Utilisation de la Roténone: le Mouvement Vert rencontre Parcs Canada

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Mathieu-du-Parc) Le Mouvement Vert de la Mauricie rencontrera les autorités du parc national de la Mauricie, jeudi, à 15 h, afin d'essayer d'empêcher l'utilisation de la toxine Roténone au lac La Pipe dans le but d'éliminer des espèces de poissons jugées indésirables.

Selon le Mouvement Vert, cette action n'a pas été soumise à l'acceptabilité sociale puisque les élus municipaux et les usagers du parc national n'ont pas été consultés.

Toujours selon l'organisme, l'étude d'impact «est incomplète. L'inventaire complet des 26 espèces de poissons qui seront éradiquées au lac La Pipe et / ou qui auraient été éradiquées des cinq autres lacs prévus au projet global initié en 2015 n'a pas été effectué ou n'est actuellement pas disponible pour consultation publique.»

L'usage de la Roténone ne date pas d'hier, sur le territoire du PNLM. Sur le site d'appel d'offres Buyandsell.gc.ca du gouvernement canadien, on peut lire que «le parc national de la Mauricie (PNLM) a entrepris depuis 2006 des travaux de restauration de populations indigènes d'omble de fontaine dans le but de maintenir et de favoriser le développement de lignées génétiques locales. Les différents projets réalisés et en cours impliquent la capture de spécimens d'omble, leur garde et leur reproduction en captivité, l'élimination des espèces de poissons démontrées introduites, par l'utilisation d'un produit piscicide à base de Roténone et la réintroduction éventuelle de poissons issus de la population souche désignée».

Toujours selon ce document, le PNLM souhaite ainsi protéger une population résiduelle d'omble de fontaine dont «l'identité génétique est considérée unique. Un plan de repeuplement adapté à la situation locale a été élaboré afin de la conserver.»

Le professeur Pierre Magnan, spécialiste des écosystèmes aquatiques à l'UQTR, avait été consulté lors de la première phase de ce projet. Il défend la décision du parc de procéder à l'usage de la Roténone. «Le problème a été généré par les humains et il doit être géré par les humains», estime-t-il.

C'est que des espèces ont été transportées dans les lacs du parc dans les années 1950 par l'usage des poissons appâts, même s'ils étaient interdits, raconte le professeur Magnan.

Le chercheur indique que c'est la mission même de Parcs Canada de protéger les écosystèmes pour les générations futures et de ramener les lacs dans leur état d'origine.

La Roténone, explique le scientifique, est employée depuis 50 ans. Le produit s'attaque exclusivement aux espèces qui ont une respiration brachiale, donc les poissons et certaines larves d'insectes. «Sa demi-vie est à peine de quelques jours» et n'affecte pas la flore aquatique ni les mammifères, assure-t-il.

Le professeur Magnan estime que la réhabilitation de la truite «est un fleuron pour les parcs nationaux du Canada. Ils font leur devoir», assure-t-il.

Le Mouvement Vert de la Mauricie croit plutôt que «les différentes autorités réglementaires fédérales et provinciales ont erré dans leurs interprétations des différentes lois et règlements en vigueur.»

L'organisme estime que la notion d'espèce indésirable telle qu'avancée par Parcs Canada «est à redéfinir». À ce chapitre, le MVM donne l'exemple de la perchaude qui fait partie des espèces qui seront éradiquées dans le lac La Pipe par la toxine Roténone alors qu'ironiquement, cette espèce est sous la protection d'un moratoire, depuis 5 ans, dans le lac Saint-Pierre.

«Le parc national de la Mauricie, de son côté, veut en faire l'éradication systématique par piscicide dans six lacs situés à la tête des eaux du bassin versant de la rivière Saint-Maurice se déversant dans le fleuve Saint-Laurent», déplore l'organisme de défense de l'environnement.

«On veut faire de la monoculture d'omble de fontaine», résume le président du Mouvement Vert, Patrick Rasmussen alors que cette espèce n'est nullement menacée, plaide-t-il et que l'efficacité de la Roténone pour tuer les espèces aquatiques n'est pas infaillible.

L'organisme prône plutôt une gestion naturelle des pêches au PNLM comme «la pêche intensive par filet, la pêche ciblée et la remise à l'eau d'espèces indigènes» afin de protéger la biodiversité et l'impact indirect de cette toxine sur l'écosystème et la chaîne alimentaire.




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