Pyrrhotite dans les édifices publics: on attend, on observe, on se prépare

Le Centre de l'activité physique et sportive de... (François Gervais)

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Le Centre de l'activité physique et sportive de l'UQTR fait partie des édifices publics dans lesquels on retrouve de la pyrrhotite.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Aux prises avec de la pyrrhotite au Centre de l'activité physique et sportive et au nouveau pavillon de la Santé, l'UQTR n'a toujours pas décidé si elle entreprendra des poursuites judiciaires pour se faire rembourser les dégâts.

«On va prendre la décision dans les prochaines semaines», indique la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère. «On a étudié le dossier en octobre, novembre et décembre, mais on n'a pas encore une décision de prise. On essaie d'évaluer les coûts de la poursuite par rapport à l'importance des  travaux correctifs», explique-t-elle.

Mme Giguère assure que les édifices ne présentent pas de danger pour les usagers, qu'ils sont sous surveillance et qu'on n'a pas encore observé de détérioration accélérée du béton.

Au cours du méga procès sur la pyrrhotite en Mauricie, qui avait débuté en novembre 2012, de la pyrrhotite avait aussi été découverte dans le parc immobilier de la Ville de Trois-Rivières, dans des ouvrages du ministère des Transports, dans l'édifice de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie et dans certains édifices gérés par la Société immobilière du Québec, dont la partie neuve du palais de justice de Trois-Rivières où s'est déroulé, pendant plus d'un an, le plus gros procès en matière de construction au Canada.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, les ingénieurs ont recommandé de suivre aux trois ans l'évolution des dommages infligés par la pyrrhotite au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Ici, comme c'est le cas pour toutes les autres victimes, commerciales, civiles ou résidentielles, on attend avec impatience les résultats de l'appel qui a été logé par SNC-Lavalin. En attendant, «on a quelques interventions mineures à faire au niveau de recouvrements de planchers», indique la directrice générale, Hélène Corneau.

Les victimes qui avaient gagné leur cause en première instance ne sont plus certaines de rien à cause de l'appel logé par SNC-Lavalin. «On avait demandé 6,6 millions $ et on a obtenu 6,6 millions $», rappelle le directeur de la CAM. Jacques Duhamel. Mais les dollars demeurent inaccessibles tant que le processus d'appel ne sera pas terminé. «Et même là, on ne sait pas si ça va aller jusqu'en cour Suprême», s'inquiète le directeur.

Les fissures dans l'édifice sont là pour rappeler qu'il faudra tôt ou tard intervenir. La CAM commence à regarder à quel endroit elle pourrait loger sa flotte si les travaux de reconstruction finissent un jour par se faire. Ici, la pyrrhotite est présente autant dans les murs que dans les planchers. «Mais l'édifice tient encore debout», raconte avec un brin d'ironie M. Duhamel qui appréhende le déplacement temporaire que devra subir tôt ou tard son service. La distance à parcourir, lors des urgences, représente en effet un élément critique du service. «Dans la région 04, on répond à un appel d'urgence sur deux», rappelle-t-il.

À la Ville de Trois-Rivières, on n'a pas encore intenté de poursuites judiciaires pour obtenir dédommagement, mais on s'est réservé le droit de le faire, tient à rappeler le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.

Cinq des 10 édifices qui contiennent de la pyrrhotite sont toujours sous inspection régulière afin de repérer toute dégradation du béton. «Pour l'instant, il n'est pas question de réparations», dit-il.

Certaines structures, pour des questions de densité de béton, résistent plus longtemps que les autres aux assauts de la pyrrhotite tant et si bien qu'elles disparaissent un peu du radar public.

À Louiseville, par exemple, le maire Yvon Deshaies reconnaît que le dossier du pont à quatre voies qui mène au centre-ville est plutôt relégué aux oubliettes. Il faut dire que la structure appartient au ministère des Transports, dit-il. Or, «on n'a eu aucune nouvelle du MTQ», indique-t-il, tout en promettant de faire toutefois remonter le dossier à la surface.

Le porte-parole du MTQ, Jean Lamarche, indique qu'il n'y a rien de nouveau dans le dossier, mais que le MTQ suit l'évolution de cette affaire tout en se conservant, lui aussi, la possibilité d'un recours au besoin.

Du côté de la Société immobilière du Québec, la pyrrhotite n'a pas encore fait de dégâts au palais de justice ni à l'École nationale de police de Nicolet, indique le porte-parole, Martin Roy. La SIQ se garde donc le droit d'entreprendre des poursuites si la situation venait à changer, dit-il. En ce moment, on examine s'il y a matière à recours en ce qui concerne les dommages qui se manifestent à l'édifice du ministère des Transports, boulevard Des Récollets, dit-il.

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