Serge Fontaine: «J'ai tenu tête à Lévesque»

L'ancien député de l'Union nationale dans Nicolet-Yamaska, Serge... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'ancien député de l'Union nationale dans Nicolet-Yamaska, Serge Fontaine, garde de bons souvenirs de son élection du 15 novembre 1976.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(La Visitation-de-Yasmaka) Le 15 novembre 1976, Serge Fontaine était élu comme député de Nicolet-Yamaska sous la bannière de l'Union nationale alors que la province venait de basculer du côté du Parti québécois.

D'ailleurs invité par le vétéran péquiste François Gendron à célébrer mardi ce 40e anniversaire aux côtés des parlementaires de cette cuvée historique, l'homme de 69 ans dit conserver de bons souvenirs de son unique mandat à titre d'élu provincial.

C'est un ancien député de l'Union nationale, Clément Vincent, qui avait incité cet avocat de pratique privée de Victoriaville à se lancer en politique.

«J'ai été élevé dans une famille unioniste. J'avais travaillé quelques années pour l'Union nationale. Clément Vincent m'avait engagé comme étudiant pour faire de la politique durant l'été, je rencontrais les organisations, j'essayais de promouvoir l'Union nationale, qui a toujours été un parti nationaliste, qui défendait les intérêts du Québec avec acharnement», explique-t-il pour justifier ce choix «naturel» comme parti à représenter.

Il y a 40 ans, celui qui résidait alors à Sainte-Perpétue aura ainsi battu le député libéral sortant, Benjamin Faucher, se retrouvant parmi une délégation de 11 députés de l'Union nationale, sous le leadership de Rodrigue Biron.

«J'étais nouveau en politique, je n'en connaissais pas beaucoup les rudiments. C'était une victoire de mon organisation. C'est le petit homme au petit prix, Gérard Grenier, qui était mon organisateur. Et c'était aussi une victoire du parti. J'ai dû apprendre comment ça se déroulait à l'Assemblée nationale», se plaît-il à raconter.

Celui-ci aura été un témoin privilégié d'un nouveau gouvernement constitué «de bons députés, de bons ministres et de personnages très importants» qui avait l'intention, dit-il, de présenter de nombreux projets de loi.

«On a eu une période de cinq ans très mouvementée. J'ai appris vite. À la fin, j'étais même leader de mon parti. J'ai côtoyé Gérard D. Lévesque et Claude Charron», souligne M. Fontaine.

Évidemment, de l'autre côté de la chambre, il y avait un certain René Lévesque. «C'était un personnage impressionnant, quelqu'un qu'on admirait même si on n'était pas du même parti. On le voyait aller. On savait très bien qu'il faisait des choses importantes», confie-t-il.

Ce qui ne l'a pas empêché de lui tenir tête un jour. «Avant les Fêtes, il voulait absolument passer un projet de loi qui modifiait le fonds de pension des juges. Ça prenait l'unanimité parce qu'il était hors délai. Mon chef était prêt à donner son consentement, mais moi, je n'étais pas d'accord. M. Lévesque est venu me voir personnellement pour presque me supplier. Je n'ai pas voulu accepter. Tout de suite après les Fêtes, il a été obligé de reconvoquer le parlement pour cette loi-là», partage-t-il comme anecdote.

Ce dernier dit avoir aimé faire de la politique. «J'ai aimé beaucoup l'Assemblée nationale, je participais beaucoup aux débats. Je préfère être député dans l'opposition que simple député sur les banquettes arrières du gouvernement parce qu'on a des contacts plus directs avec les ministres. C'est nous qui posons les questions en chambre. On a souvent affaire à communiquer avec le ministre, on a l'opportunité de lui demander des choses, on négocie des choses avec le gouvernement à ce moment-là», décrit M. Fontaine. 

En 1981, il aura perdu aux mains de Yves Beaumier, du Parti québécois. «Les libéraux sont venus chercher le maire de Sainte-Perpétue, il s'est présenté contre moi, cela a divisé le vote, c'est un péquiste qui a passé entre les deux. C'est un peu de la faute des libéraux si je n'ai pas été là plus longtemps», soutient-il.

Malgré son court passage, celui qui fut élu à l'âge de 29 ans est particulièrement fier d'avoir travaillé «très fort» pour la reconstruction du Séminaire de Nicolet, qui avait été la proie des flammes. Quarante ans plus tard, l'École de police «fait la fierté du Québec».

«Je fus l'organisateur en chef de Donald Martel en 2012 et en 2014, j'étais dans l'organisation. Je suis encore impliqué avec la CAQ, je suis encore membre de l'exécutif de comté et je reviens d'ailleurs du congrès», a conclu le résident de La Visitation-de-Yamaska.

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