Mulcair se fait montrer la sortie

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Avec un appui de seulement 48 % des membres, le chef Thomas Mulcair ne peut demeurer en poste, selon la constitution du Nouveau Parti démocratique (NPD).

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Laurie Noreau, La Presse Canadienne
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le verdict, impitoyable, est tombé dimanche après-midi: les membres du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont poussé leur chef Thomas Mulcair vers la sortie.

La nouvelle a eu l'effet d'une bombe dans la salle du centre des congrès d'Edmonton où s'étaient réunis quelque 1800 délégués.

Cinquante-deux pour cent des militants ont demandé une course à la direction. Une majorité simple était requise pour que le NPD soit tenu d'organiser une telle course.

Avec un appui de seulement 48 pour cent, Thomas Mulcair est arrivé bien loin du seuil minimal de 70 pour cent qui avait été si souvent évoqué au cours des dernières semaines.

Il s'agit d'une défaite cinglante pour le chef sortant, qui a précisé dimanche qu'il resterait à la tête du parti en attendant le choix de son successeur.

Plusieurs membres de la députation québécoise ont été secoués par la nouvelle; certains ont versé des larmes en quittant la grande salle du centre des congrès.

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Robert Aubin

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Le résultat a surpris le président du caucus québécois et député de Trois-Rivières. «La déception est énorme», lance d'entrée de jeu Robert Aubin qui avait ouvertement appuyé son chef avant la tenue de ce vote de confiance. «Je perds un chef de parti, un conseiller et un ami».

«Les membres présents au congrès se sont prononcés et de façon suffisamment claire. En tant que néodémocrate qui croit aux vertus de la démocratie, quand le vote nous est favorable, on s'en réjouit et lorsqu'il ne l'est pas, on se rallie», soutient-il, bon joueur malgré tout.

«J'avais foi en Thomas Mulcair. C'est cet homme qui m'a amené en politique. C'est aussi l'homme qui nous a amenés aux portes d'un gouvernement. On a tendance à l'oublier trop rapidement».

Robert Aubin est optimiste pour la suite des choses et estime que le NPD peut encore compter sur l'appui de la population. «Le vote NPD tant au Québec qu'au Canada demeure un vote résolument fort. Les personnes qui ont voté néodémocrate à la dernière élection malgré les controverses et les erreurs de parcours qu'on ait pu commettre seront vraisemblablement encore là en 2019», croit Robert Aubin, ajoutant que c'est un «concours de circonstances» qui est à l'origine des résultats de la dernière élection.

Les membres ont également voté pour que la course à la direction se tienne d'ici les deux prochaines années, bien plus que les 12 mois habituels. Cela permettra de faire les choses dans les règles de l'art selon Robert Aubin. 

«Ça va nous donner le temps de bien préparer cette course à la direction. Ça va aussi permettre un temps de réflexion aux candidats ou candidates qui voudront faire la course le moment venu».

Alors que tous les espoirs étaient permis, Thomas... (La Presse Canadienne) - image 3.0

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Alors que tous les espoirs étaient permis, Thomas Mulcair affichait un très beau sourire lorsqu'il est allé déposer son bulletion de vote.

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Étonné par le faible score récolté par Thomas Mulcair, le député Matthew Dubé a rejeté l'idée que cela témoigne d'une division chez les néodémocrates.

Philosophe, il a soutenu que la course à la direction permettrait un brassage d'idées qui aidera justement le parti à se renouveler.

«La beauté de la course, c'est que ça va nous permettre de continuer (de débattre) et décider dans quelle direction on veut aller pour l'avenir», a soumis M. Dubé.

Le député d'Outremont assurait que malgré ce cuisant revers, le parti demeurait une force politique considérable.

«Plus d'un million de Québécois considèrent toujours les valeurs néodémocrates comme leurs valeurs, et nos 16 députés de partout au Québec sont là pour en témoigner», a exposé M. Mulcair.

«Bien sûr, nos attentes étaient plus élevées, mais nous restons malgré tout une force politique redoutable au Québec», a-t-il enchaîné.

Avant l'annonce des résultats, Thomas Mulcair y était allé d'un dernier plaidoyer auprès de ses troupes.

«Mes collègues néodémocrates, des millions de Canadiens nous regardent. Ils comptent sur nous pour mener la bataille pour eux (...) Nous ne pouvons les laisser tomber», a-t-il plaidé.

«Si vous continuez à vous tenir debout à mes côtés, alors ensemble, nous ne cesserons jamais de nous battre. Alors tenez-vous debout avec moi», a enchaîné M. Mulcair.

Visiblement nerveux, le chef sortant a mis du temps à prendre ses aises sur scène, semblant avoir de la difficulté à contenir son émotion au début de son allocution.

Plusieurs membres du caucus néodémocrate ont dit avoir apprécié le discours du chef sortant, qui reconnaissait lui-même que cet événement représentait un moment charnière de sa carrière politique.

Mais pour d'autres, Thomas Mulcair n'avait tout simplement pas livré la marchandise.

«Il a démontré beaucoup de passion, mais à mon sens, il failli à la tâche de vraiment élaborer une vision positive de l'avenir du pays, l'avenir du parti», a exposé un délégué montréalais, Franklin Gertler.

La députée de Berthier-Maskinongé Ruth Ellen Brosseau n'a pas retourné les appels du Nouvelliste.

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