Les excuses du premier ministre ne suffisent pas à Robert Aubin

Selon le député de Trois-Rivières Robert Aubin, ce... (Stéphane Lessard)

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Selon le député de Trois-Rivières Robert Aubin, ce qui s'est produit mercredi, «c'était l'éclatement de ces tensions qui sont croissantes depuis quelques semaines, et qui se sont amplifiées ces derniers jours».

Stéphane Lessard

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Lorsqu'un parlementaire, le premier ministre en tête, offre des excuses sincères, si on veut pouvoir aller de l'avant, on se doit de les accepter. Cependant, après un geste aussi grave et aussi lourd de conséquence que celui d'hier (mercredi), les excuses ne suffisent pas. Il faut aussi qu'il y ait un geste de réparation. J'ai enseigné ça toute ma vie».

Voilà comment le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, entrevoit les choses à la suite de la bousculade impliquant Justin Trudeau à la Chambre des communes.

«Je m'attends à ce que le premier ministre fasse aussi oeuvre de réparation et qu'il ne se contente pas d'excuses à la Chambre. Et oeuvre de réparation, ça veut dire pour le Parti libéral de retirer cette motion M-6 qui bâillonne et qui enlève tous les outils dont les partis d'opposition peuvent disposer», a-t-il précisé.

Selon lui, ce qui s'est produit mercredi, «c'était l'éclatement de ces tensions qui sont croissantes depuis quelques semaines, et qui se sont amplifiées ces derniers jours». «Une fois passée la surprise de ce que mes yeux voyaient, ce que j'en ai compris, on avait là la manifestation physique de l'arrogance du Parti libéral qu'il exerce par toute autre moyen depuis quelques semaines», ajoute le représentant du NPD.

Jamais il ne se serait imaginé que les libéraux puissent battre le record des conservateurs en terme de bâillons. «Ils sont très bien partis avec des bâillons sur des projets de loi fondamentaux comme l'aide médicale à mourir et la réforme électorale. Ils ont usé de plein de moyens procéduraux pour bâillonner les députés en chambre, ils n'ont pas du tout digéré la peur qu'ils ont eue de perdre un vote lundi, et voilà qu'ils nous menacent de déposer ces derniers jours la motion 6 par laquelle le gouvernement s'arroge tous les pouvoirs», poursuit M. Aubin.

Celui-ci admet que le Parti libéral a été élu «royalement» en octobre dernier. «Loin de moi l'idée de remettre ça en question, mais notre système électoral fait encore en sorte que ce gouvernement là a été élu par 39 % de la population. Alors, c'est 61 % de la population canadienne qui sont représentés par des députés de l'opposition à qui on voudrait enlever le droit de parole et le droit de s'exprimer. Il s'agit d'un accroc à la démocratie très solide et très sévère», a déploré le député trifluvien.

Et même si certains blâment sa formation politique d'avoir provoqué cet incident, «En rien ça n'autorise le premier ministre à poser les gestes qu'il a posés». «Du moment que l'un des deux whips est assis, le président de la Chambre peut commencer. M. Trudeau n'avait aucune raison d'intervenir, il n'avait simplement qu'à faire signe à son whip de s'asseoir et la procédure aurait commencé et tout le monde se serait assis. Il n'y a aucune raison qui justifie cette position par la force. Se lever de son siège de premier ministre, traverser la Chambre et bousculer des parlementaires, c'est forcément intentionnel, ça ne peut pas être accidentel», affirme M. Aubin.

«Que Mme Brosseau ait reçu un coup de coude accidentel, soit, c'est un accident. Que dans son agressivité ou sa fureur, qu'il ne se retourne même pas pour s'excuser, ça demeure inconcevable. Ce que nous avons vu à la Chambre hier (mercredi) est inconcevable de n'importe quel parlementaire, encore moins du premier ministre», renchérit-il en conclusion.

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