Centre fiscal de shawinigan: une annonce de portée nationale?

À moins d'un changement de dernière minute, tout porte à croire que l'ancien... (Photo: Sylvain Mayer)

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À moins d'un changement de dernière minute, tout porte à croire que l'ancien premier ministre Jean Chrétien s'impliquera à nouveau dans l'actuelle campagne électorale. Cette fois, l'homme fort de Shawinigan pourrait se présenter lundi à côté du candidat dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, lors d'une «annonce importante» du Parti libéral du Canada sur le parvis du Centre fiscal.

Sans dévoiler le contenu de l'engagement qui sera rendu public lundi, M. Champagne assure que ses propos seront alors sans équivoque et qu'ils réjouiront les familles des 1500 personnes qui oeuvrent dans la bâtisse du secteur Shawinigan-Sud. Qui plus est, il souligne à grands traits que cette annonce sera réalisée au vu et au su «d'un invité de marque».

Rappelons que le 8 avril 1979, alors qu'il était ministre des Finances sous le gouvernement de Pierre Elliot Trudeau, Jean Chrétien inaugurait le bâtiment ayant pignon sur la 12e Avenue. Trente-six ans plus tard, l'endroit fourmille de fonctionnaires. Des 1500 travailleurs en poste, plus de 600 occupent un emploi à temps plein. Tous travaillent à la solde de l'Agence du Revenu du Canada et de Service Canada, injectant dans l'économie régionale une masse salariale annuelle de 56 millions $.

Sans confirmer ou infirmer la présence de M. Chrétien lundi, M. Champagne précise néanmoins que son discours sera applaudi de concert par les membres de la communauté shawiniganaise, les travailleurs du Centre fiscal de prime abord.

«C'est une nouvelle importante qui sera annoncée lundi pour le Centre fiscal et, effectivement, je serai accompagné d'un invité de marque. Mais je ne peux pas aller plus loin dans les circonstances actuelles», mentionne le candidat libéral. «Lundi, nous serons très clairs, notre annonce sera très précise et sera reçue très positivement par l'ensemble des familles et des gens qui travaillent au Centre fiscal. Notre annonce sera très claire sur l'avenir du Centre fiscal.»

Un enjeu... national

Avec des investissements évalués entre 50 à 60 millions $ pour rénover le bâtiment de la 12e Avenue, la pérennité du Centre fiscal pourrait prendre une portée nationale et non plus seulement régionale. Depuis le début de la campagne électorale, tous les partis en lice se sont engagés, nuance oblige, tantôt à maintenir le bâtiment ouvert, tantôt à maintenir les emplois à Shawinigan.

Le 14 septembre, le Nouveau Parti démocratique, par la voix de son candidat dans Saint-Maurice-Champlain, Jean-Yves Tremblay, laissait entendre qu'il mettrait fin aux rumeurs sporadiques de fermeture qui planent au-dessus de ce lieu de service fédéral. Une promesse qui n'avait pas impressionné François-Philippe Champagne.

«Ça fait un an et demi que j'ai des rencontres avec le syndicat et les employés. Au 35e anniversaire du Centre fiscal de Shawinigan (en mai 2014), personne du NPD n'était sur place. Ce n'est pas suffisant d'en parler en campagne électorale!», avait-il clamé en répondant au NPD. M. Champagne avait alors ajouté qu'il travaillerait, lui, à attirer de nouveaux services fédéraux à Shawinigan. «Non seulement il faut préserver ce que nous avons, mais il faut aussi regarder vers l'avenir», suggérait-il.

Le Parti conservateur, le candidat Jacques Grenier en tête, était demeuré plus vague, soulignant que les emplois devaient primer sur tout le reste. Du même souffle, M. Grenier avouait ne pas être au courant des millions $ nécessaires à la réfection du bâtiment. «Il ne semble pas si vieux que ça», avait-il conclu.

Du côté du Bloc québécois, la candidate Sacki Carignan Deschamps avait affirmé que le gouvernement du Québec pourrait rapatrier dans son giron les services offerts par le Centre fiscal, maintenant ainsi à Shawinigan les centaines d'emplois en jeu.

Hier, M. Champagne s'est montré catégorique: les paroles en l'air des autres partis ne trouveront pas écho au sein de l'équipe de Justin Trudeau. «Lundi, je vais annoncer quelque chose au nom du Parti libéral du Canada qui va être d'importance et significatif pour les employés», répète-t-il en donnant, justement, une couleur nationale à cet enjeu régional. La présence de Jean Chrétien renforcerait, certes, la portée de cette annonce.

Chrétien dans la course

Depuis le début de la course électorale fédérale, ce n'est pas la première fois que Jean Chrétien sort de son mutisme. Jeudi dernier, de passage à Vancouver, le «p'tit gars de Shawinigan» appuyait officiellement l'engagement de la Russie sur le front syrien. Devant un parterre de militants, il tendait la main au président russe Vladimir Poutine, affirmant que l'Occident devrait plutôt se réjouir que le pays de Dostoïevski combatte l'État islamique. Une position fortement critiquée par l'actuel ministre de la Défense nationale, Jason Kenney.

Le 26 septembre, M. Chrétien a pris part à un événement pour appuyer la candidate libérale dans la circonscription d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna.

Le 12 septembre, au 43e jour de campagne, alors qu'il assistait le chef Justin Trudeau dans les rues de la capitale nationale, M. Chrétien prenait de court la classe politique en publiant une longue missive dans laquelle il disait avoir «honte» de la gestion de la crise des migrants par le premier ministre sortant Stephen Harper.

Lundi prochain, donc, ce pourrait être aux militants de Shawinigan de recevoir l'ancien premier ministre. Il pourrait alors défendre bec et ongles ce «pilier économique fondamental de la région» qu'est le Centre fiscal, pour reprendre les termes de M. Champagne, que ce soit sur la 12e Avenue ou ailleurs dans la ville de l'Énergie.

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