Péladeau accueilli à bras ouverts en Mauricie

PKP a livré un discours d'une trentaine de... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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PKP a livré un discours d'une trentaine de minutes devant les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie réunis pour l'entendre parler de souveraineté, certes, mais également d'énergie, d'économie, de culture et de la nouvelle mission de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le spectateur non averti se serait cru à un rassemblement de militants du Parti québécois célébrant le couronnement de son nouveau chef. Pourtant, c'est bien lors de l'Assemblée générale annuelle de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), local Les Estacades, que s'est exprimé dimanche Pierre Karl Péladeau. Accueilli à bras ouverts par un tonnerre d'applaudissements et une ovation debout, le député de Saint-Jérôme et candidat à la chefferie du Parti québécois était visiblement en territoire conquis.

Dans la salle, plusieurs personnalités publiques s'étaient déplacées pour entendre l'invité. Entre autres, la présence de Djemila Benhabib et de Yves-François Blanchet a été signalée au micro. Ce dernier, qui était accompagné par sa conjointe, la conseillère municipale de Shawinigan Nancy Déziel, s'est disculpé sur le dos de la «curiosité et pour affaires professionnelles» afin d'éviter les remous de la rumeur. L'ancien député bloquiste Yves Rocheleau et l'incontournable partisane Noëlla Champagne ont applaudi à chaudes mains l'arrivée triomphante de PKP.

«Personnellement, c'est mon homme», souligne d'emblée le président de la SSJB Mauricie, Roger Kemp. «Je savais très bien qu'en l'invitant ici, on tirerait.» D'après lui, non seulement PKP montera sur le trône du Parti québécois, mais qui plus est deviendra «sûrement premier ministre du Québec». «Si nous voulons nous donner un pays, il faudra travailler fort tous ensemble, derrière M. Péladeau.» Le président de la SSJB s'est dit extrêmement fier d'oeuvrer pour la souveraineté du Québec «sous la gouverne» de l'ancien président et directeur général de l'empire Québecor.

Un emballement partagé et difficilement contenu par le président de la section locale de la SSJB, René Tremblay. Lorsqu'on lui demande si c'est la venue de M. Péladeau qui a permis de réunir plus de 130 personnes dans la modeste salle du Buffet Champion, M. Tremblay éclate de rire. «Poser la question, c'est y répondre», assure-t-il.

Ainsi, peut-on traduire l'excitation de la SSJB par un appui subtil à la candidature de PKP à la tête du PQ? «Par ricochet, c'est sûr que ça nous fait une belle publicité. M. Péladeau est engagé au niveau du patrimoine et de la langue, deux sujets qui nous intéressent. Son approche pour la souveraineté est connue et rentre dans nos cordes», laisse tomber M. Tremblay du bout des lèvres, en avouant ne pas avoir approché les autres candidats à la chefferie.

Lors d'un discours lancé à bâtons rompus et sans note, constamment entrecoupé d'acclamations et de hochements de tête positifs, M. Péladeau s'est à nouveau inscrit dans la longue lignée des bâtisseurs du Québec contemporain, des Patriotes de 1837-39 au curé Antoine Labelle, en passant par Maurice Duplessis, Pierre Péladeau père et René Lévesque. Discourant tantôt de solidarité régionale (il portait à son veston une cocarde à l'effigie du mouvement Touche pas à ma région!), de souveraineté énergétique, de relance économique et de culture, M. Péladeau est demeuré discret, sinon timide, quant aux particularités propres à la Mauricie. En entrevue, le candidat s'est contenté de signaler l'importance d'accorder une attention active à l'avenir de l'industrie forestière.

«Le gouvernement ne s'est jamais intéressé à anticiper le déclin de l'industrie auquel nous devons maintenant faire face. Malheureusement, le gouvernement fédéral aussi aime subventionner l'industrie automobile, mais ne fait rien en ce qui concerne la foresterie. Maintenant, comment peut-on exploiter cette fibre naturelle qui a fait la richesse de nos régions?» se questionne-t-il. «En laissant tomber les régions, le gouvernement Couillard laisse tomber le Québec.»

Mission de la Caisse de dépôt et placement

À une question soulevée dans l'assistance concernant la volonté de la Caisse de dépôt et placement du Québec de générer de vastes projets d'infrastructures publiques en collaboration avec le gouvernement, M. Péladeau ne cache pas que, selon lui, la Caisse commet ainsi une erreur et travestit sa mission originale. À son avis, ce «changement de mission profond» pourrait être «problématique, car ça va mettre le conseil d'administration de la caisse dans une situation délicate».

«La mission historique de la caisse, je pense qu'elle a été rencontrée en grande partie [...] En général, la Caisse a fait un très bon travail. Spécifiquement, la Caisse n'a pas vocation d'être opérateur. L'expertise que nous avons développée se situe au niveau de l'investissement», rappelle M. Péladeau. Ainsi, construire des infrastructures, «ce n'est pas [le] rôle» du bas de laine des Québécois. Selon PKP, son rôle n'est pas de devenir un opérateur, mais plutôt d'investir «dans le capital des entreprises qui sont, elles, des opérateurs».

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