Redressement des finances: le gouvernement ne reculera pas prévient Couillard

Le gouvernement ne reculera pas devant les vents contraires et mènera à terme... (François Gervais)

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François Gervais

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La Presse Canadienne
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le gouvernement ne reculera pas devant les vents contraires et mènera à terme son opération de redressement des finances publiques, a prévenu samedi le chef libéral Philippe Couillard.

Dans une allocution, M. Couillard a invité les quelque 600 militants réunis à Trois-Rivières en conseil général à ne pas se laisser distraire par les voix qui s'élèvent contre les compressions et autres mesures de redressement adoptées par le gouvernement libéral.

«Est-ce qu'il y aura des obstacles? Oui. Doit-on cependant donner raison à ceux qui cherchent à nous distraire en refusant de voir la réalité dans laquelle nous vivons ou qui sèment la confusion et l'inquiétude? Non», a soutenu le chef du gouvernement libéral.

M. Couillard a lancé ce message pendant que des centaines de syndiqués manifestaient à l'extérieur du centre des congrès contre le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite municipaux.

Le porte-parole de la Coalition pour la libre négociation, Marc Ranger, fulminait après avoir été mis au parfum du message du premier ministre.

«Je n'ai jamais été autant en cr..., a-t-il lancé. Il casse du sucre sur notre dos mais il ne perd rien pour attendre. Qu'il profite de sa lune de miel parce qu'on l'attend au tournant.»

De nombreux policiers de la Sûreté du Québec, assistés de collègues municipaux de Trois-Rivières - qui incidemment portaient la casquette rouge en guise de protestation contre le projet de loi 3 - avaient été mobilisés pour assurer la sécurité du conseil général. La manifestation s'est déroulée dans le calme.

Le retour à l'équilibre budgétaire, prévu l'an prochain, ne se fera pas sans heurts, a convenu M. Couillard dans son discours mais selon lui, «la majorité des Québécois» appuie la démarche du gouvernement.

«Savez-vous les trois mots que j'entends le plus souvent? «Ne lâchez pas'. On écoute toutes les voix de notre société, on écoute également les voix plus silencieuses, les familles qui travaillent et qui espèrent que le gouvernement fera ce qu'il a dit qu'il ferait, c'est-à-dire remettre de l'ordre dans les finances publiques et assurer un meilleur avenir pour leurs enfants», a déclaré le leader du PLQ.

«Dans ces mots «ne lâchez pas', il y a tout l'espoir du monde et non, nous ne lâcherons pas», a-t-il insisté.

Les prochains mois s'annoncent périlleux pour le gouvernement Couillard avec les négociations à venir sur le renouvellement des conventions collectives des 550 000 employés des secteurs public et parapublic. Le front commun syndical exige des hausses salariales annuelles de plus de 4,5 pour cent sur une période de trois ans.

Or, le gouvernement n'aura pas les moyens d'accorder des augmentations salariales l'an prochain, a laissé tomber le ministre des Finances, Carlos Leitao.

«Non, c'est très clair dans le budget, a-t-il dit. Nous avons limité les dépenses totales de programmes en 2015-2016 à 0,7 pour cent. On sait que 60 pour cent des dépenses de programmes, c'est la rémunération. Faites vos calculs».

Interpellé sur la possibilité d'un gel des salaires, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a laissé toutes les portes ouvertes.

«On ne mettra pas de chiffres sur la table alors que s'amorcent les négociations», a d'abord argué M. Coiteux.

«Par contre, tout le monde doit faire des efforts, absolument tout le monde. On ne va pas augmenter les impôts pour financer des choses impossibles, on ne va pas compromettre le maintien de l'équilibre budgétaire au-delà de l'exercice 2015-2016», a-t-il ajouté.

En fin de journée, en conférence de presse, le premier ministre Couillard a lui aussi laissé planer l'incertitude. «Dans l'état actuel des choses, avec le rythme d'augmentation des effectifs, avec la structure budgétaire et financière du Québec telle qu'on la connaît, c'est très difficile de penser à donner des augmentations de salaire, ce que je trouve franchement déprimant. Va falloir qu'on parle avec les syndicats», a-t-il dit.

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