Dominic Therrien: «Je serais lâche de me présenter ailleurs»

Dominic Therrien, candidat à l'investiture du Parti conservateur... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Dominic Therrien, candidat à l'investiture du Parti conservateur dans Trois-Rivières, renoue avec la rue des Forges.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même les sympathisants conservateurs qui reconnaissent que la candidature de Dominic Therrien est inespérée dans la circonscription de Trois-Rivières, ne comprennent pas pourquoi il tient tant à ce comté qui est loin de lui être acquis. De plus, se lancer en campagne électorale en faisant une jambette au maire Yves Lévesque - éternel candidat potentiel - c'est, disons... risqué.

À ces deux remarques, l'aspirant député répond qu'il aurait trouvé lâche de sa part de ne pas se présenter dans sa ville natale où il a fait ses études pré-universitaires et amorcé une carrière au baseball qui allait le mener jusque dans l'organisation des Braves d'Atlanta. «C'est une ville qui m'a beaucoup donné. On ne pourra pas m'accuser d'être stratège ou cynique», lance-t-il en riant franchement.

Quant à la possible candidature conservatrice du maire, un élément qu'il connaissait parfaitement, il assure que personne au parti ne lui a demandé de faire une fleur à Yves Lévesque. «Je n'allais pas faire connaître ma candidature en octobre, plaide l'avocat. Un moment donné, il faut lancer les dés.»

Il n'est pas exagéré de dire que l'annonce, mercredi dernier, de la candidature de Dominic Therrien à l'investiture conservatrice marque sans conteste le début de la campagne fédérale à Trois-Rivières. Elle a du moins créé un buzz médiatique non seulement parce qu'il arrive là où on attendait le maire mais aussi parce que l'homme est assez connu, particulièrement du milieu sportif, mais aussi des affaires.

C'est lui qui, en 2014, a lancé l'idée de financer la construction d'un stade de baseball des ligues majeures de 500 millions $ à Montréal sans utiliser de fonds publics et sans investissement de la part des propriétaires d'une future équipe. Un autre buzz médiatique qui est d'ailleurs à l'origine de son entrée en politique active, lui qui jusque-là se contentait de graviter dans les cocktails conservateurs. Que ce soit clair, toutefois, on n'est pas vraiment venu le chercher, affirme-t-il, il s'est avancé de lui-même sous les projecteurs, désireux de profiter de ce qu'il appelle «l'espace médiatique», qu'avait créé la publication de son idée. «La politique, c'est quelque chose qui m'a toujours intéressé», insiste l'ex-professeur de sciences politiques. Après avoir lancé son idée, il est reparti à Vancouver, où ce père de famille de trois petits enfants, travaille dans le secteur de l'immigration de gens d'affaires de Chine, associé chez Miller Thompson.

Jeudi, il effectuait en vitesse une tournée des médias de la Mauricie, avant de repartir direction Dorval en après-midi, pour sauter dans le prochain avion à destination de la côte ouest. On n'a pas vu souvent des candidats du genre dans la région. Quoique le libéral François-Philippe Champagne, dans Saint-Maurice, présente aussi un parcours atypique.

Mais bon, une fois qu'on a mis de côté le refrain «j'aime ma ville», on ne peut que reposer la question. Comment un bleu peut-il espérer être élu dans une région forestière dévitalisée, capitale mondiale de la pyrrhotite, ignorée par Ottawa depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs? Dominic Therrien ne se laisse pas démonter et répond que s'il sait parfaitement que les Québécois ne sont pas fous des armes, ni des sables bitumineux, «mais ils sont d'accord avec la position conservatrice sur la question du port du niqab,» rappelle-t-il. C'est un début. Sur le dossier de la pyrrhotite, il reste très prudent et préfère attendre avant de se prononcer sur «cette tragédie». Il rencontrera toutefois le porte-parole des sinistrés, Yvon Boivin, promet-il.

De fil en aiguille, on devine qu'il a déjà «une équipe», des réseaux aussi, sportif et d'affaires. Il est au courant de la situation économique et sociale de Trois-Rivières. De Vancouver, il lit Le Nouvelliste et suit la situation politique québécoise. «Je ne sais pas si je vais gagner et je sais que c'est un gros défi, mais pour moi, cela n'aurait pas fait de sens qu'on m'envoie dans Portneuf, par exemple, où je ne connais personne. Je suis aussi parfaitement conscient que M. Aubin a gagné avec une marge assez importante la dernière fois. Mais, pour moi, dans ma démarche, c'est ça qui fait du sens. La façon dont je veux faire de la politique, c'est comme ça. Je ne vous mentirai pas, je les ai vus les chiffres. Mais je pense que la région a besoin de moi. Je vais faire ce que j'ai à faire. Je veux ramener Trois-Rivières à la table des décideurs.»

Rendez-vous au 16 avril donc, date limite des mises en candidature.

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