Lisée dénonce les propos de Couillard

Jean-François Lisée a formulé le voeu que le premier... (Photo Paul Chiasson, archives La Presse canadienne)

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Jean-François Lisée a formulé le voeu que le premier ministre adopte un ton plus posé et accepte le débat démocratique entre des gens élus à l'Assemblée nationale pour trouver des solutions à divers défis.

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La Presse Canadienne

Philippe Couillard devrait être plus tolérant envers ceux qui ne partagent pas ses idées, a rétorqué le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, après que le premier ministre l'eut accusé de prôner un «nationalisme d'assiégés et de peureux». En tenant de tels propos, M. Couillard nuit à sa propre crédibilité, juge le chef nouvellement élu.

Ces paroles sont préoccupantes pour le débat démocratique, a déclaré M. Lisée lors d'une mêlée de presse à Montréal, mardi après-midi.

«Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec lui qu'on est membre de partis populistes européens», a-t-il poursuivi d'un ton calme.

Cela nuit à sa propre crédibilité, a ajouté M. Lisée, avant de qualifier le ton du premier ministre d'«arrogant».

M. Lisée avance que ses positions qui ont mené aux commentaires de M. Couillard sont tout à fait raisonnables. Il suggère d'abord que les seuils d'immigration soient déterminés par le vérificateur général. Ce faisant, le processus serait dépolitisé, estime-t-il.

De plus, il est d'avis que tous les néo-Québécois devraient maîtriser le français, avant ou après leur arrivée au pays.

Finalement, il estime que le Québec doit avoir une discussion - à l'instar de plusieurs démocraties en Europe, a-t-il souligné - sur le port du voile intégral dans l'espace public.

M. Couillard avait soutenu, quelques heures à peine après l'élection du chef du PQ, que ces positions étaient proches de celles soutenues par des partis d'extrême droite en Europe et qu'un Québec sous la gouverne de M. Lisée serait replié sur lui-même. Le PQ serait alors un parti d'exclusion et de fermeture, selon lui.

Mardi, M. Lisée a dit formuler le voeu que le premier ministre adopte un ton plus posé et accepte le débat démocratique entre les gens élus à l'Assemblée nationale pour trouver des solutions à divers défis.

«Je trouve que c'est préoccupant que le premier ministre du Québec, qui a une fonction qui doit être exemplaire, qu'il ne donne pas l'exemple de la tenue d'un débat démocratique respectueux des positions des uns et des autres.»

Car ce n'est pas uniquement à lui qu'il parle, «mais à l'immense majorité des Québécois qui trouvent que ces questions devraient être discutées, sans être accusés d'être d'extrême droite».

L'équipe péquiste

Le chef du PQ a ajouté être pour l'instant complètement concentré sur la formation de son équipe.

Il semble vouloir adopter un ton rassembleur pour unifier la famille péquiste, au lendemain d'une course à la chefferie qui a mis en lumière des différences de positions.

Il dit avoir parlé mardi au chef intérimaire, Sylvain Gaudreault, et à chacun des candidats à la chefferie. Il rencontre les députés un par un, et ceux-ci voient le processus comme un nouveau départ, a-t-il ajouté.

M. Lisée dit n'avoir «aucune inquiétude» quant à rallier à lui les 14 députés qui avaient plutôt soutenu le candidat Alexandre Cloutier.

Il a d'ailleurs souligné que les autres candidats avaient tous mis de l'avant de bonnes idées.

«Un de mes défis, c'est de faire la synthèse entre les bonnes idées, que chacun se reconnaisse dans notre programme commun.»

Il a cité en exemple la question de la laïcité. Lors de la campagne, M. Cloutier avait misé sur un discours d'ouverture en s'engageant à n'interdire les signes religieux qu'aux fonctionnaires en position d'autorité comme les juges et les policiers. M. Lisée a également fait cette proposition, en ajoutant qu'une préférence non contraignante serait formulée également dans la fonction publique et en se montrant ouvert à discuter de la possibilité d'interdire la burqa dans les lieux publics.

«Comme candidat, j'ai fait des propositions et évidemment, j'y tiens. Mais maintenant, je suis chef du Parti québécois et donc il faut que je trouve un point d'équilibre entre mes propositions et celles d'Alexandre (Cloutier), par exemple.»

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