Dix nouveaux cas de pyrrhotite par semaine: «par solidarité régionale, impliquez-vous»

Sylvie Lafrenière, responsable de la campagne de financement... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Sylvie Lafrenière, responsable de la campagne de financement de la Coalition des victimes de la pyrrhotite et Yvon Boivin, président de la Coalition.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le président de la Coalition des victimes de la pyrrhotite, Yvon Boivin, a lancé un nouveau cri du coeur, vendredi, aux entreprises et aux municipalités de la région afin de leur demander un soutien financier.

«On a le soutien de la Ville de Trois-Rivières depuis deux ans qui nous a permis d'embaucher une ressource extraordinaire en la personne de Steeve Guy, mais avec 10 victimes qui s'ajoutent en moyenne par semaine, on reçoit de 10 à 15 nouveaux courriels par jour et des gens appellent pour avoir de l'information. Steeve doit maintenant travailler aussi le soir et les fins de semaine comme je faisais avant», raconte M. Boivin.

«On est dans une situation où le désastre prend de l'ampleur et on s'en va, comme on disait au départ, vers les 4000 victimes. On ne peut plus fonctionner avec une seule ressource», a fait valoir voir le président de la CAVP.

Le gouvernement du Québec a récemment versé 45 000 $ à la Coalition pour embaucher une seconde ressource en la personne de Sylvie Lafrenière, une femme ayant des racines dans le milieu de la santé, dont la mission sera désormais de trouver des partenaires financiers qui accepteront de s'engager pour au moins trois ans à aider la Coalition.

La CAVP souhaite en effet obtenir une solidarité du côté des entreprises. «Ces gens-là ont des clients qui ont de la pyrrhotite, des fournisseurs et des employés qui ont de la pyrrhotite», fait valoir Yvon Boivin en invitant aussi les banques à faire un don puisqu'elles financent les emprunts des victimes.

Les entreprises qui aideront la Coalition recevront une affiche qu'elles pourront placer en évidence dans leur commerce sur laquelle leur appui aux victimes sera mis en valeur.

La Coalition a lancé, vendredi, un message aux élus municipaux. «Comment se fait-il que les autres municipalités de la région aient les bras croisés et nous regardent aller alors qu'on les aide aussi?», questionne Yvon Boivin.

«Ce n'est pas vrai que les autres municipalités ont le droit de ne rien faire, comme ça se passe actuellement. Donc, on interpelle tous les élus de la région. Par solidarité régionale, de grâce, impliquez-vous», demande le président de la Coalition.

«On ne vous demande pas des millions $», précise M. Boivin. «Si toutes les municipalités s'impliquent, nous aident à obtenir un montant d'argent sur trois ans, ça va faire en sorte qu'on va pouvoir payer à temps plein une autre ressource qui va pouvoir aider des citoyens de la région de la Mauricie. Je vous le rappelle, il y a eu quatre suicides dans ce dossier-là.»

«On ne peut pas fonctionner avec du court terme tout le temps. Il faudrait une assise pour au moins les trois prochaines années» afin de continuer à aider les victimes qui vivent de la détresse humaine sur le terrain, plaide-t-il.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, se réjouit que la Coalition lance un appel aux autres municipalités. «J'espère que les maires seront solidaires pour contribuer à un niveau qu'eux jugent nécessaire», dit-il.

«Ça aurait été le fun de faire une annonce aujourd'hui, avec notre gouvernement fédéral», a fait valoir le maire Lévesque qui espère que la campagne électorale permettra de faire bouger les Conservateurs.

Ce dernier a annoncé, vendredi, une aide de 150 000 $ sur trois ans à la Coalition qui sera confirmée lundi soir au conseil municipal. La Ville donnera aussi 100 000 $ par année à Multi-Boulot et Écof qui apportent eux aussi une aide précieuse aux victimes de la pyrrhotite.

«Ça m'a pris 8 mois pour obtenir 2 soumissions»

Jason Lukerhoff avait pris toutes les précautions nécessaires avant de faire l'achat, en 2010, d'une maison construite en 2001.

Il avait fait faire une inspection professionnelle de plus de 1000 $. «On s'est fait dire qu'on n'était pas dans les années visées par la pyrrhotite», raconte-t-il. «Jamais personne ne nous a recommandé de faire faire un test de pyrrhotite», dit-il.

Aujourd'hui, sa maison a perdu presque toute valeur. «On se retrouve avec une hypothèque qui n'est pas liée à des actifs. Donc on se retrouve avec une dette inexpliquée dans un portrait financier», dit-il.

«Ça pose des difficultés pour emprunter, pour faire des achats à nouveau. Même pour des personnes qui ne désirent pas vendre, la situation est difficile», dit-il.

Le travail de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite est très important lorsque des propriétaires comme lui doivent embarquer dans les recours juridiques ou obtenir des

soumissions pour la réparation de leur maison, explique M. Luckerhoff.

C'est que «les entrepreneurs ont commencé à charger pour leurs soumissions et tardent à les faire en disant qu'ils ont trop de demandes», dit-il.

«Concrètement, ça m'a pris huit mois pour obtenir deux soumissions, pour faire évaluer la maison et entrer dans le recours. On commence à avoir de la difficulté à faire les étapes qui nous permettent de faire partie du recours. La Coalition a préparé un guide très utile pour nous aider à préparer ces

soumissions-là», indique M. Luckerhoff.

Ce dernier raconte que de plus en plus, les entrepreneurs ne font qu'écrire un montant total en guise de soumission. Donc personne ne sait ce que la soumission contient vraiment. La Coalition a donc préparé un guide permettant aux propriétaires d'avoir toutes les informations en main avant de s'engager, d'autant plus, dit-il, que le montant des réparations est maintenant presque identique à la valeur d'origine de la maison.

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