SOS Pyrrhotite demande une enquête au Bureau de la concurrence

En Mauricie, il en coûte 175 000 $ pour une...

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En Mauricie, il en coûte 175 000 $ pour une maison donnée pour refaire ses fondations si elle ne bénéficie pas de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ. Pour une maison équivalente qui est sous la garantie de la GMN de l'APCHQ, il en coûte plutôt 219 000 $, a constaté l'organisme. Plus troublant encore, ce même genre de travail se chiffre plutôt à 45 000 $ en dehors de la zone affectée par la pyrrhotite, affirme l'organisme.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'organisme SOS Pyrrhotite a déposé, mercredi, une demande d'enquête au Bureau de la concurrence du Canada sur le prix exigé par certains entrepreneurs pour reconstruire des fondations de maisons affectées par la pyrrhotite.

Jacques Rheault, coordonnateur de SOS Pyrrhotite et Me... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Jacques Rheault, coordonnateur de SOS Pyrrhotite et Me René Duval (à droite). 

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

L'organisme y est allé de ses humbles moyens pour monter un dossier à partir de 75 cas de reconstruction de fondations de maisons dans le périmètre où se trouve de la pyrrhotite et en dehors de celui-ci, à partir d'émissions de permis, de contrats et de dossiers de cour.

SOS Pyrrhotite reconnaît d'emblée que son étude n'est pas scientifique et qu'elle ne permet donc pas d'en tirer des conclusions statistiques valides. Il n'en demeure pas moins que ses constats sont surprenants.

Dans la région, il en coûtera 175 000 $ pour une maison donnée pour refaire ses fondations si elle ne bénéficie pas de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ. Pour une maison équivalente qui est sous la garantie de la GMN de l'APCHQ, il en coûtera plutôt 219 000 $, a constaté l'organisme.

Plus troublant encore, ce même genre de travail se chiffrera plutôt à 45 000 $ en dehors de la zone affectée par la pyrrhotite, affirme l'organisme.

Le prix de ces travaux augmenterait de 25 % par année dans la zone où se trouve de la pyrrhotite.

«Dès qu'on sort de la zone de la pyrrhotite, on a des différences de prix extraordinaires», indique

Me René Duval qui s'implique dans cette cause.

SOS Pyrrhotite a remarqué que la réfection des fondations coûte dans certains cas plus cher que la valeur de la maison elle-même. «Une maison de 275 000 $, ça va coûter 300 000 $ pour la lever», illustre Me Duval. «On ne parle pas d'une maison ancestrale, mais d'une maison qui a 5 ou 6 ans», fait-il valoir.

«On n'accuse personne», assure Me Duval qui demande plutôt, avec SOS Pyrrhotite, une enquête pour «voir si les pratiques faites par les entrepreneurs et l'APCHQ ne créent pas un marché captif ou n'entraînent pas une hausse artificielle des prix», dit-il.

Selon Jacques Rheault, coordonnateur de SOS Pyrrhotite, l'Unité anticorruption s'intéresse aussi au dossier. «Ils attendaient qu'on dépose notre rapport au Bureau de la concurrence», dit-il. «Même chose au niveau de la Régie du bâtiment», indique M. Rheault.

Le président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin, indique que la Coalition a déjà porté plainte pour la même raison et rencontré, il y a plusieurs mois, les enquêteurs du Bureau de la concurrence du Canada.

«Ils se sont déplacés en Maurice», indique M. Boivin. «Nous avions convenu de garder le tout confidentiel parce qu'il y avait des enquêtes qui se faisaient et si l'on dévoilait publiquement notre dénonciation, les acteurs concernés auraient pu déjouer les enquêteurs», explique-t-il.

«On ne l'avait pas dévoilé aux médias parce qu'on nous avait demandé la confidentialité. Puisque SOS Pyrrhotite sort dans les médias, on doit annoncer qu'on avait fait la dénonciation il y a plusieurs mois. Il n'y a pas que SOS Pyrrhotite qui porte intérêt au problème des coûts trop élevés par rapport aux travaux de réparation», a tenu à souligner Yvon Boivin en rappelant que son organisme dénonce ce fait depuis le début.

Selon lui, cette situation est due en bonne partie aux plans de garantie qui ont limité le nombre d'entrepreneurs pouvant soumissionner.

SOS Pyrrhotite endosse cette théorie. «Dans les cas des propriétaires de la Garantie des maisons neuves, l'APCHQ a instauré un système d'accréditation des entrepreneurs qui a pour résultat qu'au plus, une centaine d'immeubles sont rénovés chaque année. Cette rareté a un effet sur les coûts de réfection des fondations des propriétaires bénéficiaires de la Garantie des maisons neuves et par ricochet, sur le prix de réparation des immeubles non couverts par la Garantie», estime SOS Pyrrhotite.

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