Centre fiscal: Grenier dénonce la manipulation des libéraux

Jacques Grenier, candidat conservateur dans Saint-Maurice - Champlain,... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Jacques Grenier, candidat conservateur dans Saint-Maurice - Champlain, en a soupé des tactiques de son adversaire libéral concernant l'avenir du Centre fiscal de Shawinigan

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le candidat conservateur dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain est monté au front, jeudi matin, pour «rétablir les faits» dans ce qu'il qualifie de campagne de manipulation des libéraux dans le dossier portant sur l'avenir du Centre fiscal de Shawinigan. Selon lui, les électeurs ne sont pas dupes et la plupart d'entre eux ont compris les manoeuvres discutables et l'accointance entre François-Philippe Champagne et l'Alliance de la fonction publique du Canada.

La goutte qui a fait déborder le vase s'est produite le 24 septembre, lorsque le conseiller syndical Normand Pelletier a été cité dans un communiqué de presse, dans lequel il rapportait une conversation téléphonique avec M. Grenier. Dans cette communication officielle de l'AFPC, il racontait avoir approché le candidat conservateur pour discuter du dossier des emplois du Centre fiscal. Il accusait M. Grenier de lui avoir répondu qu'il «n'avait pas le temps pour nous et encore moins pour nous rencontrer, qu'il a d'autres choses à faire de plus important».

Le candidat conservateur a vivement nié ces propos lors d'une entrevue avec Le Nouvelliste. Jeudi matin, dès 6 h 45, il s'est présenté à l'entrée du Centre fiscal pour saluer les employés. Il affirme avoir été très bien accueilli et il en a profité pour inviter les gens à ne pas se laisser berner par les tactiques des libéraux.

«Je n'ai jamais eu de correspondance avec M. Normand Pelletier, réitère-t-il. Je peux laisser l'historique des appels de mon cellulaire et tous les appels à mon bureau de campagne sont enregistrés pour démontrer mon honnêteté et ma transparence.»

M. Pelletier a toujours maintenu avoir communiqué par téléphone avec M. Grenier. Le candidat conservateur assure qu'il s'agit d'un mensonge qui s'inscrit dans une stratégie pour favoriser les libéraux.

«Les gens me disaient de ne pas laisser faire ça, raconte-t-il. Ils ne sont pas trop fiers de ce qui s'est passé; ils se sentent manipulés. Vous pouvez me poser la question 20 fois et je vous dirai toujours qu'il ne m'a jamais appelé. C'est clair! J'ai trouvé ça particulier qu'il assiste à pratiquement toutes les soirées de M. Champagne (dans le cadre de la campagne). C'est leurs affaires s'ils ont une bonne entente, mais j'ai un peu de difficulté à voir la façon dont ils fonctionnent.»

M. Grenier interprète l'apparition de Jean Chrétien, lundi, comme une tentative désespérée pour redorer l'image d'un candidat qui traîne de la patte dans les sondages, selon lui. «Ça faisait partie de leur stratégie, constate-t-il. M. Chrétien a laissé sa trace dans la région. C'était sûr qu'il attirerait les médias. Je ne trouve pas ça sain. J'aurais pu demander à M. (Brian) Mulroney qu'il vienne, mais je fais ma campagne moi-même.»

Devant une cinquantaine de personnes jeudi matin, M. Grenier s'est prêté à un court point de presse près du Centre fiscal pour mettre en garde les employés contre la campagne de leur syndicat.

«Pour moi, c'est de la manipulation d'opinion publique, insiste-t-il. Il fallait rectifier le tir. C'est de la vieille politique et on n'est plus là aujourd'hui. Les gens demandent une certaine honnêteté, une certaine franchise. Je suis venu rétablir les faits.»

M. Grenier reconnaît que les syndicats font la vie dure au Parti conservateur. L'Alliance de la fonction publique du Canada l'a-t-elle pris en grippe dans le dossier du Centre fiscal ?

«Il ne faut pas douter de l'intelligence des gens, réitère-t-il. «Ils savent très bien pourquoi ils font ça.»

Sur le fond du dossier du Centre fiscal, M. Grenier assure que jamais le gouvernement conservateur n'a songé à transférer les emplois de Shawinigan. «Une évaluation des travaux a été faite, de 50 à 60 millions $, rappelle-t-il. Si une évaluation a été faite, c'est parce qu'il y a quelque chose sur la table de travail. Le lendemain de l'élection, je serai le premier à regarder ce qui se passera et à établir des échéances. Ce sont des investissements considérables. Si on étale sur quatre ans, je pense que ce serait dans le domaine du faisable.»

M. Grenier répète que s'il est élu, il garantira également un plancher d'emploi de la fonction publique fédérale à Shawinigan.

«Je pense que c'est plus sécurisant pour le gens.»

Grenier explique son absence au débat autochtone

Après sa sortie au sujet du Centre fiscal de Shawinigan jeudi matin, Jacques Grenier a été invité à expliquer son absence au forum de la nation atikamekw, mercredi à La Tuque, alors qu'il s'était pourtant déplacé pour le déjeuner conférence de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice quelques heures auparavant.

«Je ne contrôle pas mon agenda», commente-t-il. «J'avais autre chose de prévu dans la région. Nous avons quitté pour La Tuque à 5 h 30 du matin et nous avons fait un aller-retour, comme c'était prévu.» «J'ai parlé avec le chef de bande et je lui ai dit qu'on se rencontrerait à une autre occasion», ajoute M. Grenier.

Le candidat conservateur laisse entendre que le très vaste comté de Saint-Maurice-Champlain représente tout un défi d'organisation pour les candidats. «Nous avons eu trois débats à La Tuque au cours des deux dernières semaines», fait-il remarquer. «J'avais demandé à la présidente de la chambre de commerce si on pouvait concilier les trois. Elle ne pouvait pas mélanger le communautaire avec les atikamekws.»

M. Grenier ne croit pas que cette absence lors de ce forum nuira à sa campagne. «Les gens me connaissent du côté des autochtones», fait-il remarquer. «Il y a quatre ans, j'avais passé trois heures avec le conseil de bande de Wemotaci. J'ai quand même une très bonne complicité avec eux. Je suis aussi allé à plusieurs reprises au centre d'achats à La Tuque et j'ai eu de très bonnes conversations avec eux.»

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