Thomas Mulcair souhaite que le NPD «fasse entrer de l'air frais»

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Thomas Mulcair

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
OTTAWA

Thomas Mulcair, qui s'y connaît en campagnes électorales, s'active déjà en vue du congrès du Nouveau Parti démocratique (NPD), dans une semaine, qui devra décider de son sort.

Les délégués réunis à Edmonton mesureront alors la part de responsabilités de leur chef dans la déroute du NPD à quelques semaines du scrutin d'octobre dernier.

La présidente du parti, Rebecca Blaikie, a déjà suggéré un seuil de 70 pour cent comme vote de confiance suffisant pour que M. Mulcair demeure en poste, même si les statuts du parti prévoient qu'une course à la direction doit être tenue d'ici un an si une majorité simple de délégués (50 pour cent plus un) l'exige en congrès.

Il s'agit d'une période critique pour les néo-démocrates: ils se relèvent difficilement des résultats décevants du dernier scrutin, qui a réduit leur caucus à 44 députés, et les a relégués en troisième place aux Communes.

La gauche était conviée vendredi à Ottawa au Sommet sur le progrès 2016, organisé par l'Institut Broadbent, un organisme de réflexion fondé par l'ancien chef du NPD Ed Broadbent. M. Mulcair y était bien sûr présent et multipliait les poignées de mains.

Le chef néo-démocrate, qui rencontre depuis octobre des militants de son parti pour dresser le «post-mortem» de la campagne, a soutenu vendredi que cette expérience avait été pour lui très enrichissante.

«Il est rare qu'un chef de parti puisse prendre le temps de s'asseoir avec un candidat, une petite équipe de campagne dans une circonscription, a-t-il dit. On en apprend tellement sur les forces et les faiblesses de notre équipe en matière d'organisation, de communications, d'enjeux.»

Le NPD, selon lui, doit maintenant s'ouvrir lui aussi aux commentaires et aux critiques des militants. «Je veux m'assurer que nous ouvrons toutes grandes les portes et les fenêtres du parti (...) que nous laissons entrer beaucoup d'air frais, de lumière du jour, beaucoup plus de gens aussi, a-t-il dit. Nous devons dorénavant adopter une approche beaucoup plus »portes ouvertes«.»

Mais certains militants souhaitent que le parti retrouve ses marques à gauche et ils ne sont pas convaincus que M. Mulcair soit l'homme de la situation pour ce réalignement.

L'ex-chef Ed Broadbent estime quant à lui que le NPD doit retrouver sa place de leader au coeur même du débat politique fédéral. Dans une allocution vendredi au Sommet sur le progrès, il a rappelé que les libéraux avaient surfé sur la popularité du NPD l'an dernier en virant à gauche. Pourtant, a-t-il estimé, une grande partie des inégalités observées actuellement dans la société canadienne sont directement attribuables au budget libéral de 1995 (de Paul Martin et Jean Chrétien).

Voilà pourquoi, selon lui, le NPD doit redevenir le leader du débat politique au fédéral. Selon M. Broadbent, le parti doit ancrer son action politique dans des idées progressistes et audacieuses, mais aussi trouver de nouvelles façons de séduire une vaste majorité de Canadiens. «Il faut avoir comme objectifs de prendre le pouvoir et de gouverner selon nos principes.»

Celui qui a dirigé le NPD pendant 14 ans, de 1975 à 1989, admet que la défaite d'octobre a été décevante, car une victoire était à portée de main quelques semaines avant le scrutin. Il a cependant soutenu qu'une grande majorité de Canadiens sont résolument progressistes. Et lorsque les sociaux-démocrates leur présentent les meilleures idées, comme Rachel Notley l'a fait en Alberta, les néo-démocrates peuvent gagner, a soutenu M. Broadbent.

Le NPD devra par ailleurs se livrer à une réflexion nécessaire, a admis l'ex-chef à une semaine du congrès du parti.

L'Institut Broadbent avait aussi invité à son Sommet sur le progrès la célèbre féministe américaine Gloria Steinem. La journaliste militante a notamment salué vendredi la décision du gouvernement libéral de l'Île-du-Prince-Édouard d'offrir d'ici la fin de l'année un service d'interruption volontaire de grossesse sur son territoire, rejoignant ainsi les neuf autres provinces canadiennes.

La ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a aussi participé à ce sommet en après-midi. Elle a décrit son rôle comme celui d'une «facilitatrice» entre les provinces et le fédéral, et entre l'industrie et les citoyens inquiets pour l'environnement. Mme McKenna participait à une discussion qui réunissait aussi la ministre de l'Environnement de l'Alberta, Shannon Phillips, et la conseillère municipale de Vancouver Andrea Reimer.

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