Sacki Carignan Deschamps: l'intellectuelle qui s'assume

Sacki Carignan Deschamps a vécu une bonne partie... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Sacki Carignan Deschamps a vécu une bonne partie de son adolescence au parc Saint-Maurice de Shawinigan, où elle aime encore se retrouver.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Étudiante appliquée, lectrice boulimique, citoyenne engagée, Sacki Carignan Deschamps vivait parfaitement dans son univers de libre-penseuse lorsqu'elle fut terrifiée par une idée qui lui a traversé l'esprit en regardant sa fille qui avait moins d'un an, au début de l'année.

traversé l'esprit en regardant sa fille qui avait moins d'un an, au début de l'année.

«Je me suis dit que j'ai lu beaucoup dans ma vie, je me suis engagée, mais que je n'avais jamais voulu aller en avant des caméras, faire face à l'électorat. Entrer dans l'arène, quoi !», raconte-t-elle.

«Je me suis demandée si ma fille me regarderait, un jour, en disant : T'es une intellectuelle, une philosophe de salon. T'as de belles idées, mais tu n'as jamais eu le courage de tes idées. J'ai eu envie qu'elle ne puisse pas dire ça ! C'est donc elle qui m'a décidée à faire le saut.»

L'appel l'a foudroyée au point où une nouvelle grossesse ne pouvait contrecarrer ses plans. Sacki Carignan Deschamps veille sur tout et s'investit à fond, avec les moyens du bord, pour convaincre les électeurs de Saint-Maurice-Champlain de lui confier un mandat à la Chambre des communes le

19 octobre, sous les couleurs du Bloc québécois.

La femme de 37 ans adore le débat. Son propos est animé, ponctué de références historiques ou de concepts théoriques de sociologie. Elle explique les propositions les plus accrocheuses de son parti avec conviction, ne ménage pas le sarcasme à l'endroit de ses adversaires. 

Sacki Carignan Deschamps s'est invitée sur plusieurs plateaux au fil des années, notamment au Parlement jeunesse, à la Commission Bouchard-Taylor, devant le Conseil de presse ou la Commission de la représentation électorale. À chaque fois, ses interventions sont bien documentées, structurées, mais parfois aussi un peu émotives, comme lors du débat électoral organisé au Collège Shawinigan, en 2008.

Pas de détour, un franc-parler qui peut faire sursauter et qui a laissé des traces, pour le meilleur et pour le pire.

«Ce n'est pas un choix, c'est un état d'être», fait-elle remarquer. «Pour être pédagogue, au vrai sens du terme, il faut dire la vérité telle qu'elle est. Parfois, elle est crue, elle est dure à énoncer et à entendre, mais jamais je n'arrêterai d'être comme ça, même si j'ai payé cher souvent. Dans une époque de politiquement correct, on tente de faire passer des personnages comme le mien comme farfelus, comme hors course.»

Curieux, justement, que ce besoin de s'exprimer librement conduise la jeune femme à solliciter un mandat avec une formation politique structurée. Elle reconnaît qu'il s'agit d'un défi, notamment en raison du schisme qu'elle observe entre les mentalités urbaines et régionales que l'on retrouve dans tous les partis. 

«Ce n'est pas facile», reconnaît-elle. «Mais personne ne va me castrer. Personne. Même pas le parti, ni le chef.»

Une voyageuse

À 14 ans, Sacki Carignan Deschamps s'est expatriée aux États-Unis pour apprendre l'anglais. Elle possède un baccalauréat et un doctorat en sociologie de l'Université Laval ainsi qu'une maîtrise à la faculté de droit et gestion de l'Université de Paris. Elle a visité 18 pays et s'enorgueillit d'un retour éclair sur le pouce de Mexico à Montréal... en 48 heures !

«Ma vie est un concours de circonstances», réfléchit-elle. «J'avais une curiosité intellectuelle dévorante et ça m'a poussée. Mais je n'ai jamais eu de plan.»

Mme Carignan Deschamps travaille à la pépinière de Grandes-Piles, où elle agit comme déléguée syndicale depuis quatre ans. Elle enseigne aussi dans une commission scolaire crie, en plus d'être travailleuse sociale à la commission de la santé et des services sociaux de la Baie-James.

«Je trouve que les gens de Saint-Maurice-Champlain ont eu énormément de dignité dans les 25 dernières années, malgré le contexte socio-économique avec lequel on doit composer», partage-t-elle.

En février 2007, Mario Dumont avait annoncé la nomination de Robert Deschamps comme candidat adéquiste dans le comté de Saint-Maurice. Un choix qui avait attiré certains sarcasmes dans la région, jusqu'à ce qu'il soit élu un mois plus tard. Sa fille réserve-t-elle la même surprise

aux observateurs politiques le 19 octobre?

Trois priorités

› La diversification de l'industrie forestière

› Des redevances hydro-électriques. L'énergie est une compétence partagée et ce n'est pas vrai que le fédéral n'aurait rien à dire.

› Une régie autonome pour la gestion de la caisse de l'assurance-emploi, surtout dans une région où le taux de chômage est élevé.

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