Philippe Couillard: la grande séduction mauricienne

Étalée sur trois jours, la tournée régionale du... (François Gervais)

Agrandir

Étalée sur trois jours, la tournée régionale du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a pris fin par une visite à l'entreprise Omnifab de Louiseville.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'il était assis entre sa ministre Julie Boulet et son député Pierre Giguère, le premier ministre Philippe Couillard entend plutôt laisser les militants trancher la question de la prochaine candidature libérale dans le nouveau comté de Laviolette, avec la disparition de la circonscription de Saint-Maurice.

«On ne veut pas qu'il y ait de bataille», a-t-il confié, vendredi, en entrevue éditoriale au Nouvelliste, en marge d'une tournée de plusieurs jours en région. «La priorité est aux exécutifs de comté», a ajouté M. Couillard.

Celui-ci a tenu à rappeler que la Commission de la représentation électorale est un organisme indépendant. «Suis-je heureux de la décision? Non», a-t-il indiqué, exprimant sa préférence pour le statu quo. «Nous allons continuer à travailler et parler à nos militants», renchérit le chef qui perdra ainsi un comté actuellement libéral.

Selon lui, la qualité de la représentation démographique devrait être aussi prise en compte lors d'un redécoupage électoral alors que, dit-il, des circonscriptions de plus en plus vastes rendent difficile le contact du député avec sa population. 

«Je veux dire à quel point je suis fier de notre équipe en Mauricie. La qualité de la représentation est remarquable», a-t-il affirmé en présence de Julie Boulet, Pierre Giguère, Jean-Denis Girard, Marc H. Plante et Pierre Michel Auger.

Pour l'instant, le premier ministre dit ne pas avoir de plan pour un remaniement ministériel. «Mais je suis toujours à la recherche d'améliorer mon équipe», renchérit-il.

Interrogé sur les motifs d'une telle tournée qui l'a mené aux quatre coins de la région depuis mercredi, M. Couillard a expliqué vouloir approfondir la connaissance des enjeux spécifiques à chacune des «trois Mauricie» situées le long du fleuve, au milieu de la région et en haute Mauricie. «En Mauricie, en général, ça va bien au niveau de l'emploi», observe-t-il.

Par ailleurs, le chef du gouvernement provincial se montre ouvert à soutenir le projet d'une usine de transformation du fer dans le parc industriel de Bécancour, évalué à plus d'un milliard de dollars. Plus tôt cette semaine, la Société internationale métallique n'avait pas caché que l'appui de l'État était «possiblement crucial» pour que les installations soient en opération en 2020.

«On n'a pas été invité à l'annonce, mais c'est un beau projet. On a aidé pour l'étude de faisabilité. On veut attirer les entreprises», a-t-il fait savoir.

Alors que s'activent en région plusieurs mouvements écologistes contre l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures, Philippe Couillard a réitéré l'importance de l'acceptabilité sociale. «La fracturation hydraulique est un enjeu énorme dans les endroits densément peuplés», rapporte celui qui se dit peu favorable à une telle activité dans la Vallée du Saint-Laurent.

Dans le domaine de la santé, l'ancien ministre en titre a voulu se faire rassurant sur l'avenir du Centre Christ-Roi de Nicolet, qui a perdu certains services spécialisés. «Il n'est pas question d'affaiblir ni de fermer l'hôpital. Il y a même des services renforcés en urologie», a-t-il plaidé.

Quand on lui demande ce qu'il pense de doter le Centre-du-Québec de son propre CIUSSS, il croit que le patient ne retirerait aucun bénéfice à fragmenter la présente organisation qui couvre présentement les deux rives. Pour le premier ministre, il n'est pas question «d'embarquer dans un débat de structurite».

Tout en semblant satisfait que les choses se soient calmées du côté de la gouvernance à l'UQTR, M. Couillard aimerait «qu'ils s'arrêtent de s'entrepoursuivre» à l'intérieur de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. «Je suis prudent là-dedans», a-t-il toutefois précisé, en réponse à une question sur une intervention possible de son gouvernement.

Amené sur le terrain de l'érosion des directions régionales, le chef libéral prône le maintien de la fonction publique dans la région en évoquant l'objectif d'une plus grande efficacité derrière le concept de Services Québec. Mais du même souffle, il fait remarquer que l'économie des régions ne passe pas par la fonction publique, mais l'entreprise privée et l'émergence d'une classe entrepreneuriale forte.

À son avis, les régions ressources doivent se percevoir différemment. «On n'est plus dans des problèmes de chômage, mais de main-d'oeuvre», constate celui qui a fait allusion au Salon de l'emploi Trois-Rivières-Bécancour.

Questionné sur les médias régionaux, le premier ministre du Québec a plaidé pour le maintien de l'information locale et régionale. Sauf que selon lui, l'intervention directe de l'État représente un enjeu «très délicat» par rapport à la perception d'indépendance. «Ce n'est pas une question anodine», a-t-il lancé. 

Pour lui, le problème fondamental se situe au niveau de l'effritement inéluctable du médium papier. D'où l'annonce, dans le dernier budget provincial, d'une enveloppe de soutien au virage numérique de 24 millions de dollars sur cinq ans visant à financer deux programmes, soit un pour les médias communautaires et d'économie sociale, et l'autre pour les médias imprimés et numériques. Et il n'a pas voulu commenter outre mesure la vente des hebdos par Transcontinental. «Ce n'est pas une bonne nouvelle», a-t-il simplement déclaré.

Quant à la légalisation du cannabis, ce dernier trouve que c'est «globalement une bonne idée» et il ne veut pas en faire une question morale. Par contre, il ne peut pas nier le fardeau qui retombe sur les provinces. En ce qui concerne la crise du bois d'oeuvre, «on sera présent pour soutenir les travailleurs», a-t-il promis.

Vendredi, Philippe Couillard complétait sa tournée par une visite du Technocentre, au Parc Micro Sciences, à Trois-Rivières, et un saut à l'entreprise Omnifab, de Louiseville. Samedi, il participera à un colloque régional qui vise à identifier les priorités de la Mauricie en vue de la prochaine campagne électorale.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer