Le port du niqab n'est «pas un enjeu en Mauricie», selon Yvon Boivin

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Yvon Boivin

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que certains candidats du NPD et du PLC commencent à exprimer leur malaise face à la position favorable de leur parti sur le port du niqab, le libéral Yvon Boivin, dans Trois-Rivières, préfère «ne pas embarquer dans ça» tandis que le néodémocrate Robert Aubin reste solidaire à son chef tout en disant comprendre les préoccupations de ses électeurs.

«Ce n'est pas un enjeu en Mauricie. C'est une basse stratégie des conservateurs pour détourner l'attention, cacher leur bilan économique et tenter de gagner une élection sur le dos d'un faux enjeu. Ça n'a pas de bon sens qu'on base une campagne électorale sur le niqab alors que l'économie est un enjeu majeur», a confié le candidat du PLC.

Celui-ci rappelle que le gouvernement conservateur avait dix ans pour légiférer en cette matière et que la veille de l'ajournement, le projet de loi déposé est mort au feuilleton. «Pour moi, c'est une game politique», affirme celui pour qui la question des réfugiés, illustrée par «un enfant syrien mort sur le bord d'une plage», est plus importante.

Pour sa part, le député sortant néodémocrate, Robert Aubin, se range toujours derrière la position de Thomas Mulcair en évoquant cette «société de droit». Mais, du même souffle, il dit comprendre la réaction «épidermique» des gens.

«Au fil du temps, ils ont toutefois compris la stratégie conservatrice qui tente de faire oublier, par cet écran de fumée, le triple échec de ce gouvernement au plan de l'économie, de l'environnement et de l'éthique», prétend le représentant du NPD.

Selon lui, la question du port du niqab va demeurer pleine et entière après la formation du prochain gouvernement. «Ça prend une analyse qui ne soit pas affective», croit-il.

De son côté, le candidat bloquiste, André Valois, demande à ses adversaires d'écouter la voix des élus de l'Assemblée nationale qui ont demandé aux partis fédéraux de s'engager formellement à interdire le vote à visage couvert.

«Cette question fait consensus au Québec. En effet, 91 % des Québécoises et Québécois trouvent inadmissible que des gens puissent voter sans devoir s'identifier adéquatement. L'identification à visage découvert lors de cet exercice démocratique fondamental n'est qu'une demande toute normale émanant d'une société où l'égalité homme-femme et la séparation de la religion et de l'État ne sont pas discutables», a-t-il fait savoir.

Selon lui, la motion unanime de l'Assemblée nationale démontre bien cette réalité et «tous les partis doivent s'engager formellement à interdire le vote à visage couvert».

D'ailleurs, le Bloc québécois s'engage à déposer un projet de loi prévoyant que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert, et interdisant le vote et l'assermentation à visage couvert.

«Harper aurait pu le faire, mais ne l'a pas fait, préférant laisser les tribunaux écrire les lois. Mulcair et Trudeau ont clairement exprimé que le vote à visage couvert ne leur posait pas problème. Qu'en est-il de mes opposants dans Trois-Rivières? Sont-ils réellement d'accord avec la position de leur chef? Au Bloc, il n'y a pas de flou, notre position est claire. Il n'est pas trop tard pour écouter les Québécois», poursuit M. Valois.

Inaugurant un deuxième local électoral, dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine, le candidat conservateur Dominic Therrien a reproché à ses opposants libéral et néodémocrate d'être muets sur ce sujet «qui touche beaucoup de gens à Trois-Rivières» et de se cacher. «C'est aberrant. C'est un manque de leadership et de courage politique. Je ne dirai jamais à mes filles qu'on doit leur cacher le visage parce qu'elles sont des femmes», a-t-il lancé devant ses militants.

Ce dernier reconnaît que l'engagement national fait par Denis Lebel dans son comté, selon lequel un gouvernement conservateur réélu va réintroduire et adopter la loi sur le serment de la citoyenneté dans les 100 premiers jours de sa législature, constituait l'un des tournants de la campagne.

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