Jean-François Lisée est élu chef du PQ

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Jean-François Lisée a remporté la course à la chefferie.

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La Presse Canadienne
Lévis

Jean-François Lisée a été élu chef du Parti québécois (PQ), vendredi, au terme d'une campagne où il a effectué une spectaculaire remontée contre le favori Alexandre Cloutier.

Deux tours ont été nécessaires pour déterminer le gagnant de la course à la succession de Pierre Karl Péladeau. M. Lisée a obtenu 50,63 % des suffrages exprimés par les militants lors du scrutin préférentiel, tandis que M. Cloutier a reçu 31,7 % des votes.

M. Lisée, âgé de 58 ans, a été le conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau, notamment durant la campagne référendaire de 1995, et Lucien Bouchard.

Député de la circonscription de Rosemont depuis 2012, M. Lisée, qui a été journaliste, était ministre des Relations internationales dans le dernier gouvernement péquiste.

Dans un discours devant les militants réunis au Centre des congrès de Lévis, M. Lisée, qui devient le neuvième chef de PQ, a affirmé que la formation politique sortait revigorée de cette course.

«On ne pouvait pas demander meilleure répétition générale pour préparer la prochaine victoire: celle des élections d'octobre 2018, a-t-il dit. Imaginez un instant l'énergie des organisations de Paul, d'Alexandre, de Martine et de ma campagne, combinée vers un objectif commun. Les jours du gouvernement Couillard sont comptés.»

M. Lisée a rendu hommage à ses collègues candidats, répétant à M. Cloutier que son offre de le choisir pour ministre de l'Éducation tient toujours.

De Mme Ouellet, qui a fini avec 17,6 % au deuxième tour, il a souligné la détermination et la fougue, qui «ne cessent de nous émerveiller».

«Tu n'es pas, Martine, une force tranquille, mais tu es une force, encore plus aujourd'hui qu'il y a six mois ou un an», a-t-il dit.

M. Lisée s'est également adressé aux électeurs libéraux, à qui il a tendu la main, en les assurant qu'il n'y a «pas de honte à avoir honte d'un gouvernement honteux».

«Des gouvernements libéraux, il y en a eu des exceptionnels, comme celui de Jean Lesage, a-t-il dit. Il y en a eu des moyens. Mais des mauvais comme celui qui gouverne en ce moment, on n'a jamais vécu ça de notre vivant.»

Pierre Karl Péladeau, qui a démissionné en mai pour raisons familiales, avait été élu chef du PQ au premier tour avec 57,6 %, en mai 2015.

En 1985, Pierre Marc Johnson a succédé à René Lévesque en recevant l'appui de 59 % des militants. Vingt ans plus tard, André Boisclair a été nommé chef avec 54 % des suffrages.

Le taux de participation a été de 75,09 %, comparativement à 72,9 % l'an dernier, en mai 2015, quand M. Péladeau a été élu.

M. Lisée avait retiré sa candidature, l'an dernier, devant le peu de chances de faire bonne figure face à M. Péladeau, qu'il avait qualifié de «bombe à retardement» en raison des risques de conflits d'intérêts avec son conglomérat Québecor.

Cette année, M. Lisée a lancé sa campagne en promettant «un ostie de bon gouvernement», après l'élection de 2018, et en reportant toute possibilité de référendum au mandat de 2022.

Les premiers sondages plaçaient M. Cloutier en avance, mais M. Lisée a réussi à effectuer une importante remontée. À la mi-septembre, deux enquêtes d'opinion le montraient au coude à coude avec M. Cloutier, qui a reconnu que l'écart s'était resserré.

M. Lisée a réussi à marquer des points contre son adversaire avec un style désinvolte qui ne l'a pas empêché d'asséner de solides coups stratégiques à son rival.

M. Cloutier, qui avait choisi le rythme prudent du meneur, a été forcé d'accepter de participer à tous les débats des candidats, après avoir échappé, en marge d'un caucus péquiste à Gatineau, que ses adversaires avaient peur de perdre.

M. Lisée a profité du débat de Sherbrooke pour s'imposer, avec un «heille» bien senti, en réponse à une attaque de M. Cloutier qui lui reprochait d'avoir déjà envisagé une privatisation partielle d'Hydro-Québec.

À Drummondville, une attaque de M. Cloutier contre M. Lisée, sur le thème de la laïcité, s'est retournée contre lui. Le candidat, qui accusait son rival de vouloir susciter la division avec «une charte 3.0», a dû admettre qu'il adoptait une position édulcorée comparativement à ce qu'il promettait durant la course contre M. Péladeau.

Le retrait de Véronique Hivon, pour raisons de santé, a changé la donne au profit de M. Lisée, qui a récupéré dans son équipe quatre des cinq députés qui appuyaient la candidate, contre un seul pour le camp Cloutier.

Les thèmes de la laïcité et de l'immigration ont occupé une grande place dans la course quand, en réponse à une attaque du camp Cloutier, Jean-François Lisée a associé la campagne de son adversaire au prédicateur controversé Adil Charkaoui.

Devant les menaces dont il était la cible sur les réseaux sociaux, M. Cloutier a demandé la protection de la police.

M. Lisée, qui a dû retirer ses propos, a affirmé que cet épisode lui avait permis de montrer son côté «bagarreur».

En fin de campagne cette semaine, M. Lisée minimisait l'impact de cet épisode sur sa progression, un avis qui n'était pas partagé par M. Cloutier, qui a misé sur un discours d'ouverture en s'engageant à n'interdire les signes religieux qu'aux fonctionnaires en position d'autorité comme les juges et les policiers.

M. Lisée a également fait cette proposition, en ajoutant qu'une préférence non contraignante serait formulée également dans la fonction publique et en se montrant ouvert à discuter de la possibilité d'interdire la burqa dans les lieux publics.

Les échanges musclés dans la campagne ont créé l'impression que la réconciliation pourrait être plus difficile que l'an dernier, où la position de meneur incontesté de M. Péladeau avait eu pour effet de contenir les attaques.

Martine Ouellet a notamment eu des mots très durs contre son parti, au moment de la rentrée parlementaire, quand une publicité a été diffusée sans qu'elle y apparaisse.

Mme Ouellet, qui a promis un référendum dans un premier mandat, a insisté sur le fait que les «bonnes idées» énoncées durant la course ne doivent pas être oubliées au moment du prochain congrès du PQ l'an prochain.

L'ancienne première ministre Pauline Marois, présente à la soirée électorale, a lancé un appel au ralliement, à quelques heures de l'élection du nouveau chef du Parti québécois.

«Je ne crains pas pour la suite des choses et le message que j'envoie aux militants et à ceux qui ont été dans la course: c'est le temps du ralliement, peu importe qui sera la personne qui prendra les destinées du Parti québécois, il faut qu'on se rallie», a-t-elle dit dans un bref point de presse.

Les militants ont voté par téléphone et Internet, de mercredi à vendredi.

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