Pyrrhotite: la lenteur du gouvernement a de graves conséquences pour des entrepreneurs

Kevin Gravel, co-propriétaire de Construction Gravel K.... (Photo: Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

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Kevin Gravel, co-propriétaire de Construction Gravel K.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Les six mois qu'il a fallu au nouveau gouvernement du Québec avant d'annoncer, la semaine dernière, les 7 millions $ d'aide aux victimes de la pyrrhotite ont eu de graves répercussions sur l'entreprise Construction Gravel K de Trois-Rivières et ses propriétaires, Kevin Gravel et Mélissa Roussy.

Le couple n'a pas eu le choix, en effet, de faire une proposition concordataire à ses créanciers afin d'éviter la faillite.

«C'est loin, loin, loin d'être une faillite», tient toutefois à préciser Mme Roussy. «On tient vraiment à notre clientèle et à nos garanties», dit-elle.

L'entreprise a très hâte que l'argent annoncé la semaine dernière commence à circuler. Puisque les propriétaires avec qui elle a fait affaires n'ont pas eu d'aide financière de Québec encore, Construction Gravel K n'a pas encore fait de profits, explique Mme Roussy.

Ce qui est difficile, explique-t-elle, «c'est d'absorber les montants pendant des mois.

«On s'est un peu mis à l'eau avec ça. Il y a des semaines où on faisait tout juste les paies», dit-elle en précisant que l'entreprise compte 28 employés l'été.

La proposition concordataire, explique-t-elle, va permettre de «payer 25 % ou 50 % de nos anciennes dettes.»

L'entreprise s'affaire présentement à terminer les travaux d'une maison et n'a pas pu entreprendre d'autres contrats parce qu'aucun propriétaire aux prises avec la pyrrhotite n'avait encore reçu l'aide financière de Québec.

Tout cela «a retardé les travaux. Je ne peux pas toujours avancer l'argent pour tout», fait valoir Mme Roussy.

«Il y a même des clients qui voulaient qu'on commence cette année et qu'on finisse les sous-sols cet hiver. Mais à cause de ça, peut-être que cet hiver je n'aurai pas beaucoup de sous», prévoit-elle.

«Je pourrais faire faillite et mes créanciers n'auraient rien», explique Mme Roussy, «parce que mon équipement est loué. Je pourrais mettre la clef sous la porte et ça ne me coûterait rien. Mais avec la proposition concordataire, je dois faire des budgets tous les jours, je dois prouver que je fais de l'argent, je dois déclarer tous les jours toutes les sorties et les entrées d'argent. C'est beaucoup de travail pour rester ouvert», fait-elle valoir.

Si elle avait su que le gouvernement était pour retarder aussi longtemps les subventions, Mme Roussy confie qu'elle n'aurait probablement pas entrepris de travaux reliés à la pyrrhotite. «Avant, notre compagnie ne faisait pas de cas de pyrrhotite et on n'avait pas de problèmes comme ça. Cette année, c'est la pire au point où j'en ai manqué de sommeil», raconte-t-elle.

Malgré tout, Construction Gravel K a l'intention de continuer à faire quelques cas de pyrrhotite «pour aider nos clients. On a le coeur sensible. Il y a du monde que je connais là-dedans qui ont de la pyrrhotite. On fait de bons prix et si les gens veulent travailler dans leur maison, on enlève le montant.»

«Toutefois, dans les circonstances, au lieu de faire 20 estimés par mois de pyrrhotite gratuitement, on est obligé de charger quelque chose, mais on précise aux gens que ça va être remboursable s'ils nous prennent»,dit-elle.

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