Partenariat transpacifique: «Un gouvernement qui se fout de son peuple»

Ruth Ellen Brosseau serre la main du producteur... (Stéphane Lessard)

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Ruth Ellen Brosseau serre la main du producteur laitier Yves Lamy en présence de Nicolas Tabah, Jean-Yves Tremblay et Robert Aubin.

Stéphane Lessard

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Yamachiche) «Je n'en reviens pas de voir un gouvernement mettre sur une table de négociations le droit d'un peuple à se nourrir. On vit des inquiétudes. Un gouvernement qui fait vivre ça à son peuple est un gouvernement qui se fout de son peuple.»

Ces paroles prononcées par Yves Lamy, un producteur laitier de Yamachiche, ont sonné comme de la musique aux oreilles des candidats du Nouveau Parti démocratique de la région. Ruth Ellen Brosseau (Berthier-Maskinongé), Robert Aubin (Trois-Rivières), Jean-Yves Tremblay (Saint-Maurice-Champlain) et Nicolas Tabah (Nicolet-Bécancour-Saurel) ont rencontré la presse régionale hier à la ferme de M. Lamy pour dénoncer les contrecoups du Partenariat Transpacifique récemment conclu par le gouvernement conservateur.

M. Lamy ne s'est pas gêné pour critiquer vertement le fait que l'entente prévoit l'ouverture d'une brèche de 3,25 % du marché canadien dans le secteur du lait. Une brèche qui pourrait presque doubler, craint-il.

«L'entente laisse entrer 16 nouveaux produits comme le beurre, le yogourt, le fromage industriel. Je m'attends à ce que ce soit plus que 3,25 %, car le gouvernement aura du mal à quantifier les produits importés.»

M. Lamy possède 52 vaches à la traite, ce qui représente la moyenne canadienne en terme de nombre de bêtes dans ce secteur. L'ouverture du marché laitier canadien fera diminuer sa production d'environ 20 000 litres par année, soit un impact de quelque 15 000 $.

«On abandonne des parts de marché qu'on ne pourra jamais récupérer», ajoute Mme Brosseau, critiquant le fait que cette entente ait été réglée à quelques jours de l'élection fédérale et que cette perte financière appréhendée risque d'être nette malgré le programme de compensation prévu par les conservateurs.

Son collègue de Trois-Rivières souligne que les contribuables devront payer ce programme de compensation afin de soutenir un système qui fonctionne bien sans rien leur coûter.

«Le gouvernement offre 4,3 milliards de dollars en compensation temporaire pour un problème permanent. Et on va perdre la qualité (du produit)», estime Robert Aubin.

Selon ce dernier, les négociateurs américains laissent entendre que l'entente se serait pas complètement finalisée. Le député sortant de Trois-Rivières affirme qu'un gouvernement néodémocrate aura la latitude d'y apporter des modifications.

«Si c'est bon pour les Américains, c'est bon pour nous», commente-t-il.

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