Le «jackpot» pour le promoteur immobilier Gantcheff, dit Legault

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Le chef caquiste François Legault

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) Le promoteur immobilier George Gantcheff n'a pas seulement obtenu des conditions particulièrement avantageuses pour acheter des édifices publics, mais aussi des contrats pour leur entretien, soutient le chef caquiste François Legault.

Le dossier de la fraude alléguée à la Société immobilière du Québec (SIQ) recèle de nouveaux volets, a soutenu le chef caquiste, mercredi. Outre des baux très avantageux pour des immeubles qu'il a acquis de la SIQ, le promoteur Gantcheff a aussi obtenu des contrats de gré à gré afin que ses propres entreprises en fassent l'entretien, a-t-il dit.

«Vous rendez-vous compte du scandale, là? a lancé le chef caquiste en Chambre. Un, le gouvernement libéral vend des immeubles à rabais à George Gantcheff. Deux, il signe des loyers avec le gouvernement au-dessus du prix du marché. Troisièmement, il fait l'entretien sur ses bâtisses payé par nous autres. C'est la trifecta! C'est le jackpot!»

Selon l'émission Enquête, de Radio-Canada, des stratagèmes de prolongations de baux et la vente d'immeubles de la SIQ auraient permis à quatre proches du Parti libéral du Québec de se partager plus de 2 millions $. M. Gantcheff a acheté deux des édifices en question.

Mardi, la CAQ s'est inquiété des autres baux que le gouvernement a toujours avec le promoteur immobilier. Selon son chef, François Legault, il y a encore 21 baux liés aux propriétés de M. Gantcheff qui coûtent aux Québécois 26 millions $ par année. Dans l'un des cas, le 500 René-Lévesque, à Montréal, le loyer payé est 12% au-dessus des prix du marché, a-t-il affirmé.

La Vérificatrice générale révisera l'ensemble des transactions de la SIQ entre 2003 et 2012 et une firme comptable se penchera sur les baux toujours actifs du Québec avec le promoteur George Gantcheff, a annoncé mercredi le ministre des Finances, Carlos Leitao.

«Ça m'ébranle qu'on puisse avoir commis de telles fraudes», a déclaré le ministre à l'entrée du caucus libéral, mercredi.

La VG sera donc mandatée pour évaluer tous les ventes ou achats réalisés par la SIQ pour voir si d'autres irrégularités peuvent être dénichées. Elle devra par contre se concerter avec les forces policières avant de publier son rapport pour éviter de nuire aux enquêtes en cours, a dit M. Leitao.

M. Leitao a aussi annoncé que l'ensemble des quelque 960 baux du gouvernement du Québec seront examinés par la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Le ministre Leitao reconnaît ne pas savoir quelles sont les options s'il s'avère que des baux ont effectivement offerts des avantages démesurés aux propriétaires. «C'est ce qui va être examiné, a dit M. Leitao. Qu'est-ce qu'on peut faire? Est-ce qu'il y a quelque chose de bien ou pas bien (qui a été fait)? C'est la première chose. Et s'il y a un bail qui ne correspond pas aux critères, qu'est-ce qu'on peut faire?»

Le gouvernement va mandater le VG pour examiner les transactions de la SIQ

Le gouvernement est d'accord pour mandater le bureau du vérificateur général afin d'examiner les transactions de la Société immobilière du Québec (SIQ).

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a annoncé que les libéraux appuieront une suggestion de l'opposition de confier un mandat à l'équipe de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

Dans un point de presse, mercredi, M. Leitão a déclaré que le gouvernement voit cette initiative d'un bon oeil. Le ministre a expliqué que le gouvernement demandera formellement à Mme Leclerc de se saisir du dossier, à la suite d'allégations de fraude immobilière.

Un reportage a récemment indiqué que le président-directeur général de la SIQ ainsi que trois collecteurs de fonds libéraux se seraient partagé près de 2 millions $ dans le cadre de prolongations de baux et de ventes d'immeubles.

La SIQ a été intégrée à la Société québécoise des infrastructures (SQI) en 2013, après les faits allégués, qui seraient survenus en 2004 et 2007. Selon M. Leitão, les transactions inclues durant la période de 2003-2012 seront visées par la demande de vérification.

Par ailleurs, M. Leitão a confirmé que les baux conclus par la SQI, en vigueur actuellement, seront l'objet d'une vérification comptable.

«Ça m'ébranle qu'on puisse avoir commis de telles fraudes», a-t-il dit.

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