Jacques Parizeau salué comme un grand homme d'État

Jacques Parizeau en 1987.... (PHOTO PIERRE COTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jacques Parizeau en 1987.

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La Presse Canadienne

Jacques Parizeau a été l'un des acteurs de la construction du Québec moderne, un homme de convictions dont le projet de pays n'a cessé d'occuper ses pensées, rappelle l'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

M. Duceppe demandait encore l'avis ces derniers temps de l'ex-premier ministre péquiste du Québec, un «homme de grande réflexion» qui était encore actif en politique.

Il le savait malade, mais pas que sa santé s'était détériorée à ce point.

«On a beau le savoir, quand ça arrive, ça nous frappe», a-t-il en entrevue au sujet du décès de l'homme politique, survenu lundi soir.

Jacques Parizeau ne se tenait pas très loin des débats politiques qui agitaient le Québec. M. Duceppe a rappelé que l'an dernier, l'ancien premier ministre a signé une lettre avec d'autres pour appuyer Pierre Karl Péladeau qui refusait de vendre ses actions de Québecor. Il a aussi récemment participé aux travaux de la commission québécoise sur l'assurance-emploi que Gilles Duceppe a présidée en 2013.

Il relate que l'homme s'était minutieusement préparé pour ce travail, bardé de notes.

«C'était ça, l'homme: il se préparait du général au moindre détail».

«Il avait à la fois la rigueur du professeur émérite et la passion d'un jeune étudiant qui apprend», a résumé M. Duceppe en entrevue.

Travaillant pour moderniser le Québec, alors qu'il conseillait en coulisses les artisans de la Révolution tranquille, Jacques Parizeau a rapidement vu les limites qui étaient imposées à la province, et est devenu souverainiste à ce moment, a expliqué M. Duceppe.

Il rappelle que M. Parizeau a participé à la création de plusieurs outils cruciaux qui ont aidé le Québec à prospérer, notamment la Régie des rentes du Québec et la Caisse de dépôt, «le bas de laine des Québécois». Il s'est aussi démené pour dénicher le financement nécessaire à la nationalisation d'Hydro-Québec: devant le refus des financiers canadiens, M. Parizeau, loin de baisser les bras, a trouvé l'argent nécessaire à New York.

«Cet homme a été au centre de la construction du Québec moderne», conclut l'ex-leader bloquiste, aujourd'hui chroniqueur.

M. Parizeau avait aussi un grand courage, notamment celui d'avoir déclenché le référendum de 1995.

Ses qualités de rassembleur ont contribué à mener le projet d'indépendance plus près du but qu'il ne l'avait jamais été, estime M. Duceppe.

Questionné à savoir s'il parlait encore de la souveraineté, même lors de sa dernière année, M. Duceppe a été catégorique: «Cela a toujours occupé ses pensées».

Un grand homme d'État

L'un de ses plus proches collaborateurs, qui fut un temps candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée, lui a rendu hommage sur Twitter, en le liant aux «trois faiseurs d'histoire» avec l'ancien premier ministre René Lévesque et Camille Laurin, le père de la Charte de la langue française.

«Un immense deuil s'ouvre cette nuit, a écrit le député péquiste de Rosemont. Un géant s'est éteint. Ses idées éclairent l'avenir.»

Son biographe Pierre Duchesne a simplement noté que «le combattant est allé se reposer».

Un autre témoignage est venu du petit-fils de M. Parizeau.

«Mon grand-père était un homme incroyable, il m'a beaucoup apporté, a écrit son petit-fils Hadrien, qui a suivi les traces de son aïeul au sein du mouvement indépendantiste. Les conseils qu'il m'a donnés, lors des inoubliables moments passés avec lui, continueront à me guider à jamais. Merci Grand-papa.»

Le maire de Montréal Denis Coderre a annoncé que les drapeaux de la ville de Montréal aussi seraient en berne «par respect pour monsieur Parizeau». Il a qualifié l'ancien premier ministre de «l'un des grands serviteurs du Québec». Il a ajouté avoir «toujours respecté l'homme public et l'homme de conviction qu'il était».

Mario Dumont, ancien chef du parti Action démocratique du Québec, qui avait fait campagne aux côtés de Jacques Parizeau pour le référendum de 1995, a salué son «sens de l'État» et l'a qualifié de véritable «encyclopédie sur le Québec». De même, il a souligné ses «convictions profondes, son respect des humains et des institutions».

Par voie de communiqué, la Société Saint-Jean-Baptiste a transmis ses hommages. Intitulé «Reposez en paix, Monsieur», le texte signé par le président général de la Société, Me Maxime Laporte, souligne «l'homme politique extraordinaire» qu'il aura été. «Il fut sans conteste l'un des plus importants bâtisseurs du Québec moderne, ce même Québec que certains politiciens ordinaires s'affairent aujourd'hui à démolir.»

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