Le député Guy Ouellette traité de «mononcle» pour des propos jugés sexistes

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Le député libéral Guy Ouellette.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Des députées de l'opposition et des groupes de femmes demandent au député Guy Ouellette, qualifié de «mononcle», de retirer les propos jugés sexistes prononcés jeudi à l'endroit de la députée de Crémazie, Marie Montpetit.

Députée libérale, Mme Montpetit faisait partie des élus appelés à intervenir lors de l'étude des crédits du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, jeudi après-midi, au Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Au moment de lui donner la parole, le président de séance, M. Ouellette, député libéral de Chomedey, a déclaré: «Monsieur le premier ministre, on avait besoin d'une touche féminine pour la première partie des crédits. Mme la députée de Crémazie, à vous la parole.»

«Le discours de ''mononcle'', on n'est plus capables!, a commenté la députée péquiste d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, lors d'un point de presse, vendredi. Il faut que ça cesse.»

Elle qualifie les propos de M. Ouellette, qui est président de la commission des institutions, de «totalement sexistes», en rappelant qu'elle-même s'est déjà fait traiter de «petite madame» par un président de commission parlementaire.

Sauf erreur, on n'a jamais vu un président de commission donner la parole à un ministre ou au premier ministre en disant que cela ajoutera une «touche masculine».

La députée solidaire Manon Massé a renchéri, estimant que cet incident n'était qu'un exemple parmi d'autres du climat délétère envers les femmes élues qui règne à l'Assemblée nationale, que ce soit au Salon bleu ou en commission parlementaire.

Elle est d'avis que ce genre de commentaires contribue à éloigner les femmes de la politique et devrait même figurer dans le lexique des expressions bannies de l'Assemblée nationale.

«On devrait se battre pour que ça devienne des propos non parlementaires», selon Mme Massé.

Présentes au point de presse, la présidente de la Fédération des femmes, Michèle Sarazin, et la directrice du Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail, Nathalie Goulet, ont appuyé la sortie des députées.

Le premier ministre Philippe Couillard était présent au Salon rouge quand les propos controversés ont été prononcés et il n'a pas réagi. Interpellé vendredi à ce sujet, lors d'un point de presse, il n'a pas voulu commenter l'incident.

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, s'est portée à la défense de son collègue, refusant de condamner ses propos. «Je l'ai eu comme adjoint parlementaire et j'ai jamais senti que M. Ouellette était un gars qui était sexiste, loin de là», a-t-elle déclaré, en point de presse, en marge de l'étude des crédits de son secteur d'activités.

Elle a jugé «plus déplacé» le fait que vendredi, selon elle, la députée Carole Poirier se serait moquée du député de Maskinongé, Marc H. Plante, parce qu'il prenait la parole dans les dossiers de condition féminine.

Il n'a pas été possible vendredi de contacter M. Ouellette et Mme Montpetit pour obtenir leurs commentaires.

En 2003, l'ex-premier ministre Jean Charest avait dû s'excuser après avoir traité la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, de «petite madame».

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