40e anniversaire de l'arrivée du PQ au pouvoir

Vaugeois ne croyait pas à une victoire péquiste

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Cette photo tirée des archives de Denis Vaugeois le montre le soir du 15 novembre 1976, acclamé par ses sympathisants.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'euphorie d'une victoire inattendue d'un gouvernement péquiste. C'est ce qu'a vécue Denis Vaugeois le soir du 15 novembre 1976, car il ne croyait pas que le PQ réussirait à prendre le pouvoir.

M. Vaugeois n'était même pas membre du Parti québécois lorsqu'il a pris la décision de se lancer en politique. Une carte de membre en poche et une investiture remportée sans opposition à environ trois semaines du scrutin, celui qui a grandi dans le quartier Saint-Philippe et qui allait devenir ministre sous René Lévesque à partir de 1978 s'est lancé à fond dans une campagne axée sur les assemblées de quartiers et le porte-à-porte.

«J'étais réaliste. Je ne pensais pas que le Parti québécois était pour être élu. On avait six députés. Et je suis de ceux qui pensent que René Lévesque n'y croyait pas non plus même si on avait des sondages internes qui disaient qu'on avait des chances. Ça aurait été excessif de penser que la victoire était à portée de main.»

Si M. Vaugeois trouve illusoire de croire à l'arrivée d'un gouvernement péquiste, il a confiance en ses chances de remporter la circonscription de Trois-Rivières détenue par le libéral Guy Bacon. Et ce, même si Trois-Rivières n'est pas reconnue pour ses tendances indépendantistes.

«Je savais que Trois-Rivières avait un vieux fond d'Union nationale, les libéraux étaient en perte de popularité et le Parti québécois, qui avait été humilié en 1970 et en 1973, ne pouvait qu'avoir gagné du terrain. Pour moi, c'était possible. Je misais sur une lutte à trois. J'étais candidat pour gagner.»

À mesure que la campagne avance, Denis Vaugeois voit que la victoire est à portée de main. La réaction des gens est positive lorsqu'il les rencontre, les échanges se font dans un contexte chaleureux.

Le jour de l'élection, le doute réussit quand même à s'installer. Les résultats du vote sont connus dans de nombreuses circonscriptions du Québec, les candidats péquistes gagnants s'accumulent, mais les résultats dans Trois-Rivières tardent à être divulgués. L'attente en vaut la peine: Denis Vaugeois gagne le comté avec une confortable majorité de 3182 votes.

«Il y a plusieurs facteurs qui expliquent la victoire, dont la décision de Robert Bourassa d'adopter la loi 22. Par ses gestes, il avait divisé le vote anglophone. Des députés anglophones avaient quitté le Parti libéral. Et l'Union nationale a rebondi», analyse M. Vaugeois.

Questionné à savoir si le résultat de l'élection est une victoire du Parti québécois ou plutôt une défaite du Parti libéral, Denis Vaugeois opte pour le deuxième choix. Mais ce constat n'a nullement altéré l'allure de la fête qui a suivi la soirée.

«Je n'ai jamais vécu un moment d'euphorie comme ça. On avait réservé le club Laviolette, l'endroit débordait de partout. Dans les jours qui ont suivi, j'entrais dans les restaurants, les gens se levaient et applaudissaient, les plus belles filles me sautaient au cou. Les gens étaient heureux, comme si tout le monde avait voté pour moi. Même des libéraux me disaient qu'ils étaient contents.»

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