Justin Trudeau n'envisage pas de hausser le salaire minimum

Justin Trudeau a fait ces commentaires lors d'une... (REUTERS)

Agrandir

Justin Trudeau a fait ces commentaires lors d'une séance de questions-réponses, vendredi, qui a été organisée par la société Thomson Reuters à Toronto.

REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jordan Press
La Presse Canadienne
Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau n'envisage pas de hausser le salaire minimum pour l'instant, laissant entendre que cette solution ne sera pas miraculeuse pour régler les problèmes des Canadiens aux prises avec des problèmes économiques.

Pour aider les Canadiens à faible revenu, il faut « travailler sur plusieurs ordres de gouvernement et sur plusieurs enjeux différents », a soutenu le premier ministre Trudeau.

Il a ajouté que son gouvernement se concentrait à aider les Canadiens par l'allocation pour les enfants, les investissements en infrastructure afin d'accroître la productivité et l'assistance aux étudiants à faible et moyens revenus pour qu'ils puissent payer leurs frais de scolarité.

« Ce n'est pas juste de mettre un peu plus d'argent dans les poches des gens, il faut s'assurer qu'ils ont les conditions pour réussir », a-t-il argué, vendredi, lors d'une séance de questions-réponses, organisée par la société Thomson Reuters à Toronto.

M. Trudeau a affirmé que le gouvernement fédéral considérait plusieurs mesures pour améliorer les conditions des travailleurs, mais la hausse du salaire minimum « n'est pas l'une de celles que l'on regarde actuellement ».

Des documents gouvernementaux suggèrent que si M. Trudeau revenait sur sa décision, les libéraux pourraient faire plus de mal que de bien à l'économie canadienne.

Une note interne du ministère de l'Emploi et du Développement social datée de juin 2015 indique que l'augmentation du salaire minimum pourrait « avoir des impacts généralement négatifs sur l'emploi » et nuire aux travailleurs qui ont besoin de plus de revenus.

« C'est un outil inefficace qui tend à bénéficier aux jeunes qui vivent encore chez leurs parents au lieu d'aider les familles à faible revenu », est-il écrit dans le document marqué « secret » qui a été obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Cette conclusion contredit d'autres études qui suggèrent que cette augmentation aurait des effets modestes sur l'emploi.

Lors de la dernière élection fédérale, le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait proposé d'augmenter le salaire minimum fédéral à 15 $ de l'heure, ce qui couvrirait seulement les travailleurs des entreprises réglementées par le gouvernement fédéral, dont les banques et les sociétés de télécommunications.

Les libéraux avaient rejeté cette idée, affirmant que la vaste majorité des travailleurs canadiens seraient exclus de cette réglementation puisque le salaire minimum est généralement fixé par les gouvernements provinciaux. L'Alberta, par exemple, a annoncé que le salaire minimum passerait à 15 $ d'ici 2018.

Le document du ministère souligne que la croissance des revenus de ladite classe moyenne a suivi celle des plus riches dans les 30 dernières années au Canada. Et ce n'est pas parce que les salaires ont augmenté, mais bien parce que les Canadiens ont travaillé davantage, selon les fonctionnaires. De plus, la place des femmes sur le marché du travail s'est tellement accrue dans les trente dernières années que les experts se questionnent sur la possibilité qu'on ait atteint un plateau.

Les deux enjeux combinés soulèvent la possibilité que les revenus stagnent, selon le document.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer