passer en priorité pour avoir des services.

L'Agence ajoute que tous les intervenants sur le terrain, à la Ville et à la Coalition, ont aussi reçu une formation pour savoir quoi dire aux victimes en cas de crise.

Or, comme le fait valoir le coordonnateur de la Coalition, Steeve Guy, qui travaille directement sur le terrain avec les victimes, on peut difficilement dire à une victime de faire le 811 au moment même où devant soi, elle se met à déverser sa colère, sa peine et sa frustration en tirant des objets sur les murs. C'est humainement impossible, dit-il.

Yvon Boivin estime que l'Agence devrait libérer une ressource psychosociale pour accompagner son coordonnateur sur le terrain afin d'intervenir directement là où les crises se déroulent.

L'Agence croit plutôt que les gens ont des ressources pour s'en sortir comme les psychologues privés ou les programmes d'aide dans les milieux de travail, fait valoir M. Sauvé.

«Oui, il y a des gens, quand ils sont démunis, qui vont faire des démarches pour aller chercher de l'aide», mais c'est loin d'être le cas de tout le monde, constate Steeve Guy dans le feu de l'action. Souvent, dit-il, c'est seulement quand la victime a quelqu'un devant elle qui est là pour l'écouter que sa crise finit par éclater.

Le 9 juin dernier, la Coalition a de nouveau déposé ses quatre demandes à l'Agence de la santé. Depuis, aucune de ces demandes n'a reçu de réponse de l'Agence, déplore Yvon Boivin. L'approche préventive auprès des victimes est la principale.

La Coalition demande aussi à l'ASSS d'organiser des rencontres de groupes qui permettraient aux victimes d'échanger et d'identifier les besoins, quelque chose que la Coalition n'a pas les moyens financiers de faire.

André Sauvé estime qu'il y a des divergences d'opinions quant aux moyens à prendre pour intervenir et que pour sa part, il fait confiance aux gens du CSSS qui ont une expertise dans le domaine. Or, ce genre de rencontre n'en fait pas partie, semble-t-il.

M. Sauvé estime toutefois que l'Agence et la Coalition doivent continuer à se parler. «On est prêt à s'ajuster. On va s'asseoir avec eux», dit-il.

Yvon Boivin, pour sa part, après quatre ans de démarches infructueuses, estime que la prochaine étape sera plutôt de «s'asseoir avec les hauts dirigeants de la Santé publique, pas avec ceux qui nous ont laissé tomber. Ils n'ont pas compris nos besoins», fulmine-t-il, en promettant de porter cette affaire devant la nouvelle Table interministérielle sur la pyrrhotite dont la Coalition fait partie.

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