Un dernier hommage à un grand homme

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Jacques Parizeau a été porté à son dernier repos mardi.

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Caroline St-Pierre
Le Nouvelliste

(La Presse Canadienne) «Je ne lui aurai jamais dit moi-même ce que le Québec entier ne lui a pas assez dit: Je vous aime, M. Parizeau.»

C'est avec ces mots et beaucoup d'émotion dans la voix que Jean-Martin Aussant, ex-chef d'Option nationale et ami proche de la famille Parizeau, a rendu hommage à l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, mardi après-midi, devant l'assemblée réunie à l'église Saint-Germain d'Outremont, à Montréal.

«S'il est une chose que son départ devrait amener, c'est la fin des exils... de tous les exils, a-t-il lancé avant de prendre une pause, un silence rapidement rempli par les applaudissements dans l'église. Qu'ils soient géographiques ou intellectuels, il faut que nous fassions tous notre part, chacun à notre façon, à la construction de cette société pour laquelle il a tant travaillé.»

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui souligné les qualités de Jacques Parizeau l'homme d'économie, l'homme politique, mais aussi l'homme, tout simplement.

M. Couillard s'est remémoré les rares occasions lors desquelles il a pu rencontrer celui que l'on surnommait «Monsieur», affirmant avoir été chaque fois frappé par sa sincérité et son désir d'échanger sur le Québec lors d'une éventuelle rencontre qui ne se sera finalement jamais concrétisée.

«Monsieur le premier ministre Jacques Parizeau, le Québec se souvient. Il se souviendra. Avec d'autres grands bâtisseurs de notre nation, vous appartenez maintenant à l'histoire», a-t-il conclu.

Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, a quant à lui souligné l'apport de l'ex-premier ministre en éducation et rappelé le moment où l'établissement lui a décerné un doctorat honoris causa, en octobre dernier.

«Enseigner, c'était l'autre feu qui le brûlait», a-t-il déclaré.

«Jacques Parizeau, comme professeur, a signifié la fin de cette idée des Québécois nés pour un petit pain.»

De nombreuses personnalités de la sphère politique étaient présentes dans l'église, où le cercueil de Jacques Parizeau a fait son entrée au son de la musique de Jean-Sébastien Bach. La musique, que M. Parizeau appréciait grandement, a d'ailleurs occupé une bonne place dans la cérémonie. Marie-Josée Lord et Alain Lefèvre ont notamment offert l'Ave Maria de Schubert, tandis que Claude Dubois a interprété une chanson à la fin de la cérémonie.

Sur le parvis de l'église, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a affirmé qu'il se souviendrait d'un homme à «l'intellect extraordinaire, coriace, déterminé», l'une des personnes les plus impressionnantes qu'il ait côtoyées au cours de sa vie politique. Le chef libéral Justin Trudeau a pour sa part parlé de sa brillance politique et philosophique ainsi que de son grand impact sur ce qu'est devenu le Québec moderne.

L'ex-première ministre péquiste Pauline Marois a abondé dans le même sens, indiquant que Jacques Parizeau «aura changé le visage du Québec» et qu'il «fait partie de ce petit groupe de personnes qui aura eu une influence énorme sur l'entrée du Québec dans la modernité».

Chaudement applaudi par la foule, Gilles Duceppe, qui devrait annoncer aujourd'hui son retour à la tête du Bloc québécois, n'a pas voulu commenter les nouvelles le concernant, se contentant seulement d'affirmer que M. Parizeau était un grand homme. Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a gardé le silence à son arrivée à l'église, lui aussi sous les applaudissements, en compagnie de sa compagne, Julie Snyder.

Un total de six anciens premiers ministres - Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Bernard Landry, Jean Charest et Pauline Marois - en plus du premier ministre actuel ont assisté aux funérailles.

De nombreux députés - tous partis confondus -, Gilles Vigneault, Denis Coderre, Régis Labeaume, Michaëlle Jean et plusieurs autres personnalités étaient aussi présents. Le ministre Denis Lebel représentait le premier ministre Stephen Harper, actuellement en Europe.

Des centaines de personnes étaient présentes à l'extérieur de l'église pour assister à la cérémonie présentée sur un écran géant.

Jacques Parizeau est décédé le 1er juin, à l'âge de 84 ans, des suites d'un cancer généralisé. De nombreux Québécois lui ont rendu hommage au cours des derniers jours, notamment à Québec et Montréal, où la dépouille du politicien a été exposée en chapelle ardente au cours du week-end.

Le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale du Parlement, sur tous les édifices publics du gouvernement du Québec, des municipalités ainsi que des représentations du Québec à l'étranger et des bureaux du Québec au Canada, et ce, jusqu'au crépuscule du jour des funérailles.

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