Le gaspillage alimentaire dans la mire

La députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau.... (Archives, Le Nouvelliste)

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La députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau.

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(Trois-Rivières) Sensible au phénomène du gaspillage alimentaire, la députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, a déposé un projet de loi privé à la Chambre des communes afin de lutter contre cette réalité.

La députée souhaite avec le projet de loi C-231 créer la Journée nationale de sensibilisation au gaspillage alimentaire et élaborer une stratégie visant à réduire ce phénomène au Canada. La députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) a déposé son projet de loi mercredi à Ottawa et a procédé à sa première lecture.

«Le gaspillage alimentaire, c'est l'affaire de tout le monde. On peut travailler avec le gouvernement pour que le Canada devienne un leader sur cette question», affirme Ruth Ellen Brosseau, qui se dit quand même chanceuse d'avoir l'opportunité de présenter un projet de loi privé.

«Le Canada est un pays riche et il y a 31 milliards $ en nourriture (annuellement) de gaspillés. C'est énorme.»

Cette journée nationale de sensibilisation au gaspillage alimentaire aurait lieu le 16 octobre, la même date que la Journée mondiale de l'alimentation. Elle s'intégrerait de plus dans la semaine québécoise de la réduction des déchets.

«Nous sommes dans un contexte d'insécurité alimentaire grandissant. Il y a environ 850 000 Canadiens qui font appel à des banques alimentaires chaque mois. Et 36 % de ces personnes sont des enfants», souligne-t-elle.

Le deuxième volet de projet de loi C-231 consiste à mettre sur pied une stratégie nationale de lutte au gaspillage alimentaire. «On demande au ministre de l'Agriculture [Lawrence MacAulay] de prendre le lead dans le dossier et de travailler avec ses homologues provinciaux ainsi que tous les intervenants», précise la députée de Berthier-Maskinongé.

Ruth Ellen Brosseau s'est inspirée en partie du modèle français, où une loi a été adoptée afin d'interdire le gaspillage alimentaire chez les détaillants. La députée souhaite que les projets de Moisson Montréal et de Moisson Mauricie-Centre-du-Québec, qui consistent à récupérer de la viande de détaillants, inspirent les autres organismes du pays.

«Maintenant, on peut transformer ces aliments. Il s'agit d'exemples pour le reste du Canada», note la députée. «C'est vraiment un modèle à suivre. [...] On peut l'implanter ailleurs.»

Celle qui est aussi vice-présidente du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire devra convaincre les députés des autres partis du bien-fondé de son projet de loi. Étant députée du deuxième parti d'opposition, cette étape est primordiale si elle souhaite que son projet de loi privé soit accepté et devienne réalité.

«C'est un moment propice pour déposer ce projet de loi. Le premier ministre, Justin Trudeau, a demandé au ministre de l'Agriculture d'élaborer une stratégie alimentaire, mais ça n'incluait pas d'avoir une partie pour le gaspillage alimentaire», soutient Ruth Ellen Brosseau. «C'est important d'avoir ce débat en chambre, à l'heure où les prix des aliments augmentent constamment.»

Le premier débat en chambre sur ce projet de loi devrait avoir lieu en mars. Par la suite, le projet privé de Ruth Ellen Brosseau suivra son cours avant d'être soumis au vote des députés.

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