Justin Trudeau n'ira pas aux funérailles de Fidel Castro

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Le premier ministre Justin Trudeau, lors de son passage à La Havance, le 16 novembre.

Sean Kilpatrick, archives PC

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau n'ira pas à Cuba pour rendre un dernier hommage à l'ex-président Fidel Castro «parce que son horaire ne le permet pas», selon ce qu'a affirmé son bureau, lundi.

Le dirigeant canadien a essuyé de dures critiques tant au pays qu'à l'étranger après avoir fait état de sa «profonde tristesse» face à la mort du «lider maximo».

Dans un communiqué publié par son bureau, samedi, il a salué ce «leader plus grand que nature» qui a «consacré près d'un demi-siècle au service du peuple cubain».

Justin Trudeau y a fait état de l'amitié qui unissait son père, Pierre Elliott Trudeau, et le père de la révolution cubaine, Fidel Castro, mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 90 ans.

L'ancien homme fort de La Havane avait d'ailleurs fait le déplacement à Montréal, en octobre 2000, pour assister aux obsèques de Pierre Elliott Trudeau.

La politesse ne sera pas rendue, le bureau de Justin Trudeau ayant confirmé lundi qu'il «n'assistera pas aux funérailles de M. Castro».

Il n'ira pas «parce que son horaire ne le permet pas», a soutenu dans un courriel son attachée de presse Andrée-Lyne Hallé.

Le bureau du premier ministre a dit ignorer pour l'instant si le gouvernement canadien sera représenté lors de la cérémonie funéraire, dimanche prochain, à Santiago de Cuba.

Le gouverneur général David Johnston doit pour sa part assister à une cérémonie de commémoration qui se tiendra mardi soir à La Havane, selon un communiqué de Rideau Hall.

Du côté de Québec, l'attaché de presse du premier ministre Philippe Couillard a confirmé lundi que celui-ci ne serait pas non plus à Cuba pour les obsèques de Fidel Castro.

La Maison-Blanche a annoncé lundi que ni le président Barack Obama ni le vice-président Joe Biden n'assisteraient au service funèbre de l'ancien président cubain.

Appel au boycottage

Au cours des dernières heures, des députés de l'opposition conservatrice avaient exhorté Justin Trudeau à boycotter les obsèques de Fidel Castro.

Les plus vocaux d'entre eux ont été les candidats à la direction du Parti conservateur Andrew Scheer, Lisa Raitt et Maxime Bernier.

Ce dernier a puisé dans son expérience à titre de ministre Affaires étrangères au sein de l'ancien gouvernement Harper pour faire valoir sa position dans un communiqué publié dimanche.

Il a prévenu que la présence de M. Trudeau ternirait «l'image» et «les intérêts économiques» du Canada et enverrait «un très mauvais message à la nouvelle administration américaine».

Lors de la période de questions en Chambre, lundi, les conservateurs ne sont pas allés jusqu'à réclamer un boycottage du Canada.

Mais les députés ont tiré à boulets rouges sur Justin Trudeau, lui reprochant d'avoir passé sous silence, dans sa déclaration, les violations des droits de la personne commises par le régime castriste.

Le premier ministre canadien, qui est rentré lundi matin de sa première visite officielle en sol africain, n'était pas aux Communes pour répondre aux questions.

C'est son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, qui a riposté aux tirs en provenance des banquettes conservatrices en plaidant que «la grande majorité des dirigeants» avait préféré «dire quelque chose de positif» sur Fidel Castro au lieu d'en profiter pour le taxer de dictateur.

Dimanche, en marge du Sommet de la Francophonie, à Madagascar, Justin Trudeau avait été pressé de questions au sujet de sa déclaration controversée. Il avait fini par répondre «oui» lorsqu'on lui a demandé s'il considérait l'homme fort de La Havane comme un dictateur.

Présence canadienne souhaitable

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, n'a pas voulu commenter directement la décision du premier ministre de ne pas assister aux obsèques de Fidel Castro.

Mais le Canada ne devrait pas opter pour la politique de la chaise vide, a-t-il fait valoir. «Il est important que nous ayons une représentation adéquate», a dit M. Mulcair.

Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin, partage le même avis. «Je ne pense pas que le Canada doit boycotter les funérailles», a-t-il tranché en mêlée de presse.

Les cendres du père de la révolution cubaine entameront mercredi une procession de trois jours qui retracera la marche de son armée de rebelles barbus depuis les monts de la Sierra Maestra jusqu'à la capitale.

Ses cendres seront mises en terre dimanche au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays.

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