Trois-Rivières dans la mire des conservateurs

Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, et... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, et le ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, rencontrés lors d'une pause-café au centre-ville de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lors d'une discussion à bâtons rompus organisée sur le coin d'une table, dans un café du centre-ville, le ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales signale que d'importantes annonces économiques seront dévoilées, à Trois-Rivières, d'ici le 19 octobre prochain.

De quelle nature? Denis Lebel reste muet. Chose certaine, si son gouvernement campe sur ses positions en matière de pyrrhotite, force est de constater que la cité de Laviolette est dans la ligne de mire des conservateurs et que leur candidat, Dominic Therrien, pourrait bien s'asseoir sur un siège de ministre si... si Stephen Harper forme le gouvernement de la 42e législature.

Même si tous les candidats fédéraux de Trois-Rivières ont déposé le dossier de la pyrrhotite sur la table des priorités électorales 2015, même si le Parti libéral du Canada a jeté son dévolu sur M. Pyrrhotite en personne, soit Yvon Boivin, fondateur de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite, le Parti conservateur n'en démord pas: ce dossier n'est pas de juridiction fédérale. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus du candidat Therrien? M. Lebel est convaincu que non.

«Le contexte légal est là pour tous les partis. À Ottawa, il y a des fonctionnaires de carrière qui nous donnent des recommandations sur tous les dossiers. Je ne vois pas comment quelqu'un pourrait dire qu'il garantit de l'argent, cela en non-respect du contexte légal actuel», croit M. Lebel. «Le processus est en cours et le processus va continuer à avancer. C'est sûr que de promettre n'importe quoi...»

«Quand la population va choisir [un gouvernement] au mois d'octobre, à Trois-Rivières comme ailleurs, elle va choisir un premier ministre du Canada, elle va choisir un gouvernement et ses représentants, elle va choisir un député qui va porter les dossiers locaux à Ottawa. Le choix va se faire en fonction du leader qui va être capable de mener les dossiers», rappelle M. Lebel, se disant tout de même «pleinement conscient de l'impact [de la pyrrhotite] sur la population».

Pour les victimes, la porte d'une possible indemnisation fédérale est donc fermée, mais pas forcément barrée à double tour. «On ne sait pas où ça va finir par rapport aux discussions futures, je ne veux créer aucune ouverture ou aucun rêve.» Mais on ne sait pas...

De l'avis de M. Lebel, donc, la pyrrhotite n'est pas le seul enjeu trifluvien sur lequel les candidats devraient gloser lors de la campagne électorale. C'est pourquoi il appelle de ses voeux un changement de discours et souhaite que d'autres thèmes occupent l'espace public d'ici l'ouverture des boîtes de scrutin. Entre autres, insiste-t-il, les dossiers d'ordre économique.

«De dire que le seul dossier important à Trois-Rivières c'est celui-là, je ne sais pas comment l'avenir de Trois-Rivières va se bâtir», souligne-t-il. «Beaucoup d'autres dossiers méritent d'être regardés et discutés en campagne.»

À ce propos, sur le terrain de prédilection des conservateurs, celui de l'économie, il assure que d'autres investissements d'envergure, à l'instar de celui annoncé au port de Trois-Rivières, seront dévoilés sous peu par la voix de son gouvernement, des annonces touchant directement le portefeuille de la Mauricie.

«C'est clair que je vais revenir bientôt [à Trois-Rivières]. J'aurai plusieurs choses à annoncer à Trois-Rivières, mais on verra avec l'agenda. Développement économique Canada a réglé plusieurs dossiers, mais on vous tiendra au courant...», laisse planer le ministre. «Une annonce qui m'a fait extrêmement plaisir à Trois-Rivières, elle date de quelques années, c'est chez Premier Aviation. Après ça les dominos sont tombés. Souvent, Développement économique Canada est le premier domino à tomber, dans plusieurs dossiers. Par après, je suis resté en contact avec eux. C'est vraiment une belle organisation... On vous tiendra au courant.»

S'il se montre avare de commentaires, donc, sur la nature de ces annonces, Denis Lebel n'hésite pas à affirmer que Trois-Rivières est un comté phare pour son parti et qu'à titre de lieutenant du Québec du Parti conservateur, il faut s'attendre à le voir débarquer encore à plusieurs reprises sur les berges de la rivière Saint-Maurice. «Il y a 75 comtés au Québec, je vais peut-être en faire 12-15 comme lieutenant politique, et j'ai tenu à être à l'investiture de Dominic Therrien.»

«Trois-Rivières a un passé conservateur. Il y a ici un passé de bleu de l'Union nationale. Il y a une fierté locale ici qu'il faut rebrasser pour que les gens sentent l'importance des leviers décisionnels», estime M. Lebel. Selon lui, sans surprise, le candidat Dominic Therrien est, parmi les candidats actuellement en lice, le seul capable de réaliser ce «brassage» nécessaire à la relance économique de la région.

Un candidat ministrable, donc? «C'est la prérogative du premier ministre», rappelle M. Lebel. «Je peux difficilement répondre, mais mon sourire laissera présumer de ce que j'en pense», avoue-t-il du bout des lèvres, en affichant un large sourire.

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