Julie Boulet ministre du Tourisme

Julie Boulet... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Julie Boulet

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Selon ce que Le Nouvelliste a appris en exclusivité, et ce, de source bien informée, un coup de théâtre se prépare en vue du remaniement ministériel de ce matin à Québec.

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Jean-Denis Girard

François Gervais, Le Nouvelliste

En vertu du scénario qui tenait toujours en fin de soirée, non seulement le premier ministre Philippe Couillard va-t-il réintégrer Julie Boulet au sein de son cabinet à titre de ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, mais Jean-Denis Girard se verra démis de ses fonctions de ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et au Développement économique régional du Québec, et de ministre régional, redevenant ainsi simple député de Trois-Rivières.

Sûrement favorisé par le souhait du premier ministre de faire plus de place aux femmes, le retour de la députée de Laviolette était vivement souhaité par le milieu, dont plusieurs maires de sa circonscription.

Son grand patron met donc fin à sa période de purgatoire alors qu'elle n'avait pas fait l'objet d'un blâme public par la commission Charbonneau. De plus, elle avait bénéficié d'une dissension des commissaires sur l'existence d'un lien entre contrats publics et dons politiques au provincial. Après la lecture du rapport, elle s'était dit «heureuse» et «soulagée».

De toute évidence, le premier ministre lui a pardonné son témoignage éprouvant à la commission Charbonneau en mai 2014, soit peu de temps après l'élection des libéraux. Écartée du premier cabinet Couillard au printemps de la même année, Julie Boulet n'avait pas caché sa profonde déception.

«Je continue. Je ne reste pas à terre. Je me relève. Je vais bien faire mon travail de députée et je ne le ferai pas à moitié. Je suis une battante et c'est ce que je vais continuer de faire, me battre pour la Mauricie qui a de grands besoins», avait-elle tout de même confié au Nouvelliste.

Il faut dire que jusque-là, sous le régime de Jean Charest, elle avait passé la majeure partie de sa vie politique en limousine. Après un bref séjour au poste de ministre déléguée à la Santé en 2003, elle s'était retrouvée ministre déléguée aux Transports, de 2003 à 2007, et ministre des Transports de 2007 à 2010, avant de se retrouver à la tête du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, de 2010 à 2012.

La Mauricie risque donc d'applaudir à sa nomination alors que le tourisme est en pleine effervescence dans la région, avec des produits d'appel tels que l'Amphithéâtre Cogeco à Trois-Rivières et la Cité de l'énergie à Shawinigan, pour ne nommer que ceux-là.

Pour ce qui est du député de Trois-Rivières, la déception sera grande, d'autant plus qu'il appréciait visiblement ses fonctions ministérielles. L'homme était toutefois un néophyte de la politique quand il a accédé au conseil des ministres le 23 avril 2014. Il s'était distingué auparavant comme président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec dans le dossier de la centrale nucléaire.

C'est pourtant grâce à la fermeture de Gentilly-2 qu'il aura hérité du fameux Fonds de diversification économique de 800 millions de dollars, ce qui lui a permis de multiplier les annonces sur les deux rives, soit 113, pour des contributions frôlant les 25 millions de dollars.

Des investissements de près de 120 millions de dollars qui auront permis de créer et consolider 2343 emplois. Et M. Girard avait même donné un coup de barre à saveur entrepreneuriale dans la gouvernance de ce Fonds.

Par ailleurs, il n'était pas peu fier que le lancement du programme national de soutien aux investissements en infrastructure de transport maritime, soit 200 millions de dollars sur cinq ans pour tous les ports du Québec, ait eu lieu dans son comté en 2015, tout comme l'annonce d'un soutien gouvernemental de 168 000 $ pour la construction d'une nouvelle gare maritime, visant à bien accueillir les croisiéristes.

Outre les grands projets industriels qui risquent d'éclore tôt ou tard à Bécancour, tels que Stolt LNGaz, IFFCO, Quest et Société internationale métallique, le député de Trois-Rivières citait le déploiement de la Stratégie maritime et la modernisation du port trifluvien comme exemples de levier économique régional. À cela, il ajoutait la réalisation de la phase 2 au CHRTR, devenu le Centre hospitalier affilié universitaire régional, et le développement de CGI à Shawinigan.

Et selon lui, des créneaux semblaient justement prendre forme en région, tels que les technologies de l'information, l'aéronautique, l'entrepreneuriat et la fabrication métallique.

Se réjouissant des investissements chez Kruger pour passer du papier au carton, «un dossier très important sur lequel j'ai personnellement travaillé très fort pour sauvegarder à long terme 270 emplois de qualité, bien rémunérés», se plaisait-il à dire, M. Girard s'attendait à ce que la construction éventuelle du futur colisée à Trois-Rivières génère des emplois.

Ironiquement, pas plus tard que la semaine dernière, l'ancien ministre responsable de la Mauricie avait décroché le prix Coupe-paperasse d'or 2016 des mains de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Mais plusieurs le trouvaient moins combatif que Julie Boulet pour défendre les intérêts de la région.

Laurent Lessard

Au Centre-du-Québec, le député de Lotbinière-Frontenac, Laurent Lessard, pourrait bien conserver son poste de ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de cette région.

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