Assurance-emploi: le NPD veut que l'argent reste aux chômeurs

Les candidats néo-démocrates Jean-Yves Tremblay, Robert Aubin et... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Les candidats néo-démocrates Jean-Yves Tremblay, Robert Aubin et Hans Marotte ont présenté le plan de leur parti pour l'assurance-emploi près de l'ex-usine Laurentide, vendredi matin à Shawinigan.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un gouvernement néo-démocrate mettrait fin aux pratiques d'utilisation de la caisse d'assurance-emploi, que libéraux et conservateurs ont géré comme «leur compte-chèque personnel». Vendredi matin, sur les terrains de l'ex-papeterie Laurentide, les candidats Robert Aubin (Trois-Rivières), Hans Marotte (Saint-Jean) et Jean-Yves Tremblay (Saint-Maurice-Champlain) ont présenté plusieurs mesures pour les chômeurs, en insistant sur l'importance de garder l'argent de ce fonds pour sa mission première.

Le site avait été choisi pour le symbole qu'il représente dans une région qui a été durement bousculée au cours des dernières années. 

«Au moment où on se parle, il y a moins de quatre travailleurs sur dix qui cotisent au régime d'assurance-emploi qui réussissent à obtenir des prestations au moment où ils ont une perte d'emploi», rappelle M. Aubin. «C'est totalement inadmissible!»

Le député sortant de Trois-Rivières a suivi de très près la réforme du gouvernement conservateur en 2013, lui qui agissait à titre de porte-parole du NPD en matière d'assurance-emploi.

La mesure phare du plan néo-démocrate consiste à protéger la caisse afin qu'elle serve uniquement à assurer des prestations aux Canadiens. Un projet de loi a déjà été déposé en ce sens par le NPD.  «Il dit que l'ensemble des cotisations des travailleurs et des employeurs sera consacré uniquement aux dépenses prévues à la Loi sur l'assurance-emploi», note M. Aubin. «Fini le pillage de la caisse de l'assurance-emploi, comme l'ont fait les libéraux et les conservateurs. Il faut que les cotisations retournent en services. Le nom le dit, c'est une assurance!»

«Cinquante-sept milliards de dollars ont été volés aux travailleurs et aux employeurs», dénonce M. Tremblay. «C'est vraiment inacceptable, c'est honteux de prendre les sommes d'argent qui ont été déposées pour retirer de l'assurance-chômage.»

Le NPD s'attarderait également aux règles d'admissibilité, devenues tellement restrictives que la caisse parvient à dégager des surplus de deux milliards de dollars par année, pointe M. Aubin. Voilà pourquoi ce parti propose d'établir le seuil d'admissibilité à 360 heures de travail dans les 52 semaines précédentes. Actuellement, un employé doit avoir accumulé entre 420 et 700 heures, selon certains critères.

S'il est élu le 19 octobre, le NPD s'engage également à créer au moins 90 000 opportunités de formation et de transition au travail. Il investira aussi 430 millions $ pour prolonger d'au plus cinq semaines la période de prestations dans les régions où le taux de chômage est élevé, une mesure particulièrement utile pour les travailleurs saisonniers de la Mauricie, fait remarquer M. Aubin. 

Le NPD veut simplifier l'accès aux prestations qui permettent de prendre soin d'un membre de la famille gravement malade. Dans ce cas, M. Marotte précise que la durée de ces prestations passerait de 15 à 45 semaines.

Le candidat dans Saint-Jean, avocat en matière des droits des travailleurs depuis une vingtaine d'années, promet de jeter aux poubelles la mesure qui encourage les chômeurs à accepter n'importe quel type d'emploi pour réintégrer le marché du travail. 

Le NPD promet un retour rapide à l'équilibre budgétaire, une volonté qui n'entre pas en contradiction avec cette réforme de l'assurance-emploi, selon M. Aubin. «Le NPD va faire des choix qu'aucun autre parti n'a osé faire», explique-t-il. «Nous allons augmenter le taux d'imposition de la grande entreprise de 15 % à 17 % et c'est quatre milliards $ de plus en revenus à chaque année. On va abolir le fractionnement du revenu pour deux milliards $, un programme financé par l'ensemble des contribuables qui ne sert qu'à 15 % de la population. Et en abolissant le CELI, nous aurons deux milliards $ supplémentaires. Il est possible d'équilibrer le budget, d'aller chercher de nouveaux revenus sans piger dans la poche du contribuable.»

Les mesures proposées n'empêcheront pas la caisse d'assurance-emploi de dégager de surplus, croit M. Marotte. «Depuis 1990, tous les gouvernements conservateurs et libéraux, pour moi, c'est un parti, deux succursales: ils ont fait exactement la même chose», image-t-il. «Ils ont réduit les taux de cotisation et réduit l'admissibilité. Nous allons maintenir les taux de cotisation et cet argent sera suffisant. Dans les dernières années, libéraux et conservateurs pigeaient entre 4 et 8 milliards de dollars par année dans la caisse. Ils volaient cet argent! Nous, on va le laisser là pour les chômeurs.»

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