Trudeau courtise les conservateurs déçus

Le Parti libéral courtise le vote des conservateurs... (Photo: La Presse Canadienne)

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Le Parti libéral courtise le vote des conservateurs dits «mous» ou encore «rouges» ainsi que celui des nostalgiques progressistes-conservateurs, comme l'a clairement signalé son chef Justin Trudeau en matinée lundi. On le voit ici avec son fils Hadrien, alors que la famille faisait campagne en Outaouais.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
PORT HOPE, Ont.

Justin Trudeau a les conservateurs «mous» dans sa mire. Le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a donné le coup d'envoi à la dernière semaine de campagne en invitant les électeurs d'allégeance conservatrice déçus par Stephen Harper à larguer ce dernier pour se rallier à sa formation.

La caravane libérale a roulé une bonne partie de la journée d'hier sur l'autoroute 401 entre Ottawa et Toronto, faisant escale dans trois circonscriptions remportées par le Parti conservateur avec de très fortes majorités frisant ou dépassant les 50 % aux dernières élections de mai 2011.

À chaque arrêt, le leader du PLC était malgré tout attendu par des foules imposantes, que ce soit au Tim Hortons de Napanee ou encore au beau milieu d'une artère de la petite municipalité de Port Hope, que les policiers ont décidé de fermer à la circulation afin de permettre à M. Trudeau de livrer son discours.

Le Parti libéral espère reconquérir ces circonscriptions - et bien d'autres - en courtisant le vote des conservateurs dits «mous» ou encore «rouges» ainsi que celui des nostalgiques progressistes-conservateurs, comme l'a clairement signalé son chef en matinée.

«Les conservateurs ne sont pas nos ennemis. Ils sont nos voisins, nos cousins, nos oncles, nos parents. Ils sont nos amis», a plaidé un Justin Trudeau débordant de confiance dans une allocution en matinée, devant une salle comble dans un local électoral de l'ouest d'Ottawa.

«Nous n'avons pas besoin de les convaincre d'abandonner le Parti conservateur. Nous devons juste leur démontrer que c'est le parti de Stephen Harper qui les a abandonnés», a-t-il ajouté en prenant soin d'établir un net contraste entre le leadership et le parti de M. Harper et celui de ses prédécesseurs.

«Les progressistes-conservateurs peuvent être fiers que leurs premiers ministres ont toujours refusé de s'ancrer dans le jeu de la division. (...) Pour eux, un Canadien était un Canadien, point», a fait valoir M. Trudeau.

«Ces valeurs ne sont pas disparues, mais elles sont disparues du Parti conservateur actuel, tout comme tout ce qui était progressiste», a-t-il enchaîné, ne mentionnant pas une fois dans son discours le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair.

Ce discours n'est pas nouveau, mais il refait surface alors que le leader du PLC entame cette ultime semaine de la longue campagne électorale de 78 jours avec le vent dans les voiles. Dans plusieurs sondages nationaux, sa formation est en première position, devant les conservateurs.

Et il n'a manifestement pas l'intention de bousiller cette avance présumée, faisant usage d'une grande prudence au moment de répondre aux questions des journalistes, qui sont par ailleurs plus nombreux à le suivre pour ce dernier droit.

Ainsi, lorsqu'il a été invité - trois fois - à préciser les propos tenus sur le plateau de l'émissionTout le monde en parle concernant la vente de «Jeeps» à l'Arabie saoudite, il s'est contenté de répéter qu'il ne résilierait pas un contrat signé par le Canada, mais qu'un gouvernement libéral agirait différemment.

Les «Jeeps» en question s'apparentent davantage à des véhicules blindés légers et peuvent être munis de canons. Mais M. Trudeau refuse d'apparaître sur la défensive, esquivant les questions précises sur ce dossier et choisissant plutôt d'insister sur son message entourant le désir de changement des Canadiens.

«Je me suis engagé à respecter les contrats signés, mais à aller de l'avant avec un niveau d'ouverture et de transparence que les Canadiens méritent d'avoir d'un gouvernement», s'est-il borné à répondre à chaque fois que la question a été soulevée par les représentants des médias en matinée.

Le chef libéral avait amorcé sa journée dans un champ de citrouilles à Gatineau avec son épouse Sophie et ses trois jeunes enfants pour souligner cette journée de l'Action de grâce. Il la termine du côté de Toronto, sa caravane se posant dans la Ville Reine pour la nuit.

Le PLC, qui détenait seulement 36 sièges aux Communes à la dissolution du Parlement, espère réaliser des gains dans la grande région de Toronto, riche en sièges, que se disputeront farouchement les trois grands partis jusqu'à la toute dernière minute.

Justin Trudeau passera la journée dans la grande région de la métropole canadienne, tout comme ses principaux adversaires Stephen Harper et Thomas Mulcair.

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