«C'est difficile la vie politique»

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Pierre Karl Péladeau a rencontré les journalistes à Montréal, lundi.

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même s'ils doivent encaisser l'annonce du départ de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois, tant l'ancienne députée péquiste Noëlla Champagne que l'actuel député bloquiste Louis Plamondon envisagent déjà le futur.

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«Peut-être pourrait-on s'entendre pour désigner quelqu'un qui ferait l'unanimité» - Noëlla Champagne.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«Je l'appuie encore. Il était mon premier choix»... (Andréanne Lemire, Le Nouvelliste) - image 1.1

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«Je l'appuie encore. Il était mon premier choix» - Guy Julien.

Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

Et si celui-ci voit dans Jean-Martin Aussant un candidat qui «rallierait tout le monde», la vice-présidente de l'exécutif du PQ dans Champlain croit que le chef fondateur d'Option nationale devra toutefois se poser des questions au préalable.

«Il a deux petits enfants, il a quitté la politique. Le poste est ouvert et il peut sauter dedans. Sa compagne est solide. Mais c'est un impatient et quand ça ne fait pas son affaire, il lève les feutres», fait remarquer Mme Champagne, qui dit ne pas chercher un sauveur.

Pour sa part, le vétéran souverainiste à la Chambre des communes, Louis Plamondon dit s'attendre à ce que l'ancien député de Nicolet-Yamaska soit sollicité par «bien des gens» par rapport à la convergence des forces indépendantistes.

«Il est jeune et il a un passé d'homme d'idée, de courage, de principe. C'est un candidat qu'il ne faut pas négliger et qui serait le favori de plusieurs», a commenté M. Plamondon.

Ce qui ne l'empêche pas d'imaginer un Gilles Duceppe «en face de Couillard». Car selon lui, la vie dans l'opposition, c'est ce qu'il y a de plus difficile.

«Tous les chefs ont souffert d'être dans l'opposition. Le seul qui avait une capacité illimitée, c'est Gilles Duceppe, ayant passé sa carrière politique dans l'opposition», s'est-il plu à signaler.

Mais tant Mme Champagne que M. Plamondon évoquent les possibles candidatures de Bernard Drainville, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier.

«Comme militante, j'aurai des questions à poser à ceux qui se présenteront. Jean-Martin pourrait être un candidat potentiel. Est-ce que les trois autres vont avoir le goût? Bernard a abandonné en cours de route. C'est difficile la vie politique, quand tu es maman et papa, tu as des choix à faire, ça prend un parfait équilibre qui n'a pas encore été inventé malheureusement», a-t-elle confié.

En ce sens, l'ex-députée péquiste dit comprendre la décision de Pierre Karl Péladeau de choisir sa famille. «Tu vois la déchirure que vit cet homme-là. On a vu la passion qu'il avait pour le PQ, la prochaine élection, les projets qu'il y avait sur la table. Les militants vont être sympathiques, mais peinés», croit-elle.

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«On a devant nous la plus grande démonstration que la vie politique, ce n'est pas quelque chose de facile» - Louis Plamondon.

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Jean-Martin Aussant est un candidat qui «rallierait tout... (Archives, Le Nouvelliste) - image 2.1

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Jean-Martin Aussant est un candidat qui «rallierait tout le monde», selon Louis Plamondon.

Archives, Le Nouvelliste

Surprise, déception, compréhension: voilà les trois mots qui sont venus à l'esprit du député fédéral de Bécancour-Nicolet-Saurel. 

«On a devant nous la plus grande démonstration que la vie politique, ce n'est pas quelque chose de facile. On ne peut pas s'imaginer à quel point ça peut être accaparant, sept jours par semaine, à l'année longue. On est continuellement sollicité et critiqué», a-t-il témoigné.

Pour ce dernier, Péladeau incarnait la réussite personnelle financièrement et «c'était le premier grand homme d'affaires qui carrément se positionnait pour la souveraineté et qui disait qu'elle pouvait être rentable économiquement pour le Québec».

«Il amenait toute la crédibilité économique. C'est son héritage, ça reste. Ce fut le premier chef du PQ à travailler fort pour la convergence des forces indépendantistes. Mais après le départ, il faut regarder à l'avant. Les hommes passent, mais les idées demeurent», fait-il remarquer.

Militant de la première heure au PQ et ancien ministre, Guy Julien avoue qu'il est très surpris et déçu de l'annonce du retrait de la vie politique de Pierre Karl Péladeau. Lors de la course à la direction, il s'était rallié derrière lui, à l'instar de plusieurs anciens ténors du parti.

«Je l'appuie encore. Il était mon premier choix», soutient Guy Julien. «C'est sûr que ça me déçoit. Il était très impliqué au niveau économique et au niveau personnel, il finance plusieurs choses. Il est impliqué au niveau social.»

Guy Julien comprend toutefois les raisons évoquées par l'ancien chef du PQ pour justifier son départ. Il ne croit pas par ailleurs que cette décision est causée par des luttes intestines. 

«La politique c'est très difficile pour la vie familiale. Ce n'est pas facile. On est toujours pris, c'est sept jours sur sept. Tu te promènes toujours et tu n'es jamais là», précise l'ancien ministre. «Je comprends ça, surtout qu'il a eu une vie difficile comme enfant.» 

En ce qui concerne la succession de Pierre Karl Péladeau, Guy Julien estime que Jean-Martin Aussant est un bon candidat. Il ne connaît toutefois pas suffisamment les autres éventuels postulants pour se prononcer davantage.

Pour la suite des choses, Noëlla Champagne préconise une course la moins contraignante possible. «Peut-être pourrait-on s'entendre pour désigner quelqu'un qui ferait l'unanimité, histoire d'éviter une course à la chefferie qui coûte un bras», avance-t-elle comme scénario.

Yves Lévesque... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 3.0

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Yves Lévesque

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Yves Lévesque surpris

Même si le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque s'est avoué surpris de la décision prise par Pierre Karl Péladeau de quitter définitivement la politique, il dit comprendre les motivations de l'homme.

«Le travail politique est très difficile et parfois très ingrat. Il y a des avantages et des désavantages, mais la question de la famille nous rattrape tout le temps. Au final, quand on revient à la maison le soir, ceux qui comptent ce sont les membres de notre famille», signale M. Lévesque, lui-même père de quatre enfants.

M. Lévesque n'avait pas vraiment eu de contact avec M. Péladeau depuis sa nomination à la tête du Parti québécois, mais n'a pas manqué de saluer sa décision qu'il dit respecter. «Je comprends très bien, ce n'est pas évident», a-t-il ajouté.

Avec Paule Vermot-Desroches et Gabriel Delisle

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