Le contrôle des armes ne passe pas nécessairement par un registre, selon la CAQ

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En mars dernier, les élus de l'Assemblée nationale avaient appuyé à l'unanimité une motion pour dénoncer la destruction des données québécoises du registre fédéral des armes d'épaule.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne

Le contrôle des armes à feu ne passe pas nécessairement par la mise en place d'un nouveau registre québécois, a déclaré lundi le député caquiste André Spénard, porte-parole du dossier de la sécurité publique pour son parti.

M. Spénard a affirmé que le caucus de la Coalition avenir Québec est divisé sur l'opportunité du projet de loi 64, présenté en décembre par le gouvernement.

«On est en train d'en discuter, comme dans toutes les formations politiques, il y en a des pour, il y en a des contre, alors on va analyser la situation», a-t-il dit.

Cette initiative a été annoncée par Québec à la suite de la décision du gouvernement fédéral d'abolir le fichier national des armes d'épaule.

Selon le député caquiste, le registre envisagé par le gouvernement du Québec déplaît parce qu'il traiterait les détenteurs d'armes d'épaule comme des criminels en resserrant les contrôles.

La mise en place du projet québécois nécessiterait des investissements de 17 millions $ et son coût d'exploitation annuel serait de 5 millions $.

En marge d'un caucus des députés de la CAQ en Montérégie, M. Spénard a évoqué d'autres mesures de contrôle qu'un registre, qui pourraient passer par un meilleur contrôle de la carte d'acquisition d'armes à feu, de l'achat de munitions ou d'achat de permis de chasse.

«On a toujours été pour le contrôle des armes à feu mais ça ne veut pas dire que ce contrôle passe par un registre comme il en existait un avant au gouvernement fédéral, a-t-il dit dans un point de presse. Y aurait-il un meilleur moyen, tout en épargnant l'argent des contribuables?»

Après le dépôt du projet de loi 64, par le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, M. Spénard avait pourtant participé à un point de presse en compagnie d'un regroupement pour le contrôle des armes à feu constitué dans la foulée de la fusillade de l'École Polytechnique à Montréal.

Le député a affirmé lundi que personne n'avait encore lu le projet de loi, qui compte quatre paragraphes, au moment de ce point de presse.

«On n'avait pas lu le projet de loi, on n'avait pas discuté du projet de loi, a-t-il dit. Personne n'était au courant du projet de loi comme tel.»

En décembre dernier, alors qu'il se tenait à côté de M. Moreau, M. Spénard avait une appréciation sommaire du texte soumis aux législateurs.

«On a vu la loi ce matin, je l'ai lue vitement», avait-il dit.

Des dissensions sont également apparues, au cours des dernières semaines, au sein des groupes péquiste et libéral, à l'Assemblée nationale, après avoir pourtant présenté un front uni en décembre.

Plus tôt, lundi, le chef caquiste François Legault a affirmé que son parti était le seul à avoir émis des réserves sur le projet de loi 64.

«Les libéraux, les péquistes, Québec solidaire, tout le monde a dit qu'ils appuyaient sans réserve, a-t-il dit. Nous on a dit qu'on avait des réserves. On a des réserves, entre autres sur les coûts. On se demande si c'est nécessaire de tout recommencer à zéro.»

Les caquistes demeurent favorables au principe, tout comme les péquistes, ce qui devrait permettre aux parlementaires d'en débattre formellement.

Le député caquiste Benoit Charette a expliqué qu'il n'est pas convaincu de la pertinence du registre.

«On est pour le principe mais encore faut-il que dans la pratique ce registre soit pertinent», a-t-il dit.

Par ailleurs, la Coalition avenir Québec a rejeté, lundi, l'appel à la médiation du chef péquiste Pierre Karl Péladeau concernant des allégations sur l'illégalité d'un financement d'un institut de recherche sur le projet de souveraineté du Québec.

La semaine dernière, après avoir sommé trois représentants caquistes de se rétracter, M. Péladeau les avait invités à participer plutôt à un processus de médiation.

Dans une lettre transmise à l'avocat du chef péquiste, lundi, le juriste de la CAQ affirme que cette démarche serait prématurée.

Dans un point de presse, M. Charette, visé par la mise en demeure, a affirmé que la réaction de M. Péladeau montre son inexpérience en politique.

Selon le député caquiste, les questions soulevées sur le financement de l'institut ne devraient pas donner matière à poursuite, notamment parce qu'elles ont été soulevées également dans les médias par des commentateurs.

La CAQ a affirmé que le chef péquiste contreviendrait à la loi électorale et à ses dispositions sur le financement politique en dotant personnellement l'institut, qui n'a pas encore été créé, des fonds nécessaires à ses activités.

Lundi, M. Charette a déclaré que les députés avaient le droit de poser ce genre de questions.

«Je ne peux pas me mettre dans la peau de M. Péladeau, mais lui-même a dit qu'il avait beaucoup de croûtes à manger, a-t-il dit. Je pense que ça fait partie de son apprentissage et qu'il va réaliser à terme qu'en politique, on a la possibilité, le devoir de poser des questions.»

Un plan pour la croissance

Inquiet pour l'économie québécoise, à la lumière de prévisions de croissance revues à la baisse, M. Legault a affirmé lundi qu'il faut profiter de la faiblesse du dollar canadien pour stimuler les exportations du secteur manufacturier.

La CAQ propose la mise en place d'un fonds qui injectera 1 milliard $ par année, durant cinq ans, sous forme de prêts pour les entreprises qui veulent moderniser leurs équipements.

Les petites et moyennes entreprises pourraient financer 90 pour cent de leurs investissements grâce à ce fonds, tandis que ce taux serait de 70 pour cent pour les grandes sociétés.

Les entreprises rembourseraient leur prêt en proportion de leurs gains en productivité. Jusqu'à 50 pour cent de ces retombées annuelles pourraient alors servir à rembourser le fonds.

Le taux d'intérêt de 15 pour cent de ces prêts, plus élevé que ceux du marché, servirait à couvrir les pertes, a indiqué le chef caquiste, qui est confiant des avantages de son plan malgré son coût d'emprunt plus cher.

«Le projet se ferait à coût nul pour le gouvernement, il y aurait plus de rentrées que de sorties de fonds», a-t-il dit.

À Milan, où il est en mission économique, le premier ministre Philippe Couillard a jugé que l'intérêt de M. Legault pour le secteur manufacturier témoigne de ses préoccupations changeantes.

«Il change d'avis régulièrement, il change de sujet tout le temps, M. Legault, a-t-il dit. Des fois c'est le nationalisme, des fois c'est quasiment l'indépendance, des fois c'est un fédéraliste. C'est un parti qui se cherche.»

Selon M. Couillard, le gouvernement se préoccupe déjà du secteur manufacturier, comme il l'a démontré avec une prise de participation dans le projet d'avion de transport régional de Bombardier, une transaction dont M. Legault a critiqué le montage.

«Nous on n'est pas un investisseur commercial, on est un agent économique, a-t-il dit. L'action économique c'est la création et le préservation d'emplois.»

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