Yvon Picotte est le seul libéral à avoir survécu à la vague péquiste

Yvon Picotte... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yvon Picotte

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) «Je n'avais pas gagé sur la réélection. J'ai passé, avec une majorité réduite, parce que j'étais présent sur le terrain et aussi parce que j'avais une bonne organisation.»

La Mauricie a été presque balayée par la vague péquiste à l'élection du 15 novembre 1976. Yvon Picotte a été le seul survivant libéral face à l'effervescence suscitée par le parti de René Lévesque. Et il avait vu venir la tempête.

M. Picotte a trois ans d'expérience comme député de Maskinongé lorsque l'élection de 1976 est déclenchée. Il avait renversé Rémi Paul, un pilier de l'Union nationale, par une majorité de 5276 votes au scrutin de 1973. Sa majorité fond à 403 en 1976 face au candidat péquiste Jacques Charette.

«On a fini avec 26 députés. Dans les régions du Québec, sur la rive nord du Saint-Laurent, on était trois: Raymond Mailloux dans Charlevoix, Michel Pagé dans Portneuf et moi. Tout ça après une victoire historique en 1973 quand on avait fait élire 102 députés sur 110 sièges. C'est pas des farces!

Mais quand une démocratie ne s'exerce pas par une bataille au parlement, elle s'exerce dans la rue. Et comme la population trouvait que l'opposition était trop faible, il y a eu des manifestations avec l'histoire de la langue. On disait aussi que c'était l'establishment du Parti libéral qui menait. Et il y avait de la grogne chez les députés libéraux. Robert Bourassa avait 102 députés à contenter. C'est une grosse job.»

Yvon Picotte savait que la victoire serait difficile à aller chercher en 1976. Des conflits dans les milieux agricole et forestier alimentaient la révolte dans ces sphères d'activités, alors que la région de Montréal était fortement préoccupée par la situation de la langue française. 

«Tout candidat qui faisait du terrain le savait. Sur la grande rue, quand tu vois une personne arriver et changer de trottoir... Tu sentais que les gens ne voulaient pas te voir, car ils étaient tannés du gouvernement. Pourtant, il y avait une prospérité économique, les gens travaillaient. Mais il y avait cet élan nationaliste. Robert Bourassa avait fait tout ce qu'il fallait pour aller chercher cet élan avec la première loi pour protéger le français, la loi 22. Mais les gens trouvaient que ça n'allait pas assez loin. Les députés du PQ étaient de bons tribuns et René Lévesque était proche du peuple.»

La campagne électorale n'a pas été de tout repos pour les représentants d'un parti fédéraliste durant une période où l'idée de la souveraineté du Québec gagne en popularité. Yvon Picotte se souvient qu'en visitant des restaurants, il était courant qu'un client insère une pièce de 25 cents dans le juke-box installé à sa table pour faire jouer Québécois, une pièce du groupe La Révolution française qui est un classique du répertoire de musique indépendantiste.

Le jour du vote a aussi été pénible. Yvon Picotte raconte qu'il lui était difficile de serrer les mains des électeurs aux bureaux de scrutin malgré une loi encadrant l'exercice.

«C'était émotif en 1976. On était obligé de se chicaner avec le responsable du bureau de vote pour entrer même si on avait le droit. On avait de la misère à entrer tant on était mal vu. J'avais une bonne organisation dans les paroisses et des gens m'ont dit par la suite: ''Il fallait t'aimer en maudit pour te défendre et défendre ton parti.''»

Les lendemains de la défaite ont été difficiles, alors que le PLQ quittait le pouvoir pour se retrouver avec une équipe réduite. Cela a donné la chance à Yvon Picotte de prendre du galon au sein du parti.

«Avec une défaite cuisante, ça appelle à la prudence. Mais j'ai joué un rôle plus important. J'ai appris beaucoup dans l'opposition. J'ai pris le dossier de l'agriculture. J'ai fait le tour du Québec pour rencontrer les agriculteurs. À force d'aller voir le monde, les gens me donnaient des informations et je posais en chambre des questions selon ce que les agriculteurs pensaient.»

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