Élections: «Ce sera une très longue campagne»

Ce ne sera pas un sprint, plutôt un marathon. Le coup d'envoi de ce qui... (La Presse Canadienne)

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce ne sera pas un sprint, plutôt un marathon. Le coup d'envoi de ce qui s'annonce comme l'une des plus longues campagnes électorales de l'histoire canadienne pourrait être sonné dimanche, voire lundi. Aux blocs de départ, tous les aspirants députés de la Mauricie se disent prêts. Même le candidat libéral dans Trois-Rivières, Yvon Boivin, qui récupère tout juste d'une septicémie, est disposé à en découdre avec ses adversaires.

À peine sorti de l'hôpital, M. Boivin a le verbe combatif, le timbre de voix solide, la volonté ferme de ne pas laisser la maladie triompher sur sa campagne. 

Déjà, les idées fusent au bout du fil, de la pyrrhotite à la relance économique, en passant par la reconnaissance de la cité de Laviolette comme lieu historique du Canada. Dans le clan Boivin, les pancartes sont commandées, la publicité pareillement, le quartier général est réservé, l'équipe de bénévoles s'active sur le terrain.

«Ça va beaucoup mieux. Je suis passé à travers des montagnes russes, mais là je suis sur le bord de sortir du train», lance d'emblée M. Boivin sur une note personnelle, avant de remettre aussitôt les gants. Le candidat estime qu'en provoquant si tôt les élections, les conservateurs «se foutent totalement des contribuables». 

«Ils ont beaucoup d'argent, ils sont au pouvoir, ils peuvent faire les annonces qu'ils veulent, ils jouent avec la démocratie comme ils ont joué avec les victimes de la pyrrhotite.» Un ton qui laisse présager que, du côté libéral, la campagne ne se déroulera pas à fleurets mouchetés, c'est-à-dire en ménageant les adversaires. 

Le nerf de la guerre

L'argent. Voilà, selon plusieurs candidats, la véritable raison qui pousserait les conservateurs à déclencher des élections onze semaines avant le jour du scrutin. «À mon avis, je ne trouve rien d'autre au moment où on se parle», mentionne l'actuel député de Trois-Rivières et candidat néodémocrate Robert Aubin. «Si on peut me faire la démonstration qu'avec une campagne de 80 jours on va faire augmenter le pourcentage du vote au Canada, là je dirais qu'il y a peut-être un avantage démocratique à tenir un tel exercice. Mais pour l'instant, ce que je vois, c'est une stratégie conservatrice où on veut utiliser le maximum d'argent pendant le maximum de temps possible.»

Mauricie - Centre-du-Québec

Les candidats sur la ligne de départ
PCPLCPLCNPDBQ
Trois-RivièresDominic TherrienYvon BoivinRobert AubinAndré Valois
St-Maurice-ChamplainJacques GrenierFrançois-Philippe ChampagneN/DSacki Carignan Deschamps
Berthier-MaskinongéN/DPierre DestrempesRuth Ellen BrosseauYves Perron
Bécancour-Nicolet-SaurelN/DClaude CarpentierNicolas TabahLouis Plamondon

En effet, plus la campagne électorale est longue, plus le plafond des dépenses pour chaque candidat est élevé. À titre d'exemple, si la limite de débours électoraux pour une campagne de 37 jours est de 96 756 $ pour un candidat X, et que la campagne s'échelonne sur

79 jours, ce candidat pourra dépenser 148 196 $. À la fin de l'année financière 2014, les conservateurs disposaient d'un coffre-fort fier de 19 millions $, soit davantage que les libéraux (8 millions $), les néodémocrates (4,4 millions $), les verts (1,2 million $) et les bloquistes (410 000 $) réunis. Une donnée qui, selon François-Philippe Champagne, représente «un avantage significatif» pour l'équipe de Stephen Harper.

Le candidat libéral dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain croit que «ce sera une très longue campagne. C'est clair que ça va donner un avantage aux conservateurs, parce que c'est eux qui ont la plus grosse caisse.»

«Mais on va être prêt. Si c'est les règles qu'on nous impose, on va être prêt», assure M. Champagne. Son organisation sera présente à Shawinigan, à Saint-Tite et, dans la semaine du 10 août, procédera à l'ouverture d'un point de rencontre à La Tuque. Candidat dans un vaste comté dont la superficie dépasse celle de la Belgique, M. Champagne estime qu'en Mauricie et au Centre-du-Québec, «on est certainement les mieux organisés».

«Le Parti conservateur possède plus d'argent que les autres partis, ils peuvent donc faire des dépenses d'installation et de publicité beaucoup plus grandes que les autres», renchérit Louis Plamondon, doyen de la Chambre des communes et candidat bloquiste dans la circonscription de Bécancour-Nicolet-Saurel.

À ses yeux, cependant, c'est moins l'argent que «l'élimination des groupes de pression» qui motiverait les conservateurs à démarrer en trombe la machine électorale. «Pendant le mois d'août, plusieurs organismes, par

exemple environnementaux, se préparaient à faire des publicités payées par leur association contre le gouvernement. Là, ils ne peuvent plus. C'est un bâillon déguisé», formule M. Plamondon. 

Reste que la cagnotte de 80 000 $ qu'il escomptait décaisser en moins de quarante jours pourrait être ventilée sur près de 80 jours. Somme toute, le député bloquiste, qui participera à sa septième élection générale, soutient que son local est prêt et que les postes clés de son équipe sont comblés. Reste à savoir, s'inquiète-t-il, si l'attention des électeurs saura franchir ces onze semaines de campagne sans se fatiguer.

Prise par surprise

Ruth Ellen Brosseau, elle, ne cache pas qu'elle aurait souhaité un peu plus de temps pour se préparer, même si depuis longtemps elle «travaille fort sur le terrain pour mobiliser ses bénévoles». Mme Brosseau compte louer un local électoral d'ici «quelques semaines». 

«Je pensais que l'élection serait plutôt déclenchée à la fin du mois d'août, mais on va être prêt. Au fur et à mesure, on se prépare», signale Mme Brosseau.

Notons que les membres du NPD dans Saint-Maurice-Champlain n'ont toujours pas arrêté leur choix sur le candidat qui tentera de les représenter à la Chambre des communes. 

Des rumeurs

Candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien ne donne pas foi à ce qu'il considère comme «des rumeurs». Pour l'heure, rappelle-t-il, personne n'a sonné le coup d'envoi de la campagne électorale. 

«Pour l'instant c'est de la spéculation. Je ne suis pas dans le secret des dieux», prévient M. Therrien. Somme toute, «on se prépare», indique-t-il. Selon lui, il y a plusieurs avantages a une campagne électorale plus longue. Cela permettrait, entre autres, de rencontrer plus d'électeurs afin de leur exposer dans les menus détails les positions de chacun des partis et, ainsi, apporter «les nuances nécessaires».

Enfin, le Parti conservateur doit dénicher des candidats dans les circonscriptions de Bécancour-Nicolet-Saurel et de Berthier-Maskinongé.

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