PKP dans la ligne de mire de ses adversaires

Les cinq candidats à la chefferie du Parti... (Le Nouvelliste, Sylvain Mayer)

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Les cinq candidats à la chefferie du Parti québécois se sont affrontés lors du premier débat officiel, mercredi, à Trois-Rivières. C'est Pierre Karl Péladeau (à gauche), le favori dans la course, qui a dû faire face au plus grand nombre d'attaques de ses adversaires.

Le Nouvelliste, Sylvain Mayer

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Trois-Rivières

Favori dans la course, Pierre Karl Péladeau a été la cible de ses adversaires, mercredi, lors du premier débat rassemblant les cinq candidats à la direction du Parti québécois.

Trois aspirants ont échoué dans leur tentatives pour que M. Péladeau, précise ses positions concernant l'accession à l'indépendance, la révision de la loi anti-briseurs de grève, où encore la présence de Québecor, l'entreprise qu'il contrôle, dans les paradis fiscaux.

Bernard Drainville, Martine Ouellet et Pierre Céré ont déploré que M. Péladeau ne réponde pas à leurs question, lors de ce premier débat rassemblant les cinq candidats à la succession de Pauline Marois.

Le débat s'est ouvert mercredi au cégep de Trois-Rivières devant un auditoire d'environ 600 personnes, dont une partie ont suivi les échanges à l'extérieur de l'auditorium sur des téléviseurs.

Les cinq candidats ont débattu autour des thèmes de l'économie, des finances publiques et du rôle de l'État. L'animateur était l'ancien journaliste Gilles Gougeon.

Dans un premier segment d'échanges où les candidats se limitaient étonnamment à des déclarations sur leurs positions économiques sans engager le débat, M. Drainville a été le premier à tisonner M. Péladeau, député de Saint-Jérôme.

M. Drainville, député de Marie-Victorin, a demandé en vain à l'actionnaire de contrôle de Québecor si, dans l'éventualité où un référendum est impossible lors d'un premier mandat péquiste, il accepterait comme lui d'utiliser les ressources gouvernementales pour faire la promotion de l'indépendance.

«Tu n'as pas répondu à ma question, Pierre Karl, en tout respect, a-t-il dit. On va se reprendre plus tard.»

Plus tard, M. Drainville a ensuite été incapable de savoir si M. Péladeau était d'accord avec lui concernant sa proposition de reporter d'un an le retour à l'équilibre budgétaire.

Mme Ouellet a ensuite tenté de savoir si M. Péladeau était d'accord avec un projet présenté par le PQ, alors qu'il était dans l'opposition, pour resserrer la définition de lieu de travail afin d'empêcher les entreprises de recourir à des travailleurs de remplacement lors des conflits de travail.

M. Péladeau, dont l'entreprise a notamment mis en lock-out Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, deux filiales de Québecor, a complètement évité la question, préférant parler de l'important de développer l'entreprenariat, ce qu'a déploré Mme Ouellet, députée de Vachon.

«C'est un peu dommage que tu ne répondes pas à ma question, a-t-elle dit. Les relations patronales-syndicales ne t'intéressent pas.»

Dans un segment sur la lutte à l'évasion fiscale, Pierre Céré, militant pour les droits des travailleurs, a de son côté admis qu'il était prêt à créer «un malaise» en demandant à M. Péladeau si Québecor a des actifs dans les paradis fiscaux.

«Je ne pense pas que ce soit utile de parler de Québecor ici, je n'exerce plus aucune fonction», a répondu M. Péladeau.

Dans cette première partie des échanges, le candidat Alexandre Cloutier a été le seul premier à obtenir une réponse de M. Péladeau lorsqu'il lui a demandé si comme lui il s'opposait au gel des salaires de la fonction publique proposé actuellement dans le cadre des négociations avec le secteur public.

«C'est sûr que je suis contre cette stratégie», a-t-il répondu, ce qui a permis à M. Cloutier d'enchaîner en disant qu'ils allaient «marche main dans la main» sur cet enjeu.

M. Cloutier, dont la démarche vers un référendum sur l'indépendance est conditionnelle à une pétition de 1 million de noms, a eu un échange plus vif avec M. Drainville, qui lui attendrait à la veille de la prochaine élection, en 2018, pour décider si le projet disposerait d'appui suffisant.

«On n'a pas le droit à l'erreur, il faut gagner le prochain référendum», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse qui a suivi le débat, M. Péladeau a affirmé qu'il avait donné priorité aux questions des militants qui ont émaillé le débat tout au long de la soirée, plutôt qu'à celle de ses adversaires.

«C'est le PQ qui organise le débat alors je pense que la moindre des choses c'est de se plier au format qui est proposé», a-t-il dit.

Par ailleurs, concernant la question sur les briseurs de grève, M. Péladeau a déclaré que la réouverture du Code du travail pour modifier ces dispositions n'était pas dans ses priorités.

Quant à la présence d'actifs de Québecor dans des paradis fiscaux, M. Péladeau a affirmé que «Québecor, sous sa direction, n'a jamais eu de filiale dans les paradis fiscaux», bien qu'il ait reconnu que l'entreprise ait eu une filiale dans l'État américain du Delaware.

«Les Américains souhaitent travailler avec des entreprises incorporées dans les États américains et le Delaware c'est l'État où la grande majorité des entreprises américaines sont incorporées», a-t-il dit.

En s'adressant à son tour aux journalistes, M. Céré a estimé que le PQ ne pourrait pas avoir un chef dont les entreprises feraient de l'évasion ou de l'évitement fiscal.

«S'il y a ce problème-là, il doit être réglé, a-t-il dit. Si on prétend combattre l'évasion fiscale, on ne peut pas porter cette espèce de charge sur ces questions-là.»

Mme Ouellet a ensuite affirmé que M. Péladeau devra clarifier sa position sur les briseurs de grève d'ici la fin de la campagne.

«Je crois que c'est peut-être en fonction de son historique de relations de travail, mais il a dit que ça c'était le passé et que maintenant il faisait de la politique, qu'il avait un autre point de vue, a-t-elle dit. J'ose espérer que dans cette transition, il s'ajustera également sur la position concernant le projet de loi anti-briseurs de grève.»

Sur le front économique, les candidats ont tous soutenu qu'un Québec indépendant saurait se passer des paiements de péréquation du gouvernement fédéral. M. Cloutier a affirmé que le Québec reçoit moins de péréquation qu'avant par rapport à son produit intérieur brut.

Tous s'entendent sur la nécessité de miser sur les énergies renouvelables et davantage de transformation des matières premières pour développer l'économie.

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