Élection de Péladeau: des réactions partagées en Mauricie

Pierre Karl Péladeau sera l'objet de toutes les... (Photo: La Presse Canadienne)

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Pierre Karl Péladeau sera l'objet de toutes les attentions, mardi, alors qu'il prononcera sa première question à l'Assemblée nationale à titre de chef de l'opposition officielle.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si les uns se réjouissent, ne dissimulant guère leur joie de voir Pierre Karl Péladeau prendre les rênes du Parti québécois, les autres attendent le départ de la course pour jauger l'homme à son oeuvre. Réactions régionales à l'élection de PKP à la tête de ce parti souverainiste provincial.

Son choix n'était même pas un secret de Polichinelle tant elle s'est impliquée dès le début aux côtés de son «poulain». L'ex-députée de Champlain, Noëlla Champagne, était encore sur l'adrénaline, dimanche, après avoir assisté aux premières loges à la consécration de son «homme fort» vendredi. Comme d'autres sympathisants souverainistes rencontrés en fin de semaine, Mme Champagne est convaincue que la carte économique dont dispose l'homme d'affaires complétera le jeu du Parti québécois et lui permettra de concrétiser son rêve ultime: faire l'indépendance du Québec. Cela sans compter le florilège de qualités qu'elle dénote chez son nouveau chef.

«Il a le goût, il a la capacité, il a la pédagogie en lui, il a le sens de la répartie, il a un fort caractère. Le PQ ne peut pas se payer un agneau à la tête du parti, il doit se payer un homme fort, et on a l'homme fort en Pierre Karl Péladeau», note-t-elle avec sa légendaire verve.

Un point de vue partagé par le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, Roger Kemp. Lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de l'élection de PKP, M. Kemp affiche un large sourire qui témoigne sans ambages de son opinion. «Je vais dire comme on dit: on vient d'arriver au début. On a toujours reproché au PQ de ne pas avoir quelqu'un provenant du milieu économique. Là on a quelqu'un qui a fait ses preuves.»

Un son de cloche repris par le député bloquiste de la circonscription de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, Louis Plamondon. Selon lui, l'arrivée de PKP à la barre du vaisseau amiral de la souveraineté est «une bonne nouvelle», particulièrement lorsque viendra l'heure de développer un argumentaire financier en faveur de l'indépendance.

«Souvent, on reprochait au mouvement indépendantiste son manque d'arguments économiques. Lui [PKP] incarne la crédibilité économique. D'abord sa famille a réussi en affaires, lui a réussi, même au niveau international, donc lorsqu'il dit que la souveraineté va être quelque chose de rentable pour le Québec, eh bien! ça vient renforcer le mouvement souverainiste au point de vue économique, et ça c'est ce qui nous manquait beaucoup.»

M. Plamondon est d'avis que dorénavant, le Parti québécois doit s'impliquer activement dans la prochaine campagne électorale fédérale, dont l'issue débouchera le 19 octobre prochain. La lune de miel dont bénéficie généralement un nouveau chef «ne peut qu'aider le Bloc québécois à reprendre sa place à Ottawa». «On tire dans la même direction et l'argumentation est la même. C'est pourquoi je suis plein d'espoir pour la prochaine campagne électorale fédérale. C'est une très bonne nouvelle, c'est très encourageant pour le Bloc et ça nous motive énormément.»

Quant à savoir si le statut d'actionnaire majoritaire de PKP au sein du groupe Québecor pourrait écourter cette lune de miel, ni Mme Champagne, ni M. Kemp ne s'en formalisent. Ce qui n'est pas forcément le cas des députés libéraux de la région, Pierre Michel Auger notamment.

«Personnellement, je trouve ça particulier. Comme individu, je trouve ça particulier. Mais il y aura des instances qui vont se pencher là-dessus», rappelle d'emblée le député de Champlain, faisant référence à la commission parlementaire qui jugera si le fait que le député de Saint-Jérôme soit toujours actionnaire majoritaire au sein de l'empire Québecor contrevient aux règles de l'Assemblée nationale.

«Ce sera à la commission parlementaire de déterminer ce qui est correct ou pas. Mais je dis que c'est quand même particulier de posséder un empire majeur au Québec, d'être chef de parti et d'espérer en même temps être premier ministre. C'est pourquoi il y a des experts qui vont se pencher sur cette question et la régler une fois pour toute.»

Le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, ainsi que le député de Maskinongé, Marc H. Plante, abondent dans le même sens. «Je vais laisser les personnes compétentes juger», estime M. Plante, sans accuser d'emblée son adversaire. «Ce qui est important, quand tu es en politique, c'est de se mettre le plus loin de tout conflit d'intérêts possible, ou de toute apparence de conflit d'intérêt. C'est très important. On sait que les médias ont un grand pouvoir d'influence sur la population. Et moi je crois que la population a droit d'avoir des médias 100 % libres de ce qu'ils pensent», souligne M. Plante.

Aujourd'hui, le nouveau chef élaborera sa première tirade officielle à la période de questions et de réponses orales à l'Assemblée nationale. «On va avoir une belle journée mardi avec un nouveau chef de l'opposition», croit Jean-Denis Girard.

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