Péladeau, le candidat de la souveraineté

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Dans un long discours de presque une heure, Pierre Karl Péladeau a présenté son éventuelle accession à la tête du PQ comme «un pas décisif» vers la souveraineté.

La Presse, Olivier Jean

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le député Pierre Karl Péladeau a joué la carte du nationalisme économique et culturel en se présentant comme le candidat de la souveraineté, dimanche, dans sa circonscription de Saint-Jérôme, à l'occasion du lancement officiel de sa campagne à la direction du Parti québécois (PQ).

Accueilli par quelques 400 militants galvanisés qui scandaient son nom, le magnat de la presse a livré un long discours à forte saveur indépendantiste en rappelant comment il avait créé de la richesse en plus de défendre la culture québécoise alors qu'il évoluait dans le milieu des affaires.

«Il est absolument fondamental qu'un peuple contrôle son économie, a dit M. Péladeau dans son discours d'environ une heure. Maîtriser son économie, c'est être maître chez soi. Avoir le contrôle de son destin.»

À maintes reprises, l'actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor a déclenché des applaudissements dans la foule, notamment en plaidant pour un retour au bercail des souverainistes ayant cessé d'appuyer le PQ. «Il faut reconquérir ceux qui doutent du bienfait d'être maître chez nous, a martelé M. Péladeau. Notre parti est à la fois une institution robuste et fragile. La défaite (...) du 7 avril nous a ébranlés. Certains ont été tentés de baisser les bras. Ils ne le devraient pas.»

S'il n'a pas fourni de précisions quant au moment où il tiendrait un référendum s'il est porté au pouvoir, le député de Saint-Jérôme a toutefois l'intention de placer le thème de l'identité nationale au coeur de sa campagne, ce qui, selon lui, est «notre héritage le plus précieux».

Au cours des quatre prochaines années, M. Péladeau a affirmé  qu'il s'efforcerait de mettre sur pied une coalition visant à entreprendre la «reconstruction du pays» avec une «vision claire», sans quoi il sera impossible de bâtir quelque chose de «durable».

«C'est vrai qu'en 1995, le vol du référendum a été brutal, a-t-il dit, au cours d'une mêlée de presse après son discours. Aujourd'hui, nous devons parler de souveraineté. Probablement que nous ne l'avons pas assez fait dans les années précédentes.»

Présenté notamment par l'ex-premier ministre Bernard Landry, la productrice Denise Filiatrault, ainsi que les députés Nicole Léger, Pascal Bérubé et Harold Lebel, M. Péladeau, qui était accompagné de sa conjointe Julie Snyder, a également annoncé avoir recueilli 3250 signatures pour sa campagne.

L'actionnaire de contrôle de Québecor n'a jamais mentionné le nom de ses adversaires, préférant attaquer l'actuel premier ministre Philippe Couillard qui, selon lui, «travaille fort à obtenir le titre de pire premier ministre de notre histoire». «Nous avons toutes les raisons d'être inquiets qu'il (M. Couillard) pourrait y arriver, a lancé M. Péladeau. Il regarde le peuple de haut, persuadé de tout comprendre. Il agit comme quelqu'un qui veut avoir raison contre tout le monde.»

Devant ce qu'il perçoit comme des désaccords de plus en plus évidents entre le Québec et le reste du Canada, notamment dans les dossiers d'oléoducs, le député de Saint-Jérôme a reproché au gouvernement Couillard de «consentir» sans répliquer en guise de «remerciement» pour la péréquation.

«Je m'oppose à cette mentalité de porteur d'eau, fier de l'être, et incapable de s'affirmer par lui-même», a lancé M. Péladeau, applaudi par les militants.

Après avoir abordé les thèmes de la culture et de l'éducation, le sixième candidat déclaré dans la course à la succession de Pauline Marois a tendu la main aux jeunes qui, à son avis, ne voient plus comment la souveraineté pourrait les servir et ont délaissé le PQ aux dernières élections. «Il faut les convaincre de voir la souveraineté non pas comme un repli, mais comme la plus belle manière de se lancer à la conquête du monde», a plaidé M. Péladeau.

De son côté, en s'adressant aux militants, M. Landry a notamment affirmé que M. Péladeau lui rappelait le fondateur du PQ, René Lévesque, en raison de sa détermination à réaliser l'indépendance.

Réitérant que les souverainistes s'étaient fait «voler» lors du référendum de 1995, l'ancien premier ministre a également exhorté les militants à converger derrière le magnat de la presse afin de réaliser «l'indépendance nationale». «Il y en a qui nous ont abandonnés, a affirmé M. Landry. Il faut qu'ils reviennent. Nous sommes des militants de la patrie, en avant!»

M. Péladeau a également semblé particulièrement touché par la présentation de Mme Filiatrault, qui a entre autres souligné la mémoire de la mère du candidat, aujourd'hui décédée.

En plus de M. Landry, M. Péladeau bénéficie de l'appui de plusieurs ténors du PQ dans la course à la direction, dont le gagnant sera connu en mai.

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