Le premier ministre annonce un groupe de travail sur les pitbulls

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Tout porte à croire qu'une Montréalaise de 55 ans a été tuée par un chien du voisinage, en début de soirée mercredi, dans une cour arrière d'un secteur résidentiel de Pointe-aux-Trembles.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

Contredisant son ministre de la Sécurité publique, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé jeudi qu'il formera un groupe de travail pour déterminer ce qui doit être fait au sujet des chiens pitbulls.

Au lendemain de l'horrible décès d'une Montréalaise qui a été attaquée par un pitbull, M. Couillard a déclaré que le gouvernement québécois a un rôle à jouer.

«On s'attend à ce que les municipalités puissent le faire parce que ce sont elles qui sont les plus proches des citoyens et constatent les enjeux et sont capables de les contrôler de façon beaucoup plus efficace», a expliqué M. Couillard.

«Mais je ne pense pas que l'État du Québec puisse complètement se décharger de ses responsabilités sur les municipalités», a-t-il ajouté.

Pourtant, en matinée, le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, avait affirmé que cette responsabilité d'interdire ou pas ce type de chien ne relève pas de Québec, mais plutôt des municipalités. Tout au plus disait-il qu'une «réflexion devait avoir lieu».

Interrogé par les journalistes, M. Coiteux avait martelé que les villes ont la capacité d'agir.

«Ce n'est pas en vertu des lois provinciales qu'on agit en la matière, avait-il ajouté. Aujourd'hui, c'est une responsabilité municipale.»

L'Ontario a pourtant adopté en 2005 une loi pour bannir cette race de chien.

Peu de temps après, M. Couillard a rectifié le tir alors qu'il présentait le bilan de son gouvernement, jeudi après-midi.

«On va former un groupe de travail avec tous les gens concernés, bien sûr avec le milieu municipal», a-t-il dit.

Il est envisageable d'imiter l'Ontario, a-t-il convenu. «On a le pouvoir de le faire», a-t-il dit, ajoutant aussitôt vouloir «essayer d'éviter ce genre d'action mur à mur».

«C'est horrible ce qu'on a vu là. Là, on parle de lois et de règlements, puis de façons de s'occuper de telles races de chiens, mais regardez ce qui est arrivé à cette dame. C'est épouvantable. Moi c'est vraiment quelque chose qui est venu me chercher profondément, alors on va traiter ça sérieusement», a fait valoir M. Couillard.

Perception forte

Le porte-parole du Parti Québécois en matière d'affaires municipales, Martin Ouellet, estime que le gouvernement du Québec doit agir.

«Le drame d'hier a laissé une perception forte dans l'opinion publique quant au réel danger de ce type d'animal dans les communautés. Aujourd'hui, le gouvernement ne peut se défiler et renvoyer la balle dans le camp des municipalités. La mort de cette dame est une mort de trop», a déclaré M. Ouellet dans un communiqué.

Pour la députée caquiste Sylvie D'Amours, l'annonce du groupe de travail est insuffisante car le temps de la réflexion est fini, juge-t-elle.

«Moi, je pense qu'on est rendu au temps de légiférer. Ça fait longtemps qu'on en parle. Ça a pris un décès pour qu'on commence à se réveiller. Ça fait plus d'un an que j'en parle au ministre, et (mercredi) il est arrivé un grave accident, il y a mort de personne, et on est encore en train de dire: ''On va discuter''», a-t-elle déploré.

De son côté, le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) approuve la formation d'un groupe de travail.

«Si on veut de la cohérence entre les villes et Québec, il faut s'asseoir à la même table. Il faut traiter de cet enjeu-là ensemble», dit Bernard Sévigny.

Il ne souhaite pas forcément une solution provinciale et uniforme pour toutes les municipalités, précise-t-il, se disant ouvert à examiner diverses options. Il juge par contre important de recenser ce que les différentes villes du Québec font à ce sujet et d'examiner comment a fonctionné l'interdiction des pitbulls en Ontario.

Mercredi, une femme de 55 ans a été retrouvée morte dans une cour résidentielle dans l'arrondissement montréalais de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

Son voisin l'a vue couverte de sang, en train de se faire attaquer par un pitbull.

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