PKP fait des appels de phares à Québec solidaire dans l'espoir d'une convergence

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Trois-Rivières

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a fait écho à deux exigences fixées par Québec solidaire pour une convergence souverainiste, samedi, concernant les paradis fiscaux et le scrutin proportionnel.

M. Péladeau a entrouvert la porte au scrutin proportionnel, samedi, une référence directe à une demande du député de QS Amir Khadir. À l'ouverture d'un conseil national péquiste tenu à Trois-Rivières , M. Péladeau a invité les militants à examiner cette question.

En décembre dernier, Amir Khadir avait expliqué que le système uninominal à un tour actuel était la principale entrave aux alliances. M. Khadir avait invité le Parti québécois à renouer avec son engagement pour la proportionnelle, qui est passé à la trappe dans le dernier programme politique péquiste. Dans son discours, M. Péladeau n'a pas orienté la réflexion des militants en abordant le sujet. Selon le chef péquiste, son parti «progressiste», qui croit au «nationalisme économique», doit ouvrir le dialogue. «Il faut s'engager à poursuivre le dialogue avec une attitude ouverte et généreuse, a-t-il dit. Les sujets menant à la convergence sont nombreux. Notre mode de scrutin par exemple. Certains croient qu'il devrait favoriser des élections à la proportionnelle. Examinons cela.»

Des militants des circonscriptions de Rosemont et ceux de l'exécutif régional de Montréal-Centre ont soumis une proposition pour introduire «un aspect proportionnel» au mode actuel. La Coalition avenir Québec, favorable au scrutin proportionnel, a prévu un point de presse du député Benoit Charette, lundi, au sujet du mode de scrutin.

La députée Véronique Hivon a affirmé que les propos de M. Péladeau constituaient un geste d'ouverture «significatif» envers les préoccupations de QS et d'Option nationale, une autre formation souverainiste en faveur de la proportionnelle. «C'est important que ces gestes d'ouvertures soient présents pour qu'on travaille ensemble, a-t-elle dit. Avant de parler d'alliances comme tel, il faut se parler tout court et ces gestes sont un gage de plus de notre ouverture, un signe clair qu'on est sérieux dans notre démarche de rassemblement.»

Mme Hivon a affirmé que l'introduction d'une dimension proportionnelle dans le scrutin pourrait améliorer la relation des citoyens avec leurs élus. «On est au début des discussions, M. Péladeau ne s'est pas prononcé lui-même, il s'est prononcé sur l'importance de l'examiner, de faire le débat, a-t-elle dit. En soi, ça a des mérites démocratiques importants, les citoyens sont de plus en plus désenchantés, et c'est un moyen qu'on peut envisager pour rebâtir ce lien de confiance.» Malgré le fait que le PQ ait déjà dans le passé rayé le projet de scrutin proportionnel dans son programme, Mme Hivon a assuré que la proposition actuelle est «sérieuse».

Sur le front de la lutte aux paradis fiscaux, M. Péladeau a pris l'engagement qu'un Québec souverain sera «une référence mondiale». «Dans la fédération canadienne, nous sommes condamnés à regarder un spectacle dans lequel le Canada ne déploie aucun effort», a-t-il dit. Au début du mois, le président de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, avait déclaré que «si le Parti québécois est d'accord avec les paradis fiscaux, on est loin d'une possibilité de convergence avec un parti de gauche tel que Québec solidaire». Une proposition de militants péquistes de la circonscription de Marguerite-Bourgeoys est à l'ordre du jour pour réaffirmer l'opposition du PQ aux paradis fiscaux.

M. Péladeau a profité de son allocution pour s'opposer au marchandage qui permettrait au gouvernement fédéral de financer Bombardier tout en obtenant l'appui pour l'oléoduc Énergie Est.«Non à Énergie Est sans l'appui des Québécois et sans son assujettissement aux lois du Québec, et non au marchandage fédéral», a-t-il lancé. M. Péladeau a également écorché le premier ministre Philippe Couillard sur le front de l'économie. Le chef péquiste a rappelé les dossiers de Rona, Alcan, Bombardier et Aveos, sans toutefois mentionner l'exploration sur Anticosti. «Au cours des derniers mois, nous avons vu un premier ministre qui ne comprend rien à l'économie prendre des décisions qui vont à l'encontre de l'intérêt des Québécois», a-t-il dit.

Environ 350 délégués péquistes sont rassemblés à l'hôtel Delta de Trois-Rivières pour préparer le plan d'action péquiste qui servira d'ici la prochaine élection. En après-midi, samedi, les militants ont discuté d'organisation, de stratégies de communication, d'une refonte de leurs règlements et des arguments pour la promotion de la souveraineté, lors d'ateliers qui se sont déroulés à huis clos. La date du prochain congrès des membres, qui pourrait survenir en juin 2017, doit également être arrêtée officiellement en fin de semaine.

Par ailleurs, M. Péladeau a indiqué qu'il rencontrera la haute direction de Bombardier lundi. M. Péladeau a réclamé une nouvelle fois que M. Couillard rende publique l'entente qui prévoit son investissement de 1 milliard $ dans le projet d'avion CSeries. «C'est lui qui a pensé, c'est lui qui a réalisé, c'est lui qui a orchestré et c'est lui qui va exécuter cette entente, a-t-il dit. Elle n'est pas bonne.»

Quelques minutes avant le début du conseil national, M. Péladeau a répété que l'entente d'investissement doit être renégociée. Selon le chef péquiste, le risque auquel le gouvernement est exposé, en limitant sa participation au projet de la CSeries, doit être réduit. M. Péladeau a noté au passage que les difficultés financières du principal acheteur de l'avion, Republic Airways, ne sont pas une «bonne nouvelle».

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